jeudi 14 août 2014

Le retour de la Déflation





La déflation fait de nouveau peur, elle revient inlassablement, tel un spectre qui hanterait nos Hommes d'Etat dans les couloirs de nos administrations sacrées.

Manuel Valls, notre nouvel homme à poigne, craint son retour, son risque à la rentrée comme le précise un article du journal le Monde. Alors il faut agir pour la combattre.

 Mais le problème, avec cette satané déflation, c'est que l'on ne sait pas trop de quoi on parle, en vérité. La déflation, avec son jumeau l'inflation, selon les écoles de pensée, n'ont pas la même définition


Déjà, par le passé, je me réfère à l'entre deux guerres, Ludwig Von Mises dans l'Action Humaine, constatait la confusion sémantique sur les termes inflations et déflations.

"La révolution sémantique qui est l'une des caractéristiques majeures de notre époque a aussi changé la connotation traditionnelle des termes inflation et déflation. Ce que beaucoup de gens appellent ainsi aujourd'hui n'est plus le grand accroissement ou la grande contraction de la quantité de monnaie, mais les conséquences qui en découlent inexorablement : la tendance générale à une hausse ou à une baisse des prix des biens et des taux de salaires."

Et cette distinction est essentielle, car elle ne recouvre plus les mêmes réalités, qui sont certes connexes, mais dont les conséquences sont profondes sur l'analyse économique et in fine les décisions politiques.

Aujourd'hui quand on parle d'inflation, ou de déflation, on se réfère à des prix, d’articles, de bien de consommation ou de production, de matières premières, ou de services dont on va surveiller l'évolution sur le temps, et avec lesquels on va produire  un indice, en pourcentage, comme l'indice des prix à la consommation calculé par l'INSEE.

Et on peut déjà constater tous les biais liés à cet indice, qui en un seul chiffre, un petit pourcentage, à l'ambition de refléter une réalité complexe, qui échappe en partie à l'entendement humain. Et selon ce que l'on mesure (et ce que l'on mesure pas) et la pondération qu'il prend sur l'indice, c'est-à-dire la place qu'il occupe dans le calcul de ce pourcentage, on peut obtenir des résultats biens différents. Et a travers ce petit indice, et ses cousins internationaux, les hommes d'Etats, et les banquiers centraux prennent des décisions aux conséquences fondamentales sur nos petites vies.

Mais au delà du biais méthodologique de cet indice, il y a aussi une attitude politique, une façon d’interpréter les conséquences de l'inflation et d'en déduire une posture politique.

Grosso Modo l'inflation quand elle est trop élevée ; c'est mal, et on se rappelle la terrible inflation de Weimar, en 23, qui a jeté le peuple Allemand, dix ans plus tard, dans les bras d'Hitler et du Nazisme ( ce qui est à notre époque d'anti-fascisme festif la preuve irréfutable et rédhibitoire de la malfaisance de la chose) . Depuis, cette inflation, excessive, cette ultra-inflation, est à proscrire ! Par contre un peu d'inflation, en toute modération, comme le vin, ce n'est pas mal, au contraire, c'est bien, cela stimule l'économie.

Et c'est sur postulat un peu étrange, que repose le dogme économique moderne. On l'entend un peu par tout, même dans le bouche de patrons, comme celui de Carrefour.

Sous prétexte d'une augmention des prix, l'investisseur seraient rassurés dans son investissement, confiant que celui-ci lui rapportera plus. En effet à quoi bon acheter un bien aujourd'hui, pour le revendre plus tard, si l'on n'est pas certain de son augmentation. Et ainsi avec l'inflation,  l'assurance d'une augmention des prix, la confiance se rétablirait et les investissement reprendraient.

Suite dans la deuxième partie

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