mercredi 20 août 2014

Le retour de la Déflation (deuxième partie)

Suite de la première partie

Mais ce qui est déterminant, en réalité, n'est pas l'augmentation des prix dans son ensemble, mais la différence entre le prix de vente et de production. C'est la seule chose qui compte pour s'assurer du succès entrepreneurial.

Les prix ne sont pas un tout homogène en réalité, à l'évolution identique et constante. Ils connaissent des évolutions au contraire hétérogènes, certains augmentant d'autres diminuant. Phénomène qui n'est pas rendu compte par l'indice unique des prix. Et ce sont les écarts entres les prix, en particulier entre les biens de productions et de consommations qui vont pousser les investisseurs à orienter leurs fonds.

A l'inverse, suivant le même raisonnement, on nous explique, qu'en cas de déflation, la consommation chuterait, ce qui provoquerait une spirale déflationniste. Les consommateurs seraient dans l'expectative de prix plus bas, et repousseraient leurs achats. Il est vrai qu'en cas de baisse des prix, qui serait massive, les consommateurs retarderaient leurs achats. Mais il est faux d'affirmer que ce serait indéfini. En fait, inévitablement, la consommation reprendrait, car tout individu se doit un jour de consommer. Et la consommation, n'est pas non plus un tout homogène et constant, elle varie en fonction de chacun.

 Et la consommation, nécessite au préalable la production, qui elle-même nécessite l'investissement.

Inéluctablement, consommation et investissement reprendront. L'inflation n'est pas nécessaire pour assurer la croissance de nos économies. Celles-ci, avant la première guerre mondiale, ont connu une expansion sans précédent, alors que l'inflation était de zéro. Les investissements existaient bel et bien dans ce contexte monétaire très stable.

Pour les économistes autrichiens, comme l'expliquait bien von Mises dans la première partie de cet exposé, l'inflation n'est pas l'augmentation des prix, mais l'augmentation de la masse monétaire. Et c'est une distinction de taille. En effet, toute choses étant égale par ailleurs, avec une augmentation de la masse monétaire, les prix doivent augmenter. Mais si par exemple, dans le même temps, la productivité s'améliore, ou  un processus de délocalisation dans la production survient, ou bien si l'épargne s’accroît et la consommation chute, les prix peuvent ne pas augmenter, voire même au contraire baisser.

Alors qu'il y a eu inflation.

Et celle-ci passe inaperçue aux yeux des politiques et des banquiers centraux qui sont supposés orienter leur choix en fonction de l'indice des prix (de l'inflation selon leur définition).

Ainsi nos éminents décideurs fondent leur action sur un indice statistique, celui des prix, partial par nature, reflétant partiellement la réalité, et dont on en tire des conclusions erronés sur des postulats théoriques faux.

Ils sont comme des capitaines de navire, les yeux bandés, dont les informations qu'ils reçoivent pour éviter les obstacles, sont partielles et dans une langue étrangère.

Suite dans la troisième partie

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