lundi 3 juin 2013

Le caractére immoral de l'abaissement du plafond du quotient familial












Un nouveau mini-drame vient de se clore dans notre chère patrie. Dans sa quête de sauvetage perpétuel de notre système social le gouvernement a décidé de ne point toucher aux allocations familiales mais plutôt de baisser le plafond du quotient familial. En somme d'augmenter les impôts d'une partie de la population.

Les raisons sont diverses et multiples ; on invoque la simplification de mise en œuvre  ne nécessitant «pas d'une administration supplémentaire qui aurait coûté plusieurs centaines de postes» ou alors de façon presque ironique le caractère supposé indolore, car «aucun contribuable n'est en mesure de savoir combien lui rapporte le quotient familial, contrairement à la clarté des versements provenant de la CAF.»

Mais au delà de ces distinctions, il y a en a une autre qui à la lumière de la philosophie libérale mérite d'être mentionnée. 

La distinction entre bénéficier d'un allégement d'impôt et de recevoir une subvention n'est pas que d'ordre technique, mais aussi d'ordre morale.

Dans le premier cas, on échappe à la spoliation légale qu'exerce l’État, on bénéficie d'un peu plus de liberté, ce qui est parfaitement légitime. Même si par ce biais on paye moins d'impôt que d'autres, et que cela pourrait induire à développer ce concept erroné de rupture d'égalité sous l'impôt, la liberté recouvrait par ce moyen, n'est en rien injuste. C'est l'exact opposé ; c'est juste. Toute liberté qu'un individu peut obtenir, alors que d'autre ne l'ont pas, n'est pas amoral. Murray Rothbard villipendait ceux qui favorisaient ou encourageaient l'égalité de l'impôt (comme la flat tax) ; ce serait comme favoriser l’égalité de servitude ou d'oppression. Qu'un esclave puisse bénéficier, dans un monde tyrannique, d'un peu plus de liberté qu'un autre, n'est pas répréhensible en soi.Tant mieux pour lui. Qu'un foyer dit aisé, puisse diminuer sa charge fiscale par le nombre de ses enfants, ne peut être répréhensible ; il ne fait que conserver ce qui de Droit lui appartient.

Au contraire bénéficier d'allocations est plus que tendancieux. C'est obtenir l'argent des autres. Même si c'est par le biais de l'assurance maladie, qui se prétend être une assurance pour laquelle on cotise et qui  nous donne droit à des allocations en conséquences, ses fondations sont corrompues et reposent sur la coercition. C'est une simagrée de mutuelle privée.

Ceux qui reçoivent ces allocations sont coupables de vivre d'argent volé. L'accusation est violente, mais elle n'en est pas moins vrai. Les bénéficiaires peuvent se défendre de payer de nombreuses taxes et cotisations, aussi bien directes qu'indirectes, et que dans cette atmosphère de matraquage fiscale, ils tentent de récupérer ce qu'ils peuvent. On peut comprendre l'argumentation ; il y a circonstance atténuante. Mais en rien cela n'ôte le caractère immoral du procédé.

Et tout ce que cela peut engendrer et encourager.

En allant jusqu'au bout du raisonnement, et contrairement  à ce que l'on pense intuitivement comme juste, baisser les allocations familiales eut été plus juste (il n'est pas certain par contre que les cotisations ou les impôts baisseraient en conséquence).

Cette distinction peut paraître au premiers abords excessives, mais elle est de taille. Elle nous rappelle le caractère immoral de l'action d'État, mais aussi la différence entre spolié et ne pas spolié. Il n'existe pas de dépense fiscale, ni d'économie réalisée quand l'État abaisse le plafond du quotient familial. Considérer cela pour vrai, c'est prétendre que tout ce que chaque être humain possède appartient à priori à l'État, et qu'il n'est propriétaire de rien. Mettre fin à une niche fiscale, n'économise en rien pour le budget de l'État, ce n'est qu'un artifice sémantique pour justifier le vol par l'augmentation des impôts.

Dénoncer cela n'est pas appeler à l'abolition immédiate de l'État, (ce qui serait catastrophique à court terme), mais considérer les choses pour ce qu'elles sont, et non pas pour ce qu'elles prétendent être.

C'est mieux connaître la nature du Léviathan qui nous gouverne.






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