vendredi 21 novembre 2014

Pour un grand soir de la déréglementation



Avec Macron, on évoque la déréglementation de certaines professions, comme celle des pharmaciens, des taxis, ou bien de confier des rôles dévolus aux médecins à des professions para-médicales, ou encore de favoriser le développement des lignes d'autobus pour concurrencer la SNCF.

L'idée directrice est de mettre un terme à des protections réglementaires  pour obliger ces professions par le biais d'une nouvelle concurrence à baisser leur prix. Il faut favoriser le consommateur par un gain en pouvoir d'achat.

C'est même l'un des principes porteurs du libéralisme, qui a connu son apogée dans sa lutte contre les systèmes d'ancien régime, comme en France : en finir avec les monopoles. Ces monopoles qui pénalisaient la masse des gens, entravaient le progrès et la prospérité et au final faisaient croire à ceux qui en bénéficiaient de « gagner plus d'un marché appauvri de tous», en reprenant Bastia.

Dans cette question de l'abolition du monopole il est une règle universelle.

En tant que consommateur, on est toujours favorable à cette abolition. Mais en tant que producteur, on est réticent quand cela concerne sa propre profession. Surtout si l'on a des engagements financiers ( le plus souvent des crédits) qui obligent à conserver un certain revenu. Et voilà pourquoi il est difficile d'en finir avec les monopoles, les rentes, les licences etc...On peut même comprendre la situation de certains,  endettés, qui connaîtraient la faillite, si le monopole prenait fin ( et avec eux des banques).

Et il est d'autant plus difficile pour certains d'être les seules à souffrir de la fin d'un monopole, alors que d'autres conservent le leur. Car ceux qui perdent leur monopole se voient obliger, le plus souvent, de mobiliser de nouvelles ressources, de faire des choix difficiles, de perdre en revenu, en affrontant la concurrence pour le plus grand bienfait des consommateurs, qui en conséquence s'enrichissent, mais dont certains disposent encore de réglementations protectrices et avantageuses : ils proposent toujours leur service à des prix élevés, y compris à ceux qui ont du consentir à libéraliser leur profession.

Ainsi si l'on veut rendre service à ceux qui ont mis fin à leur monopole, si l'on veut compenser les pertes liées à la disparition de la réglementation avantageuse, la meilleur chose que l'on puisse faire est d'abolir les autres monopoles, pour mettre tout le monde sur un même pied d'égalité.

Les employés de certains secteurs mises en concurrences ( comme dans la téléphonie ) et qui ont perdu nombres « d'avantages» pourraient gagner en pouvoir d'achat par la mise en concurrence d'autres secteurs dont ils consomment les services.

Raisons pour laquelle, la déréglementation des professions ne peut pas se cantonner à des secteurs restreints, limités à certaines activités précises. D'ailleurs celles-ci sont jetées en pâture aux médias pour dénoncer les privilèges scandaleux dont ils bénéficient, histoire de jouer sur la corde des antagonismes de classes et de détourner l'attention d'autres rentes de situations, telles celles des Hommes de l’État. Après tout, ceux visés par cette déréglementation, pourraient réclamer la fin des avantages des autres, et on sait ô combien il y a d'avantages, de licences, de subventions et de rentes de situations dans notre pays, qui ressemble de plus en plus à ce qu'il était avant la révolution française.

Ainsi, la déréglementation, si elle veut être « juste» ne peut se faire que de façon large, concernant le plus grand nombres de secteurs d'activités possibles, embrassant d'important pan de l'économie du pays.  Elle  doit s'inscrire dans un projet de société globale, une révolution sociétale, un véritable grand soir de la déréglementation, sous tendu par des valeurs de justice et d'équité. Je ne me réfère pas à celles sociales (ou socialistes ), que l'on nous a ressassé durant des années et mises à toutes les sauces, et qui ont au contraire rétabli les privilèges, mais à celles libérales, se fondant sur le droit naturel et la propriété privée.

Malheureusement, même si au travers de cette libéralisation massive, la société dans son ensemble et à terme prospérerait, il y aurait toute de même des perdants dans un premier temps, de façon temporaire certes, et d'autres qui y gagneraient grandement, parfois trop, suscitant la jalousie. Des situations seraient bouleversées. Les compensations par la mise en concurrence ne seraient pas parfaites, et  les sacrifices auraient des résultats amers. Ce qui semblait acquis, ne le serait plus. Il y aurait une redistribution au sein de la société. Pourquoi pas le remplacement des vieilles élites par une nouvelle. Pendant un temps la confusion pourrait régner et l'avenir serait incertain.  La période serait difficile (ne l'est-elle pas déjà).


Mais comme le disait brillamment Harding, lors de son discours d'investiture à la présidence des USA en pleine crise au lendemain de la première guerre mondiale :

« Le passage du désordre à l'ordre ne se fait pas instantanément. Nous devons regarder en face cette situation difficile, accepter nos pertes et repartir de l'avant. C'est la plus vieille leçon de la civilisation»



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