mercredi 9 avril 2014

Mais que peut faire François Hollande ?





Voilà, un nouveau gouvernement nous est servi, fringant, prêt à partir à l'aventure, pour sauver notre pays du naufrage. Et promis, cette fois-ci il sera opérationnel, sur les starting block, dédié totalement à l'action et aux services du plus grand nombre, prêt à saisir à bras le corps, tel un lutteur, les immenses défis qui s'imposent aujourd'hui à notre nation.

Évidemment les journaux et les commentateurs politiques ne sont pas dupes de la communication gouvernementale; et ils discernent sans peine les manœuvres politiques qu'il a fallu déployer pour arriver à la constitution de ce gouvernement, les concessions qu'il a fallu fournir pour réunir tout ce beau monde,  et ils devinent son instabilité endogène, ses contradictions internes, son caractère paradoxal, ses rivalités naissantes et ses luttes de personnes, qui très probablement enrayeront son fonctionnement et briseront ses ambitions.

La communication gouvernementale d'un côté, les commentaires des journalistes et politologues de l'autre côté. Spectacle classique, rabâché, remâché, auquel nous sommes tous habitués et qu'aujourd'hui peu croit encore.

Car la réalité, celle des faits, celle des lois physiques et économiques, cet univers absolu auquel nul ne peut échapper, est tout simplement ignorée. Elle n'est évoquée ni dans la bouche des politiques, ni dans celles des journalistes ( ou très rarement ).

Le problème de François Hollande  ne se retrouve pas dans son impossibilité à rassembler sa majorité, ni à faire taire les dissensions pour avoir un gouvernement efficace et opérationnel, le problème ne se situe pas autour d'un manque de volonté, ni de savoir si oui ou non Valls est un un as de la communication. Non le problème se trouve dans l'impossibilité d'appliquer une politique socialiste, de la mettre en marche, de l'affranchir de la réalité. Le socialisme ; ça ne fonctionne pas ; point barre. Et François Hollande le découvre jour après jour.

Et pourtant il n'avait pas d'excuse, ce n'est pas comme si le socialisme n'avait jamais été testé sous nos latitudes ; l'expérience socialiste n'est pas une première en France. N'oublions pas que notre président a hérité d'un pays qui fut gangrené par plus de trente ans de socialisme, aussi bien de droite que de gauche. Il lui ait alors désormais difficile d'ajouter une nouvelle couche de socialisme aux couches précédentes ; preuve en est la gabegie des deux dernières années.

Certes pour les non-libéraux, une telle affirmation peut paraître surprenante, à contre-courant de la pensée dominante, puisque l'on  nous a répété sans cesse que nous avons été piétiné par l'idéologie ultra-libérale dont le point d'orgue apocalyptique fut la crise de 2008 avec pour son plus grand champion ; Sarkozy.

Il est vrai que nous avons connu des périodes de privatisations, dans des secteurs comme les télécommunications, ce qui fut bénéfique pour les citoyens, mais aussi pour les Etats qui ont pu se ménager un répit et éviter un effondrement total. Cependant ces réformes ne valent pas mieux qu'une NEP à l'époque bolchevique, où le système lâche un peu de lest pour se sauver de lui-même. Car la réalité est que les Etats, tous les états et pas uniquement la France, n'ont pas cessé d'augmenter en taille, aussi bien par leur dépense que par leur déficit ; en témoigne le nombre de fonctionnaires croissant.

Et aujourd’hui ils ont atteint une limite quasi-physiologique, qui les empêch d'aller plus loin en matière de socialisme ( car tout cela c'est bel et bien du socialisme ). S'ils franchissent cette limite, le corps qui les nourrit ; la société civile, ne peut que dépérir, emportant immanquablement dans sa chute l’État. Les traitements antalgiques et palliatifs, comme la dette, ne sont mêmes plus en mesure de masquer les conséquences néfastes de ces politiques cannibales. 

La France en particulier a atteint cette limite du socialisme. En réalité elle l'a déjà franchi depuis Sarkozy, et Hollande  s'est encore plus enfoncé dans le territoire désolé du collectivisme moderne, avec pour mesure phare la plus forte augmentation d'impôt, 32 milliards! depuis la seconde guerre mondiale. Les conséquences sont impardonnables :  plus de  chômage,  plus de précarités et in fine le délitement de la société dans son ensemble. La moindre mesure un tantinet socialiste dans ce pays se fait immédiatement sentir, se propageant dans toutes ses fondations avec un effet ravageur et impossible à dissimuler.

Et voilà notre rondouillard président piégé dans un nœud gordien que nulle épée ne semble en mesure de trancher.

S'il fait plus de socialisme ( ce qui l'a fait ces deux dernières années) il provoque des catastrophes sociales, que certains vont oser, avec audace, mettre sur le compte d'un socialisme trop mou, ou déguisé en social-libéralisme, tout en rendant fou-furieux toute la nation qui s'enfonce dans la précarité (dont les socialistes qui l'auront soutenu). Et s'il fait moins de socialisme, ou fait volte face (ce qui est peu probable) il mécontentera sa base qui voulait un programme authentiquement socialiste et déchaînera une sérié de mouvements dits sociaux.

 Au passage ceux qui veulent plus de socialisme, le veulent sans en subir les coûts ; ce qui est proprement impossible vu l'étroitesse des marges de manœuvre actuelle (on a pu le faire par le passé en s'endettant vertigineusement).

Devant ce constat je ne peux que plaindre François Hollande qui est piégé par la triste réalité de nos social-démocraties où comme le disait Bastia « tout le monde s’efforce de vivre aux dépends de tout le monde» et où l'on s'imagine que tous les repas sont gratuits.

En réalité le problème ne vient pas de notre président, mais de l'idéologie, ou plutôt de cette mélasse d'idéologies collectivistes, allant du délire de la décroissance au protectionnisme Montebourien et Lepéniste, en passant  par des variantes européanisées et molles. C'est une mélasse qui s'est incrustée durablement dans notre population et qui rend impossible toutes analyses valables de la situation. Une idéologie qui fait croire à une majorité des citoyens de nos pays que le collectivisme est un système efficient en cohabitation avec le marché et qu'il est impératif de réformer notre pays pour sauver notre protection sociale, alors que celle-ci est justement ce qui le gangrène en profondeur irrémédiablement. C'est un peu comme vouloir sauver le cancer qui tue le malade.

Le vrai coupable le voilà, tout désigné, l'idéologie de notre époque, qui condamne François Hollande à l'échec et à la paralysie. Une idéologie à laquelle il doit croire aussi, en toute honnêteté.

Et il faudra encore de nombreuses crises, d'innombrables soubresauts d’agonie, pour qu'enfin, les mentalités changent et l'on se décide de se débarrasser une fois pour toute de cette idéologie néfaste. Alors seulement ce jour là, un président et quelle que soit sa majorité sera en mesure de remettre ce pays sur les rails de la prospérité.






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