lundi 9 décembre 2013

Et quelle est la valeur des monnaies d'Etat ?

Le Bitcoin fait de plus en plus parler de lui, et à un tel point qu'il extirpe de leur sommeil de léviathans ces institutions que sont les banques centrales, à l'instar de la banque de France qui met en garde le citoyen sans défense que nous sommes que « la valeur du Bitcoin n'est adossé à aucune activité réelle» ou de la Fed par la bouche de Greenspan, un de ses anciens président, qui doit déployer « un grand effort d'imagination pour se demander qu'elle est la valeur du Bitcoin»

Que Ron Paul déclare ne pas comprendre cette monnaie et ne pas en vouloir pour lui-même ; c'est en  phase avec ses convictions qui sont celles du libre choix monétaire.


Mais que ces commentaires soient ceux d'institutions monopolistiques que sont les banques centrales et qui n'ont eu de cesse  de dépouiller de leur valeur les monnaies qu'elles ont eu en charge est assez comique.

D'ailleurs les commentaires de la banque de France sont assez surprenant en la matière quand celle-ci avertit  que le Bitcoin « n'est garantie par aucun organisme centralisé. Les investisseurs ne peuvent acquérir leur fond en devise que si  d'autres utilisateurs désirent acquérir des Bitcoins».

Mais n'est-ce pas ce qui définit la monnaie ? Un bien que les gens veulent, certes non plus pour sa valeur d'usage, mais pour sa valeur d'échange. C'est justement parce que des gens veulent  acquérir des Bitcoins que ceux-ci prennent de la valeur. Cet exercice du libre choix est ce qui précisément donne de la valeur au bien, et s'en offusquer est assez surprenant.

D'ailleurs les monnaies dites d’État ne sont-elles pas aussi sujettes à ce même principe, du moins sur le plan international ? N’acquièrent-elles pas de la valeur parce que précisément d'autres utilisateurs en désirent ? Raison pour laquelle il y a une parité , cotée sur les marchés, entre les monnaies qui fluctuent avec le temps et qui reflètent le désir des investisseurs d'acquérir telles ou telles monnaies. Parité que les banques centrales tentent d'ailleurs de manipuler en poursuivant leurs fameux objectifs de taux d’intérêt. Cette manipulation qu'elles pratiquent au travers de rachats massifs d'actifs, tel les bonds du trésor, ont pour but justement de modifier le désir, ou les envies des uns et des autres à acquérir telle monnaie. Dans ces conditions ce n'est pas la monnaie qui est manipulée, mais les gens, et cela au premier sens du terme.

Ces pratiques des banques centrales et leur remarques à l'encontre de la monnaie Bitcoin est révélateur d'un état d'esprit : leur refus de se soumettre aux lois du marché, qui ne sont ni impersonnelles ni impitoyables, mais rien d'autres que l'application stricte des principes de liberté appliqués à chaque individu. Les banques centrales s'opposent aux jugements des individus. En effet elles obligent, concrètement, l'usage d'une monnaie sur un territoire donné, et cela de façon exclusif par un monopole monétaire. Si elles interdisent, par la force, l'usage d'une autre monnaie sur leur territoire, c'est qu'elles craignent une concurrence, sans quoi il ne serait pas nécessaire d'imposer par la violence ce monopole. Leurs dirigeants savent pertinemment, ou du moins ont des soupçons forts, que les gens abandonneraient leur monnaie, pour une autre, au vu de leur politique calamiteuse menée depuis un siècle.

Elles prétendent que le Bitcoin n'est adossé sur aucune valeur ? Mais qu'en est-il de leur monnaie ? Sur quoi sont-elles adossées ? A l'époque de Bretton-Wood, c'était au moins l'or, un bien tangible et palpable (sonnant et trébuchant). Mais aujourd'hui, sur rien ?

Si l'on reprend les avertissements de la banque de France ; un monnaie aurait de la valeur si elle est garantie par un organisme centralisé et si les investisseurs peuvent acquérir leur fond en devise car d'autres utilisateurs sont obligés de les accepter ou de leur en fournir ( ou bien que les banques centrales se portent à leur secours en leur fournissant les liquidités nécessaires aux détriments des autres). En gros qu'ils n'ont pas le choix de leur monnaie, ou que leur éventail de choix soit très limité. Ce qui nécessite l'usage de la force dans un cadre réglementaire. Et qui permet de pratiquer l'inflation, qui est platement un transfert de richesses massifs.

Ainsi c'est sur la force, ou la violence, que s'adosse les monnaies d’État. C'est cela leur valeur et qui reflète l'activité réelle des banques centrales. Cette force a pour objectif d'aller à l'encontre du jugement des gens, de s'affranchir de la sanction qu' expriment ces «utilisateurs» par leur refus de ces monnaies étatiques, et de pratiquer l'inflation à haute dose.

Le Bitcoin n'est peut-être pas la panacée monétaire, mais au moins il peut être choisi librement. Il a pu se développer dans un territoire échappant au contrôle des banques, à l'image de l'industrie anglaise qui a pris son essor dans des zones sous-administrées où ne s'appliquaient pas les règles contraignantes protégeant les vieilles corporations (la France était trop administrée pour connaître le même phénomène).

Mais sa valeur repose sur la liberté.

Alors que celle des monnaies des banques centrales repose sur la coercition. Ne faut-il pas, dans ces conditions, un grand effort d'imagination pour se demander qu'elle est la valeur des monnaies d’État ?

Qu'en pensez-vous cher Greenspan ? 




jeudi 21 novembre 2013

Ce que coûterait la révolte des bonnets rouges



800 millions d'Euro ! c'est la somme d’après un article du  monde, que coûterait aux contribuables la révolte des bonnets rouges, et cela par les dégâts qu'ils ont occasionnés aux biens dits publics (bornes écotaxes et radars), par le fameux « manque à gagner» dont vont souffrir le caisses de l' État, et par les aides que ce même État a du débloquer pour aider une Bretagne en délitement économique. 

Un point est vrai dans cet article : les aides de l'État vont coûter aux contribuables, non seulement par ce qu'elles vont ôter,  mais aussi par leur inefficacité et leur conséquence néfaste, ce qui est le propre de toutes les subventions. 

Mais il est bien curieux de faire culpabiliser ceux qui refusent de payer un impôt en prétextant une facture plus lourde pour le contribuable.

Tout d'abord c'est revenir sur ce fameux mythe, celui du prétendu intérêt collectif, qui n'a aucune réalité, et qui fait croire que le bien être de l'État est concomitant de celui de l'ensemble des citoyens. S'attaquer au bien public ; ce serait attaquer le bien de tout le monde, ce serait violer la propriété de chacun, voudrait-on nous faire croire. Mais il n'existe pas de bien dit public ; par définition rien sur cette terre ne peut appartenir à tout le monde, puisque le fait qu'une chose puisse appartenir à quelqu'un, c'est que par définition elle n’appartient pas à autrui. C'est un truisme. Mais voilà, ce que l'État perd, vous le perdez aussi nous dit-on ! Alors donnez tout ce que vous avez à l'État, et vous serez le grand gagnant.

Un autre argument invoqué, et qui est plus réaliste, est le fait que ceux qui détruisent le bien public feront payer l'addition à d'autres ( et même à eux ). C'est bien vrai ! Mais le fait même que l'on exécute le paiement de cet impôt, celui de l’Ecotaxe dans ce cas précis, serait aussi dommageable, non pas uniquement pour ceux concernés directement, mais aussi inévitablement pour tous. Alors qu'est-ce cela change ? De toute façon toute le monde passera à la caisse dans cette affaire. Le seul raisonnement valable en matière de coût est le suivant : Coûte-t-il plus cher aux « publics» de faire les frais de cet impôt ou de faire face à ceux des destructions occasionnées par cette jacquerie ? C'est le seul choix rationnel.

En réalité, ce qui embête les hommes de l'État, et que ceux qui vont faire les frais de ces contestations ; c'est eux.  Et tous ceux qui vivent des prébendes qu'ils distribuent (dont même des bonnets rouges figurez-vous !). L'État souffrira de ce manque à gagner, et lui uniquement, c'est pour cela qu'il se crispe et tente de culpabiliser tout le monde.

Quand il essaye de faire croire que détruire ces bornes Écotaxes reviendrait à alourdir les charges qui pèsent  sur les autres ; c'est aussi ridicule que de menacer des esclaves qui brisent leur chaîne d'en mettre de plus lourdes et de plus serrées à ceux qui ne se révoltent pas, et cela en guise de punition dans une tentative maladroite de culpabiliser les frondeurs. Est-ce cela ce fameux intérêt collectif de nos bien-pensants ? Faire chanter les révoltés en menaçant les autres ? Le problème ne vient pas de ceux qui refusent de prendre leur part de coups, mais de celui qui les inflige.

Mais quand l' État se sent menacé, il n'est pas à un sophisme prés. Il usera de tous les moyens dialectiques pour pérenniser ce mythe du consentement à l'impôt, de son utilité sociale et économique, et des dégâts que l'on s'infligerait si on le contestait.

Le propos que je tiens est certes radical, et je ne crois pas qu'un jour de mon vivant, je verrais une société sans impôt naître des décombres de celle-ci. D'ailleurs, de façon paradoxale, je ne pense même pas qu'il serait souhaitable que l'on abolisse les impôts, aujourd'hui, d'un seul coup ; cela aurait des conséquences dramatiques et imprévisibles (mais qu'on les baisse drastiquement, ce serait bénéfique ) .

Mais quand l'Etat s'attaque à la liberté d'expression, par exemple, ou quand il vous surveille par sa multitude de caméras, on s'en indigne souvent, et à juste titre, même si c'est pour des raison dites «d'Etats» et de sécurités intérieures. Parfois on accepte (mais difficilement) la nécessité de ces dispositions tout en restant  méfiant dans cet empiétement des libertés qui fait craindre le pire. On sait dans ce cas précis l'Etat être une bête redoutable qui se pare de bonnes intentions.

 Mais quand il s'agit des impôts, il n'ait jamais question d'empiétement des libertés, ni de violations de droit fondamentaux, que nenni ! ce n'est qu'une question technique, wertfrei, en dehors du champ de la morale et de l'éthique, laissée aux bons soins d'experts qui sauront aux mieux en fixer le taux, comme celui de la température qu'une machine devrait avoir, pour en extraire le plus de ressources avec le moins de cri, comme dirait notre bon vieux Colbert.

Et nous en faisons les frais, au quotidien.





dimanche 3 novembre 2013

Un nouveau pacte fiscal ?



Copé ,dans une tentative désespérée de récupérer à son compte ce vent de fronde fiscale que l'on sent monter dans notre nation hexagonale, a déclaré lors d'un interview donnée au Figaro qu' «une fissure gigantesque dans le consentement de l'impôt en France s'est créée».

Le consentement à l'impôt.  Voilà le concept le plus étrange de notre époque.  L'analyse un tant soit peu poussé de ce concept nous révèle sa contradiction interne qui le rend intenable au regard de la logique pure et simple : par définition l'impôt n'est pas consenti. Il se fait contre la volonté de celui qui le subit.

Selon la philosophie libérale il n'est rien moins qu'un vol, revêtant les oripeaux de la légalité ou dans ce cas précis du consentement. Cette notion de consentement, tente de faire croire, par un subterfuge dialectique, matiné de « pacte social et républicain» que l'impôt aurait été consenti aux même titres qu'un contrat d'assurance, par le biais du mythique «contrat social», si chère à nos Rousseauistes. Ainsi dans la mythologie Républicaine, aux origines de notre nation, (probablement aux alentours de la Révolution Française ?) les Français rassemblés dans l'agora nationale auraient consenti, et cela de façon éclairée, à payer un impôt pour subvenir aux besoins suprêmes de notre État : une contribution dite volontaire.  Ce qui rend cet impôt non pas comparable aux extorsions de l'époque féodale, mais parfaitement légitime, car choisi librement et donc applicable à tous.

D'ailleurs chaque élection, aujourd'hui, est devenue le rituel sacré pour consacré une énième fois ce pacte républicain à contribuer aux finances du pays.

Évidement cette logorrhée, digne d'une étudiant de sciences pô, ne s'encombre pas de toutes ses contradictions dans le réel. Mais surtout, et c'est cela le pire, c'est qui il n'y a jamais eu le moindre pacte fiscal fondateur de notre république. Personne n'a signé quoi que ce soit, et ne s'est engagé à quoi que ce soit. Et si même ce fut le cas, pourquoi cela concernerait-il les descendants des signataires ?

Le seul document que l'on peut considérer comme fondateur de notre république, est celui de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 et qui dans son article XIV évoque « la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.»

On y évoque cette notion de consentement libre, mais qu'elle est-elle ? S'agit-il de faire payer des services dans les mêmes conditions que ceux obtenus par un contrat de droit privé ? S'agit-il d'une contribution que l'on verse comme une donation faite à une organisation de charité ?

Et est-ce que cette contribution publique et librement consentie est compatible avec les droits naturels que sont la liberté, la propriété, la sureté et la résistance à l'oppression stipulés par l'article II de la déclaration des Droits de l'Homme ?

De toute façon, peu importe, la déclaration des Droits de l'Homme n'est pas un contrat signé, un pacte entre deux parties qui définiraient des obligations à remplir, mais une reconnaissance manifeste de Droits attachés à chaque être humain, inaliénables en d'autres termes, et qui ne peuvent être révoqués sous aucun prétexte. Ce serait contre nature.

Formulé autrement : Les Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, et cela malgré de nombreux vices de formes, et ils sont malheureusement nombreux, ne font que décrire une réalité tangible qui ne peut être ignorée : à savoir que l'homme est libre.

Et que l'impôt reste un vol.

Et si son soit-disant consentement a été brisé, c'est qu'aujourd'hui on risque moins à se révolter qu'à le payer docilement. Auparavant son coût était largement inférieur à celui que l'on devait subir en cas de refus.


C'est ainsi qu'il faut bien comprendre l'obscénité du discours de Copé quand il veut refonder le pacte fiscal avec les Français, en diminuant les impôts et les dépenses publiques. Il veut en sorte refonder l'asservissement que subissent tous les français, renégocier ces termes pour assurer la docilité des esclaves et maintenir les maîtres au pouvoir. Un Marxiste (ou un Melenchoniste aujourd'hui), dans sa terminologie, dirait que le capitaliste réduirait ses profits pour en laisser un peu plus à ses ouvriers qui alors ne seraient plus poussés à la révolte. C'est cela renégocier le pacte fiscal, selon Coppé. D'autant plus que lui-même, par son passé, a œuvré directement à l’alourdissement de cet impôt qui suscite aujourd'hui tant de colère.

Cette nouvelle sympathie qu'éprouve Copé à l’égard du peuple de France me rappelle le discours hué (un mur à Berlin, 1h24) de Gunther Shabowsky, un cacique du parti de l'ex- RDA, qui quelques jours avant la chute du mur tentait devant une foule nombreuse de récupérer à son compte le mécontentement populaire. Sans succès bien évidemment. C'était jouissif de voir cette foule rejetait d'un seul bloc cette tentative pathétique du pouvoir à renégocier ses termes, par un nouveau pacte peut-être ?, avec le «peuple» en considérant ses aspirations légitimes. Plus personne n'était dupe d'aucun nouveau pacte.

Espérons que les Français ne le soient pas eux aussi ; dupes.
















dimanche 6 octobre 2013

L'Etat-providence : une étape incontournable ?



Lors d'une émission sur BFM business ( que je n'ai pu retrouver) un économiste dressait une analyse de la situation économique actuelle, expliquant qu'une des raisons profondes du déséquilibre qui régnait dans le monde, toujours sur le plan économique, était que la chine, et les autres nations dites émergentes, étaient en phase de rattrapage.

La chine étant un pays jeune, sur le plan de son développement ; elle ne peut pas se permettre de financer des systèmes sociaux aussi imposant que ceux  de la vielle Europe et de l'Amérique du Nord, aux nations développées et matures. En conséquence la chine bénéficiait  d'un réservoir de mains d’œuvre aux salaires dérisoirement bas en comparaison des nôtres, expliquant cette désindustrialisation sauvage qui sévit sous nos latitudes. Par ce biais elle pourrait engranger une croissance, rapide et soutenable, qui lui permettra, à terme d'avoir les moyens de se doter de systèmes sociaux, identiques aux nôtres, mettant ainsi un terme à cette concurrence déloyale, source de toutes ces perturbations financières que nous subissons depuis des années.
Alors patience !

Cette théorie explicative est largement partagée par la communauté des économistes, mais au-delà de son exactitude ou de son inexactitude, ce qui m'intéresse sont les postulats sur laquelle elle se fonde, c'est-à-dire les axiomes qui autorisent ce cheminement de pensée aboutissant à de telles conclusions.

Le principe de cette théorie revient à dire que n'importe quel État connaît une évolution tracée d'avance, à l'image d'un corps organique dont on aurait étudié les différents stades de développements immuables dans leurs natures et leurs déroulements.

Et dans ce cas précis, un État au bout d'un certaine période se dote de systèmes sociaux qui le feront muter en un État-providence moderne. C'est une évolution inéluctable, à laquelle tous les États doivent se soumettre, et cela sans exception. Nul ne peut se soustraire à cette loi naturelle. Ce qui peut varier, sont les différent chemins empruntés pour atteindre cette phase de l'évolution étatique. Les anciens États l'on fait dans la souffrance, à tâtons, s'hasardant parfois dans des expérimentations catastrophiques, comme le communisme ou le nazisme, pour finalement au lendemain de la seconde guerre mondiale achever leur mu en État-providences proprement formés et constitués. Pour les jeunes nations, la voie est toute tracée par leurs aînées Occidentaux, et il ne reste plus qu'a les rattraper, en se dopant certes, ce qui provoque ces fameux déséquilibres. 

Dans tous les cas l'État providence est une étape inéluctable. Il n'est pas question de le remettre en cause une seule fois. Il est aussi nécessaire que l'air que l'on respire. Son immanence est celle des lois de la gravité.

Notez que ce discours fait preuve d'un certain réalisme. Il reconnaît à l'État-providence un coût, la possibilité de le financer. Il ne suffit pas de le décréter pour qu'il soit là ; il fait pouvoir se le payer. Et la chine est encore trop pauvre pour s'offrir ce luxe. Ce constat, accepter que les État-providences coûtent, rend ce discours acceptable, moins niais, réaliste et sérieux. Ses tenants ne passent pas pour des doux utopistes s'affranchissant de toutes réalités économiques. Il faut trimer un temps pour avoir un État-providence en bonne et due forme. 

Mais ce discours consacre un autre point, qui est rarement soulevé. L'État providence coûte. Il est immanquablement un poids financier. Les services qu'il propose, le plus souvent la santé, la retraite et l'éducation, ne peuvent que consommer des ressources, et jamais en créer. Ils ne peuvent faire l'objet d'aucun profit ; ils ne sont que des dépenses se finançant uniquement par les gains réalisés par l'économie de marché.

Alors que produire des chaussures en engrangeant des gains par le libre marché est une évidence pour la majorité d'entre nous, et dieu sait ô combien les chaussures sont utiles à notre vie quotidienne, cela paraîtrait incongru d'en faire de même avec la santé, les retraites ou bien l'éducation. Ces domaines sont du ressort exclusif de l’État lui conférant le titre pompeux d’État-providence.

Si l'on reprend l'exemple de la Chine : cette nation se doit de rattraper  notre niveau d'endettement et d'improductivité pour devenir une nation pleinement accomplie !!

En sacralisant l’État-providence par le biais de ce discours pseudo-scientifique, il devient difficile, voire impossible, de trouver des solutions pour sortir du marasme économique dans lequel nous sommes empêtrés. Alors que la raison même de ce marasme est justement ces État-providence dont le financement devient problématique, voire impossible.

 L'État-providence n'est pas un passage obligé, une étape nécessaire à l'évolution des civilisations, c'est  aux mieux une erreur catastrophique aux bonnes intentions, au pire un vaste enfumage consacrant des privilèges. L'État-providence est une aberration économique qui ne se justifie par aucun discours, aussi scientifique soit-il. La seule chose qui est démontrable et scientifiquement valable à son sujet est sa nocivité patente et permanente. 

Toutefois aujourd'hui une brèche vient d’être ouverte dans ce dogme, le Roi du pays-bas a annoncé lors d'un discours la fin de cet État-providence. Ce n'est qu'un début. Mais si cela se confirmait dans les faits, je ne m'inquiéterais par pour ces économistes, qui nous expliquaient hier la nécessité absolue de l'État-providence pour notre survie. Par une dérobade intellectuelle dont ils sont passés maîtres, ils nous feront passer cela pour un nouveau stade de développement civilisationnel, une maturation inéluctable et quasi-prévisible de nos organisme sociétal et étatique. Une évolution naturelle à laquelle, comme toujours, nul ne pourra échapper.














jeudi 12 septembre 2013

Des bienfaits de la non-mondialisation



Thomas Picketty dans son dernier ouvrage «Le capital au XXIe siècle» se fait le défenseur d'un impôt progressif mondial, et cela dans le seul but de limiter ces accumulations scandaleuses de capitaux dans les mains d'une minorité, engendrant alors des inégalités scandaleuses à l'origine de nombres de nos malheurs. Bien évidement ce super- impôt se ferait par le biais d'une institution, ou mieux par celui d'un gouvernement mondial, qui du haut de ses hauteurs bureaucratiques régirait aux mieux nos petites vies, et mettrait ainsi un terme à nos dissensions trop souvent violentes. C'est le rêve constructiviste d'une puissance centralisatrice et hégémonique, cher à nos socialistes toutes tendances confondues (dont Thomas fait partie) et qui organiserait le monde comme on organise les différents éléments d'une machine.

 Une thématique bien française  qui a fait l'objet d'une critique virulente par Markus Kerber comme le montre cette vidéo sur la politique de François Hollande : 



Contrairement au courant dominant, cette volonté centralisatrice est dangereuse pour nos libertés fondamentales. Un État, par définition, est une agence qui a un monopole exclusif de la violence et de la justice sur un territoire donné. Et l'histoire nous a prouvé à maintes reprises que l'on a fait très mauvais usage de ce monopole. L'intérêt  que ce monopole soit circonscrit dans un territoire donné, limité par des frontières clairement établies, limite ces dangers à ce territoire donné, et uniquement à celui-ci. Ainsi il est possible pour les victimes de ce monopole de faire jouer la concurrence entre les États et d'aller trouver refuge dans un autre État ; c'est ce que l'on appelle voter avec ses pieds.

Rappelons-nous l'affaire Snowden, encore fraîche dans nos mémoires ; les péripéties de cet informaticien qui a révèlé les agissements de la NSA, et qui s'est réfugié en Russie. Ironie assez amusante au passage, que le jeune homme ait du fuir le pays des libertés par excellence pour trouver asile dans une dictature au passé teinté de massacres à grande échelle et d'endoctrinement de masse. N'oublions pas que Poutine est un ancien agent du KGB ; organisation passée maître dans l'art de l'espionnage, des violations des libertés fondamentales et de la désinformation à grande échelle ; tout ce qui fait horreur à notre jeune informaticien. Le Tzar héberge un fervent opposant à son ancien fond de commerce. A la manière d'un Staline qui acculé devant les armée Nazi devint du jour au lendemain le plus grand opposant au fascisme et au totalitarisme.

S'il y avait eu un gouvernement mondial, ou du moins une juridiction mondiale à la quelle nul ne peut se soustraire, Snowden eu été en prison, ou pire, de peur, il n'aurait même pas tenté son coup d'éclat. Grâce à cette diversité d’États, à leur refus d'être dans un grand tout, à s'opposer parfois frontalement, et même si  Poutine n'a pas agit pour se repentir des crimes de son pays, mais pour des raisons de pure politique, les pouvoirs de nuisances des États s'en trouvent contenus.

D'ailleurs en évoquant la Russie, on ne peut s'empêcher de penser à l'actualité brûlante sur la Syrie. De nouveau l'action de la Russie modère les prétentions hégémoniques des USA, et agit comme un contre-pouvoir. Il va de soi que je ne cautionne pas ce qui se passe en Syrie, ni n'approuve les actions des uns et des autres. D'ailleurs le régime de Bashar est la preuve vivante des effets néfastes d'un État, et les intentions des rebelles laissent peu de doute de l'usage qu'ils en feraient, s'ils en prenaient le contrôle.

Ce qui importe est de dénoncer cette tentation centralisatrice, qui nous fait miroiter ce rêve de pacifier les relations entre individus et d'éviter les guerres. Il est fort possible qu'un gouvernement mondial, de façon transitoire, mettrait un terme aux violences entre peuples et nations, mais ce serait leurs substituer celle inhérente à son fonctionnement, qu'il exercerait sur tout le monde de façon absolutiste et implacable.

Espérons qu'il y ait toujours une grande diversité d’États, et que par la sécession il y en ait une nouvelle multitude qui se joignent  à ce grand concert des nations, et cela en toute liberté et loin de toute domination hégémonique.







mercredi 28 août 2013

Ces vieux qui coûtent cher

 


Lors de ce énième débat sur nos retraites, qui rythme désormais le spectacle social-démocratique comme une série avec ses saisons, certain ont raisons comme Jean-Claude Mailly de s'indigner quand on considére l'allongement de la vie comme un problème.

En effet on ne peut que se réjouir que les gens vivent plus longtemps, et en meilleur santé, et n'étant pas certain de ce qui se cache dans l'au-delà, je préfère m'en tenir à mon existence terrestre le plus longtemps possible, même si elle est semée de vicissitudes et de déceptions à répétitions. 

Mais cet allongement de la vie est problématique pour notre système de retraite collectivisé et par répartition, et je précise bien pour ce système-là, et uniquement celui-ci. En effet la retraite se faisant plus longue, les actifs (termes élogieux pour désignés ceux qui doivent payer pour ceux qui ne travaillent plus) se voient contraints de supporter une charge toujours plus grandissante de retraités ; problème aggravé quand il y a en prime une inversion de la pyramide des âges (le problème se poserait aussi sans cette inversion).

Alors ce qui est un progrés indéniable devient soudainement une source d'inquiétude ; le vieux coûte cher (et en plus il est passif à la différence de l'actif).

Et ce fardeau nous appauvrit ; du coup les gens sont mécontents. Et il n'est pas rare que j'entende, ci et là, certains se demander s'il est nécessaire de vivre si longtemps, et surtout pour finir en ces tissus de souffrances ridés qui se débattent stérilement dans leur lit.

Évidemment toutes ces belles âmes n'iraient jamais jusqu'à les euthanasier ces pauvres vieux. Mais après tout, rien que d'en évoquer l'idée inspirerait des plus radicaux qui pour sauver notre belle société collectiviste se dévoueraient pour la bonne cause.

Mais le cœur du problème réside dans cette affirmation que le vieux à un coût, ou du moins que les retraites deviennent un fardeau. C'est s'imaginer que nous sommes face à une impasse, à un problème insoluble, à un effet secondaire de notre société actuelle et c'est surtout ne pas comprendnre pourquoi les gens vivent si longtemps, et encore moins pourquoi la retraite par répartition est condamnée à disparaître.

Si l'on vit plus longtemps, ce n'est pas le fruit du hasard, mais de l'accumulation du capital. Une accumulation de capitaux qui s'est faite génération après génération, étape par étape, progressivement, laborieusement, améliorant notre productivité, libérant du temps pour nos loisirs, nous assurant des plages de repos et augmentant notre espérance de vie. Dans une société où l'on produit en une journée de quoi se nourrir un jour, et uniquement un jour, il n'y a nul temps libre, mais seulement une vie marquée du sceau de la précarité et de la brièveté. Si l'on a permis à des gens de vivre leur dernier jour sans travailler, ou d'avoir simplement des loisirs, ou mieux encore des vacances, du temps libre en somme, c'est que l'on était en mesure de produire de quoi nourrir eux et nous à la fois et le même jour, en leur épargnant ce labeur. Il ne peut en être autrement.

Cette accumulation de capitaux a permis tous les progrès de la science dont nous bénéficions aujourd'hui. Et c'est toujours cette accumulation de capitaux qui a permis cette géniale invention qu'est la retraite par capitalisation.

Mais pour accumuler du capital, il faut être dans une société où l'on produit plus que ce que l'on consomme. Sans cela il n'y a aucun espoir d'améliorer nos conditions de vie. C'est sans appel.

Et il s’avère que nos sociétés sont gangrénées par des institutions qui détruisent plus de richesses  qu'elles n'en produisent, et qui inéluctablement, pour subsister, se financent sur la richesse des autres, comme des parasites. Cependant tant que leurs destructions n’excédaient pas ce que nous pouvions épargner en capitaux : le progrès était encore possible. Mais quand vint le jour où ces institutions détruisaient plus  que ce que nous produisions, alors en lieu et place de nous réformer, nous nous sommes endettés. Nous avons reporter les conséquences néfastes de ce processus de destruction sur les générations suivantes.

Et le jour viendra où les générations suivantes seront actuelles, et elles devront régler les comptes légués par leur parent. Ce qui sera impossible. Car ces institutions auront œuvré encore, et la destruction sera telle que le solde ne pourra être réglé par manque de moyens.

L'ironie est que parmi ces institutions, il y a celle en charge de nos retraites !

 Alors que la retraite par capitalisation permet non seulement de finir ses jours sans travailler mais aussi d’œuvrer à l'amélioration de nos conditions de vie en générale par les capitaux qu'elle rend disponible, la retraite par répartition, au contraire, rend impossible le financement des retraites, mais aussi par son coût engendre des dégâts dans tous les autres domaines de la société.

Mais si nous en sommes arrivés là, c'est que nous sommes les victimes d'une intoxication massive nous faisant croire que la retraite, mais aussi la santé ou l'éducation ne sont pas soumis aux mêmes lois que les industries dites classiques. Ils ne peuvent que consommer du capital et ne sont producteurs d'aucune richesse. Ce qui est paradoxal pour être supposés nous protéger du besoin.

 Alors que par le développement de ce couple capital/productivité nous avons rendu disponibles nourritures, habits, ordinateurs, logements et j'en passe en abondance, sans que cela soit aux détriments de qui que ce soit, mais en étant un plus pour la société, un bienfait, un gain et non un coût. Pour la retraite, en ne prenant qu'elle, ce ne serait pas envisageable, impossible, utopique. Cette même retraite qui, si l'on suit consciencieusement les règles économiques les plus simples, ne peut être rendu possible que par l'amélioration de notre productivité. 

Voilà le plus grand enfumage de notre époque.

Il n'y a aucune raison que la retraite, l'éducation ou la santé ne deviennent pas un gain pour la société, une contribution à l'amélioration de notre vie, comme le sont les autres biens et services, et cela par l'accumulation de capitaux.

Mais trop soucieux de conserver leurs privilèges, ou bien victimes de leurs propres croyances ( ce qui est pire), beaucoup refusent de revenir sur les fondations d'un système, comme la retraite par répartition, qui ne peut qu'inéluctablement  emporter la société dans les abimes de la faillite.

Alors on préfère voir la vieillesse, qui devrait nous réjouir, comme un fardeau, un malheur, un coût.

Et cela promet des lendemains qui vont chanter joyeusement.










lundi 29 juillet 2013

Est-ce que le libéral est un conservateur ?




 «A l'école française "des libéraux conservateurs"» titrait un article du  journal Le Monde, se faisant l'écho de séminaires donnés par des représentants des deux tendances politiques ; d'un côté celle dite libérale et axant surtout son discours sur l'économie et de l'autre côté celle dite conservatrice, chrétienne en majorité, qui a gagné récemment en force depuis les événements de la Manif pour tous.

Les rencontres entre les deux camps ne sont pas rares. Dans d'autres pays on parle souvent de parti liberal-conservateur, ou d'alliance entre libéraux et conservateurs, comme s'il y avait un proximité idéologique systématique, un fil ténu et invisible qui relierait les deux camps, permettant des  alliances occasionnelles . Chose qui est rare, exceptionnelle, et presque contre nature, entre libéraux et socialistes.

Toutefois certains libéraux craignent cette association, de peur d'un amalgame qui ternirait leur image et le message qu'ils essayent de diffuser. C'est qu'il ne faut pas oublier que le conservatisme n'a jamais eu la faveur des médias et des intellectuels, trop souvent orientés à gauche. L'hostilité à leur encontre n'est pas rare. Le conservatisme ; c'est le passéisme et le refus du progrès. Le terme en lui même n'est pas engageant. Qui veut passer pour quelqu'un qui s'arc-boute obstinément sur des principes archaïques ?

Mais si être conservateur, c'est considérer qu'il y ait des principes sur lesquels on ne peut pas revenir, comme les droits naturels, qui sont inaliénables et que l'on se doit de les «conserver» intacts coût-que-coût ; le libéral indéniablement est un conservateur.

Si être conservateur, c'est au contraire préserver des privilèges, des situations de rentes, de conserver le  statu-quo au détriment de ces mêmes droits naturels ; le libéral, en toute honnêteté, ne peut pas se revendiquer de ce courant politique.

A l'inverse, il adoptera un discours radical, exigeant l'abolition de ces injustices, qui le feront passer pour un agitateur d’extrême-gauche qu'un représentant de la droite dite conservatrice.

D'ailleurs dans ces distinctions sémantiques la gauche n'est pas en reste. Quand celle-ci parle de droits acquis, opposables, sur lesquels on ne peut pas revenir, n'adopte t-elle pas un discours conservateur ou libéral ?

Finalement, les droits naturels, ne sont-ils pas acquis et définitifs, surtout quand ils sont mis en applications ? N'est-ce pas un progrès que de les conquérir et de les conserver ?
Mais si ces droit acquis ne sont rien d'autres que des privilèges déguisés, cette gauche progressiste ne se contente-t-elle pas de défendre le statu-quo à l'image de certains conservateurs ? Elle n'en est rien moins qu'une élite qui défend ses rentes de situations aux dépends des autres.

Le libéral est aussi bien un conservateur obtus qu'un agitateur révolutionnaire, du moment qu'il a en vu la défense des droits de propriétés privés.

Mais alors pourquoi assiste-t-on le plus souvent à des rapprochements entre libéraux et conservateurs, souvent ceux d'obédiences catholiques pour ces derniers, que entre libéraux et socialistes ?

C'est qu'il y a une distinction entre socialiste et conservateur, un fossé idéologique qui rend très difficile cette alliance entre les libéraux et la gauche. C'est le rapport à la notion de Vérité.

«Il y a une fragilité constitutive du mensonge, une force intrinsèque à la vérité» déclarait Michel De Jaegher, vice-président de Renaissance Catholique, défenseur de la Manif pour tous et auteur de la Democratie peut-elle devenir Totalitaire ? Quelqu'un que l'on classerait comme conservateur à coup sûr.

Un libéral peut être en désaccord avec les revendications de la Manif pour tous, mais il ne peut être qu'en accord avec cette assertion de De Jaegher sur la force intrinsèque de la vérité. Car le libéral place la vérité comme valeur suprême. La seule question qui émerge dans son débat avec le conservateur est celle-ci ; quelle est-elle cette vérité  ?

D'ailleurs, c'est cet amour inconditionnel de la vérité qui a toujours poussé les libéraux à affiner leur théorie politique, à revoir certaines conceptions et à explorer de nouveaux champs d'applications. Et c'est cette sacralisation de la vérité qui permet le débat, de reconnaître les erreurs et d'évoluer.

Ainsi il est possible au conservateur et au libéral de se rencontrer et de dialoguer, de se mettre d'accord sur l'existence de principes qui sont vrais, donc inaltérables, de déterminer, ou plutôt de découvrir un ordre naturel assurant le bon fonctionnement des sociétés. Il suffit juste de déterminer sa nature ; ce qui n'est pas une mince affaire.

Le problème avec l'homme de gauche est qu'il est souvent, et aux mieux partiellement, empreint de l'idéologie relativiste, qui affirme avec la force d'une vérité qu'il n'y a pas de vérité. Cette contradiction interne, la vérité qu'il y en a pas, est déjà en soi troublante, mais surtout sert d'arme pour détruire les affirmations de son adversaire.

Quand le libéral ou le conservateur évoque une réalité, une loi naturelle, un principe vrai et irréfutable, et que cela détruit l'argumentaire de l'homme de gauche. Ce dernier n'hésitera pas à brandir ce joker relativiste, avec une conviction inébranlable et absolue, affirmant que ce n'est pas convenable ni sérieux d'évoquer ces arguments avec une telle certitude ; puisqu'il n'y pas de vérité. Et si l'on pointe cette contradiction dans son raisonnement, affirmer la vérité qu'il y en a pas, alors il vous accusera de jouer sur les mots et de faire de la rhétorique.

D'ailleurs il s'appuiera sur la philosophie dite moderne ,qui a donné lieu à des verbiages impressionnants, comme l'hermeneutisme moderne ou le deconstructivisme, tentant de justifier aux travers de réflexions alambiquées et confuses le relativisme comme dogme suprême de notre ère, sans pour autant passer pour un dogme absolutiste.....

Bref, il n'aura jamais tort, car en toutes circonstances il usera de cette tactique pour ne pas perdre la face. C'est un manque patent d'humilité et rend impossible toutes formes de discussions et de rapprochements.

On pourrait croire que c'est le libéral qui est arrogant en affirmant des vérités, mais c'est l'exact opposé. Reconnaître la vérité, la notion du vraie, c'est reconnaître à la réalité un ordre contre lequel on ne peut s'affranchir. C'est reconnaître sa propre faillibilité et l'impossibilité de faire plier le monde à ses propres caprices. C'est in fine  au fil d'un long raisonnement admettre l'existence d'une justice et de droits inaliénables à tous les individus. Le juste est vrai.

A l'inverse, le totalitarisme, et en particulier celui pernicieux des social-démocraties, s'est toujours accommodé du relativisme, car il lui laisse le champ libre de pouvoir agir sans contrainte, comme il veut, sans se soucier d'être en cohérence avec ses actes passés remettant en cause tout principe à l'aune du pragmatisme.

Le problème est que cette idéologie de l'anti-idéologie, comme le dirait Ayn Rand, a conquis aussi la droite, et particulièrement en France. Sous le masque du pragmatisme, la droite Française a évacué toute possibilité de défendre des principes inaltérables et tenus pour vrais, non seulement chassant les libéraux de ses terres, mais aussi nombres de conservateurs. C'est pourquoi aujourd'hui la droite ressemble tant à la gauche.

Et d'ailleurs c'est la raison pour laquelle beaucoup se plaignent, y compris les intellectuels relativistes, du manque de cap dans les programmes politiques, de leurs absences de vision qui transcenderait les clivages. En somme, de ne pas avoir une idéologie cohérente et vraie...avec l'interdiction absolue de s'affirmer comme une idéologie.

Et il n'est pas étonnant qu'aujourd'hui dans cette atmosphère schizophrène qui cultive les paradoxes et les incohérences, les derniers tenants de ceux qui considèrent la vérité comme valeur suprême préfèrent se rassembler entre eux, et cela malgré leurs divergences d'opinions sur de nombreux sujets. 

jeudi 25 juillet 2013

Les interdits du libéralisme



Un État pour se donner l'impression d'être utile à la société doit agir, et cela sans cesse ; il est impératif qu'il rappelle à tous son existence au risque qu'un beau jour, en cas d'absence prolongée, on réalise soudainement que le pain de la boulangère se fait sans lui.

Et ce qu'il sait faire de mieux quand il agit ; c'est d'interdire. Dans ce domaine il est redoutable et souvent efficace.

Notre chére Marisol Touraine, ne faisant pas exception à cette habitude, en bon sbire d’État, a décidé d’élargir l'interdiction de fumer à de nouveaux espaces publics, tels les parcs.

Et j'entends déjà de nombreux libéraux s'indigner de cet État-nounou qui empiète à nouveau sur les libertés individuelles qui leurs sont très chères. Dans ce cas précis le droit de fumer en disposant librement de son corps. Les réactions sont identiques quand l’État veut limiter la vitesse de circulation sur les routes et autoroutes de France.

Mais voilà, au risque de surprendre ; ils ont torts. Et les cries d'orfraies qu'ils sont susceptibles de pousser peuvent jouer en leur défaveur.

Je m'explique.

A force de protester contre ces interdits, les libéraux donnent cette impression, qui est fausse, que les gens, la société en somme, sans règles s'organiseraient d'eux-même, comme par magie. Si l'on roulait sans aucune restriction il n'y aurait pas plus d'accidents, leur nombre pourrait même diminuer. Et la fumée de tabac en rien n'agresse les non-fumeurs et vouloir interdire la consommation de cigarettes dans des endroits fréquentés n'est que l'expression de gens envieux qui veulent dominer autrui. En clair tout irait tellement mieux sans interdits ! Ce sont eux qui causent les problèmes.

Des arguments présentaient de la sorte ne peuvent être pris aux sérieux. C'est indéfendable et pire ; c'est contraire aux thèses du libéralisme.

N'oublions pas une chose ; la majorité des gens veulent vivre avec des règles.

Dans une société libérale la question n'est pas de savoir s'il y a des restrictions (comme la limitation de vitesse ou le droit de fumer dans un lieu dit public) mais qui doit imposer ces restrictions. Ludwig von Mises avait d'ailleurs évoqué ce problème dans son célèbre ouvrage l'Action Humaine, et il ne se privait pas de critiquer certains libéraux :


«La confusion et le manque de jugement manifestés dans le traitement des problèmes de l'interventionnisme sont en vérité stupéfiants. Il y a par exemple des gens qui raisonnent comme ceci : Il est clair que les réglementations de la circulation sur les routes publiques sont nécessaires – Personne n'a d'objection contre l'intervention du pouvoir dans la façon dont l'on conduit un véhicule – Les avocats du laissez-faire se contredisent en combattant l'intervention du gouvernement quant aux prix du marché, alors qu'ils ne réclament pas l'abolition des réglementations publiques en matière de circulation routière.
La fausseté de ce raisonnement est manifeste. La réglementation de la circulation sur une certaine route est l'une des tâches incombant à l'organisme qui fait fonctionner cette voie de communication. Si cet organisme est le gouvernement ou la municipalité, c'est à lui à vaquer à cette tâche. Il incombe à la Direction des Chemins de fer d'arrêter l'horaire des trains et c'est la tâche du gérant de l'hôtel de décider s'il y aura ou non de la musique dans la salle de restaurant. Si le gouvernement fait fonctionner le chemin de fer ou l'hôtel, c'est au gouvernement de faire les règlements nécessaires concernant ces détails. S'il y a un Opéra d'État, c'est le gouvernement qui décide quels opéras devront être créés et quels ne doivent pas l'être ; il serait illogique, toutefois, d'en déduire que c'est aussi la tâche du gouvernement d'en décider pour un théâtre non nationalisé.»

C'est au propriétaire qu'incombe la tâche d'établir des règles sur l'espace qu'il possède. Le problème est simple au sujet des propriétés privées légitimes. Mais qu'en est-il de la propriété dite publique ? Comme les parcs ? Qui doit décider des règles de conduites (au sens large) ? La volonté du peuple, un autocrate ou les contribuables ? Ludwig von Mises se défausse même quand il parle de l’État ? Quel est-il vraiment ? Ces agents ou le peuple qu'il gouverne ?

En fait il n'y a pas de solution claire du moment que le concept de propriété publique est en soit flou voire contradictoire.

La propriété publique ; chacun se sent légitime d'en disposer comme bon lui semble, puisqu'elle appartient à tout le monde. Mais dans les faits, par nature, cela est impossible, et pousse inexorablement les membres de la même communauté à rentrer en conflit pour son usage. Les associations anti-tabacs seront vécues comme agressives par les contribuables fumeurs, et les fumeurs perçus comme une nuisance pour les contribuables non-fumeurs ( par extension aussi : pourquoi devraient-ils financer la santé de ceux qui fument ?).

Dans une société de droit privée, ou anarcho-capitaliste, ce sont les propriétaires qui décident des limitations et des restrictions, à l'image de ce qui se fait dans les centres commerciaux.

Il y aurait alors une grande variété de règles, et beaucoup seraient loin d'être parfaites, qui conviendraient à une grande variété de personnes, et dans le même temps les restrictions les plus efficaces ou qui rencontreraient le plus d'adhésions seraient adoptées par la majorité des communautés.

On peut très bien imaginer des communautés où les routes n'auraient aucune limitation de vitesse et d'autres où ils seraient interdits de circuler en voiture. Toutefois on en déduirait que les primes d'assurance en cas d'accident ou de dommages corporels seraient très élevés dans la premier cas, et dans le second cas où aucun véhicule ne serait permis de circuler ; les primes d'assurance maladie ne manqueraient pas d'augmenter  pour cause de rapatriement impossible en ambulance lors d'urgences.

Et il est en de même pour le tabac. Des espaces pour fumeurs et non fumeurs.

Mais ce qui compte, et que seul le propriétaire légitime ( que ce soit un individu, un groupe d'actionnaires ou un arrangement semblable à une copropriété) détermine quelles sont les restrictions à suivre.


Les règles de conduites seront clairement établies et ne pourront être modifiées au moindre caprice comme cela se pratique dans les espaces publics, où par définition règne un flou quand à leur usage.
Ainsi le libéralisme se révèle par essence une théorie politique de la réglementation, mais dont les fondements reposent sur le droit de propriété privée légitime, à la différence de la propriété publique qui repose sur des principes arbitraires et mal définis et qui sont sources de conflits permanents. 

dimanche 14 juillet 2013

La révolution Egyptienne ; le crépuscule des social-démocraties















Le coup d’État en Égypte serait la preuve patente que l'idéal démocratique n'a pas su se transcrire concrètement dans le sillage du Printemps Arabe. La route serait encore longue avant que les démocraties s'imposent dans les 19 pays Arabes. 

Cette interprétation des faits est la thèse officielle qui est véhiculée par les médias mainstreams ; c'est celle qui est politiquement correcte. En fait nous n'avons pas assisté à un échec de l'application de cet idéal, mais à l'échec, tout court, de cet idéal : à l'impossibilité de sa réalisation dans le monde réel. 

La démocratie,et son corollaire la social-démocratie, n'est pas un système d'organisation viable de la société.
Au début du printemps Arabe, il y a deux ans à peine, les question économiques, les motivations matérielles, les vrais raisons qui ont poussé les gens à se révolter, n'ont jamais été analysées sérieusement ou très rarement. Au mieux on en a mentionné les conséquences, de façon presque anecdotique, évoquant brièvement l'inflation galopante, les pénuries chroniques, la corruption endémique ou les entraves illégitimes aux travail, sans jamais toutefois en expliquer la cause profonde.

C'est qu'il fallait faire coller cette actualité brûlante à l'idéologie dominante, qui est considérée comme notre seul horizon, celle de la social-démocratie : ces peuples se sont soulevés en masse parce que leur souveraineté était bafouée par d'infâmes dictatures et que cette carence démocratique, insupportable et anachronique , devait être comblée, sans quoi aucune amélioration de leur condition de vie n'était envisageable. 

  «Désormais personne ne peut douter que ce que veut le peuple Arabe, est un gouvernement constitutionnel élu» a déclaré Paul Salem du Beirut’s Carnegie Centre, un think-tank du moyen-orient.

Et on peut supposer que cette affirmation est proche de la vérité : beaucoup de ceux qui ont protesté, et avec courage, comme ces Égyptiens place Tahrir, ont eut des revendications démocratiques, espérant que leurs réalisations mettraient un terme aux maux endémiques qui rongeaient leur pays.

Mais parfois le diagnostic peut être faux. On croit soigner le mal avec le mauvais remède, et parfois même on l'aggrave.

Ce qui a provoqué véritablement les révolutions arabes, et en particulier celle Égyptienne, n'est pas un manque de démocratie, mais des politiques économiques clairement d'inspirations socialistes qui ont mené tous ces pays à la ruine. Ce à quoi nous assistons est l’équivalent d'une réédition de la chute du mur de Berlin ; d'une nouvelle faillite du socialisme. 

Ce que l'on sait peu, est que tous ces pays, l'Egypte en tête sous l'égide de Nasser, ont été dans les années 50 et 60 marqués par le socialisme arabe, idéologie qui s'est concrétisée, sans surprise, par des nationalisations nombreuses (banques et entreprises), des participations importantes et forcées de l’État dans le capital des entreprises, des reformes agraires, un contrôle des prix, des changes et de la circulation des capitaux, avec la promesse d'une santé et d'une éducation gratuite et de l'abolition de la pauvreté. A l'image de ce qui se pratiquait dans nos sociales-démocraties d'Europe de l'Ouest, où l’État a pris une part de plus en plus importante dans l’économie, la saveur orientale en moins. Par contre, ce qui en effet distinguait ces pays de ceux occidentaux, était une faible alternance au sommet du pouvoir, une justice partiale et une liberté d'expression quasi-inexistante.
C'est cela qui choquait nos belles âmes occidentales, non pas les nationalisations, ni le contrôle des prix et encore moins la redistribution, mais que ces politiques ne se fassent pas dans un cadre démocratique, dans le respect de la souveraineté populaire, comme en Europe de l'ouest. 

On nous a aussi fait croire que ces pays furent les victimes, dans les années 90, de cette tempête ultra et néo-libérale qui ont secoué nos paisibles nations. Il y eut certes des levées de restrictions, sur les prix et les mouvements des capitaux et quelques privatisations, mais on compte tout de même au début des années 2000 le double de gens qui travaillent pour l’État que dans les pays occidentaux - ainsi que le double de chômage - et des subventions massives pour l’accès à la nourriture et à l'essence. Le cœur, l'âme de la structure économique restait socialiste (comme sous nos latitudes). Ce qui se traduit concrètement par des monopoles qui ne profitent qu'à une élite aux détriments du plus grand nombre, dont on essaye de calmer les appétits révolutionnaires par des politiques de redistributions aussi coûteuses qu'inefficaces. 

Mais il suffit d'une tension dans le monde, une crise financière aux dimensions apocalyptiques  que l'on tente de juguler à tort avec une émission massive de crédits bon marché, provoquant une envolé des matières premières -les céréales entre autres dont l’Égypte est grande importatrice- pour que cet équilibre, instable par nature, se rompe brutalement et que les gens aillent dans la rue. A cela vous ajoutez la frustration légitime d'être exclu d'une élite, qui par des prérogatives qu'elle s'octroie de force, profite à elle seul du peu de croissance économique, et les ingrédient sont réunis pour une révolution. En 2008 Moubarak fut chassé, maintenant c'est au tour de Morsi deux ans plus tard pour des raisons quasi-identiques, le rigorisme islamique en plus.

Mais voilà dans le deuxième cas, l’Égypte était devenu un pays en processus de démocratisation ; ce qui eut du mettre un terme aux problèmes fondamentaux, apaiser les colères et légitimer le pouvoir. En notre époque de progrès sans discontinuité, la démocratie est la panacée à tous nos problèmes. Au final, Morsi a été renversé, comme dans un vulgaire coup d’État, par l'armée, qui ne fit que répondre, tout démocratiquement et non sans ironie, aux aspirations du peuple en colère. Pourquoi s'en plaindre ? le peuple a été entendu ( à part sa faction non négligeable qui supportait le président déchu).

Le problème est que la racine du mal, le socialisme, ne fut point arrachée lors de la première révolution. Au contraire si on se réfère à la nouvelle constitution établie par l'ex-nouveau pouvoir, celle-ci en était imprégné, et à double dose, sans émouvoir personne. Par contre, comme toujours, ce qui fit scandale fut l'application de la Sharia, vécue comme une atteinte aux principes démocratiques. 

Il n'était alors pas question de mettre un terme au pillage Étatique ; avec un tel programme les injustices et les privilèges persisteraient et la pauvreté ne cesserait pas. Le pouvoir, que l'on appelle socialisme, et les privilèges qui lui sont associés ne feraient que changer de main, par le processus démocratique ; il y aurait toujours ceux qui en bénéficieraient et ceux qui en paieraient le prix.

Et on ne peut éviter cela -l'oppression des uns sur les autres- en prétendant donner le pouvoir au peuple, comme le proclamait Melenchon. Ce concept est en soit une contradiction dans ses propres termes. Le peuple ne peut pas se soumettre à lui-même. L'exercice du pouvoir, implicitement, nécessite la présence d'un exploiteur (celui qui détient le pouvoir) et d'un exploité (celui qui subit le pouvoir).  Si l'on ne remet pas en cause l'existence même de ce pouvoir lors d'une révolution, on assiste le plus souvent à une simple inversion des rôles. L'exploité se révolte et prend la place de l'exploiteur qui devient à son tour exploité. Et rien ne change, les privilèges eux restent intacts.

Et cela ne modifie en rien la donne, si l'on exige une plus juste répartition des charges, une démocratisation des injustices en sorte. Ce serait aussi ridicule que de résoudre l’agression de A qui frappe deux fois B, en demandant A de ne frapper B qu'une fois, et à B désormais, par souci d'équité, de frapper une fois A. L'agression et son caractère ontologiquement néfaste persiste.

De plus dans cette valse des dirigeants à laquelle on assiste en Égypte, certains acteurs voient leurs positions inchangées,  quasi immuables, permanentes, au nez et à la barbe de tous, comme les spectateurs privilégiés de cet arène où s'affronte les différents partis pour le pouvoir. Et cette élite se contente de faire sauter des fusibles, les présidents dans ce cas précis, à l'image des empereurs romains qui étaient régulièrement destitués, pour faire diversion et apaiser le  peuple déchaîné.  A l'époque romaine c'était les légions qui tiraient les ficelles ; dans l’Égypte d'aujourd'hui c'est l'armée. Et celle-ci justement ne tient pas à céder un pouce de ses privilèges qu'elle s'est constituée. 

Elle ne se contente pas de jouer uniquement un rôle militaire, elle est pleinement impliquée dans l'économie, en vendant des produits de consommations (huiles d'olive, pâtes, poissons, poulets, sucre, casseroles, poêles et même des télés LCD !), en détenant des entreprises avec des monopoles et en ayant une position dominante dans le marché immobilier. Et cela dans une ambiance d'opacité généralisée, de corruption endémique, où l'on imagine bien le tact qu'il faut déployer pour traiter avec cette entité martiale susceptible et jalouse de ses prérogatives. Elle est au cœur de la politique socialiste du pays qui le ronge.

Et le pire est que cette armée jouit d'une grande popularité au sein de la population. 

Si vous voyez une ressemblance avec notre énarchie, dont les membres restent aux manettes de notre pays, en collusion directe avec les même familles héritières et fortunées de notre pays, quelle que soit la majorité. Ne soyez pas surpris, ce n'est pas une coïncidence.

Des gens qui manifestent pour prendre la place de ceux qui les oppressent, tout en renforçant les privilèges qui causent le mal de leur pays et en adulant ceux qui les exploitent. On ne peut être que saisi de vertige.


Et c'est dans ce contexte que l'on comprend aisément, le rôle que joue l'idéologie dans une révolution. L'idéologie, aujourd'hui, celle de la démocratie, en rien ne met un terme aux injustices qui ont motivé les Égyptiens à manifester si massivement. Au contraire, elle ne fait que les aggraver. La démocratie détourne l'attention des gens des vrais problèmes les leurrant dans l'illusion de l'alternance et d'une meilleur représentation de la volonté du peuple (un concept vain issu de la mystique de notre temps) , et elle encourage par le biais de la distribution, à vivre aux dépends des autres, en renforçant les politiques socialistes, immanquablement destructrices.


La révolution Américaine, et celle Française dans une moindre mesure, alors qu'elles avaient des motivations aussi économiques, étaient portées par une idéologie radicalement différente. Il était moins question d'une meilleur représentativité du peuple que d'une abolition des privilèges. Le «laissez-faire» exigez l'abrogation du pouvoir, ou au mieux son encadrement strict, quelle que soit la forme qu'il pouvait prendre. Et l'objectif ultime fut la recherche de la liberté en brisant les monopoles et les réglementations iniques et illégitimes, en abolissant  les impôts (ou en les réduisant considérablement), les privilèges et en instaurant un marché libre. 


Rien à voir avec ce que l'on voit en Egypte. Aucun parti  n'est adepte du laissez-faire, et la nouvelle constitution le prouve clairement : planification de l'économie, protectionnisme, nationalisation des ressources naturelles, droit à l'éducation, système de retraite par répartition obligatoire, partage des profits etc... Le bon vieux socialisme de grand-mère à la mode Sharia. Un remake du socialisme arabe, du socialisme slave, du socialisme sud-américain, du socialisme oriental et du socialisme occidental.

Et on se désespère du chaos qui sévit en Egypte. On peste, intérieurement, contre ce monde Arabe qui ne veux pas comprendre ce qu'il aurait a gagner en embrassant le rêve démocrate. On ne comprend pas pourquoi il ne suit pas cette route tracée par nos illustres ancestres. C'est que nous, nous pouvons nous payer cette frivolité, ce rêve pernicieux, cette démocratie en retardant l'échéance par de l'endettement massif. 

Alors que l’Égypte, n'a pas ce luxe. Elle en paie le prix tout de suite, sans délai, et nous offre, le spectacle, en grandeur nature, de l'échec de l'utopie démocratique.