jeudi 30 août 2012

La régulation libérale de la société



















Le mot déréglementation (dérégulation en anglais) est un de ceux les plus employés pour qualifier une politique libérale. Ces détracteurs ne se privent pas de le reprendre, et cela d'une manière clairement péjorative,en dénonçant l'inanité du libéralisme, qui prétend qu'abroger certaines règles dites contraignantes (dans le domaine économique principalement)  les hommes d'eux-mêmes, par je-ne-sais-quelle-grâce (celle de la liberté ?) se réguleraient aux mieux.

Et si les adversaires du libéralisme, que je qualifierais d’étatistes, gagnent un certain succès dans leurs attaques, c'est qu'ils jouent avec un sentiment  partagé par une majorité de la population et qui est légitime : l'envie de vivre dans une société pacifique régie par des règles.

En effet les gens, et ce qui est bien normal après tout, ne peuvent imaginer une société sans règles. Ce serait à leurs yeux la loi du plus fort et de la jungle. Le loup serait dans la bergerie ! Cela va de soi.

 Et démontrer que mettre un terme à ces règles, par la déréglementation que prônent des libéraux, améliorerait l'organisation de la société, aurait de quoi, dans ces conditions, de ne pas uniquement susciter le scepticisme de certains, mais à juste titre l'hostilité de beaucoup. Les libéraux apparaissent alors aux mieux pour de doux rêveurs, au pire pour de dangereux utopistes, mais qui dans tous les cas se distinguent par leur méconnaissance de la nature humaine.

Alors que faire pour réhabiliter le libéralisme aux yeux des masses ?

Simplement en bannissant des discours le mot déréglementation. Peut-être que ce terme, en son temps avait un sens, comme celui de la main invisible ou de laisser-faire à l'époque mercantiliste. Il résonnait dans le coeur de ceux qui aimaient par dessus tout la liberté, et en saisissaient le véritable sens.

Mais aujourd'hui ce terme a une connotation péjorative, à l'encontre de ce que les gens pensent être bien. Il provoque immédiatement une résistance de l'auditoire, imprégné de propagande Étatiste, trop ancrée dans les esprits pour être surmontée, et que trop peu arrive à briser par les démonstrations moderne qu'offre la théorie de l'ordre spontanée et de la catalaxie. Trop long, trop complexe. Tenter de le combattre, c'est aller à contre-courant de notre époque.

Tant que les gens imagineront que l'État c'est le droit et les règles, et le libéralisme son anti-thése, jamais ils ne laisseront convaincre. Et c'est bien naturel, puisque personne ne veut vivre dans une société de chaos.

A mon avis,  il en va ainsi de l'avenir du libéralisme, et c'est même un devoir pour les libéraux de s'adapter à son époque et aux mentalités de celle-ci. Ironiquement, n'est-ce pas ce que nous enseigne la théorie du marché, répondre à la demande du plus grand nombre ?  Ne faut-il pas parler la langue de notre époque, comme le proclamait François René-Rideau dans un de ces articles?

Et de plus employer les armes de l'adversaire contre lui-même serait redoutable et le prendrait à contre-pied.

Démontrons aux étatistes que ce qu'ils prônent dérégulent l’économie, et que les libéraux veulent au contraire la réguler.

Dans un article, Ron Paul, le candidat libertarien du GOP, a employé cette méthode en se défendant qu'il ne voulait pas déréguler l'économie, mais la réguler par le marché en lieu et place par l'État. Il a, à juste titre, employé le mot réguler qui fait l'adhésion de beaucoup. L'erreur, à mon avis et que même cet exemple peut prêter à confusion et laisser du champ aux adversaires du libéralisme. Par l'usage du mot marché, il renvoie toujours à cette idée d'une auto-organisation, qui par magie fonctionnerait, et cela indépendamment de toutes règles clairement établies. Elles se mettraient en place par cette fameuse main invisible. Trop de grains à moudre pour les étatistes.

En réalité, le libéralisme est éminemment régulateur. Il est l'application de règles strictes et clairement énoncées à tous les hommes. Ces règles n’apparaissent pas par magie ou de nulle part. Elles ne s'auto -édifient pas d'elles-même. Elles furent découvertes progressivement, et validées par le raisonnement logique et la preuve philosophique. Elles sont bien présentes et entendables par tous et se résument, grossièrement, au principe de non-agression où la violence est proscrite en dehors des cas de légitime défense.

 Et tout groupe, y compris l'État, qui les violent, sont coupables de déréglementer la société et de provoquer l'anarchie et la loi de la jungle. Et la chose est pire avec l'État, car ses attaques, ne sont même pas vécues par ses agents comme illégitimes ! Ils pensent bien faire et au contraire instaurer l'ordre et réglementer la société.

 Ainsi le libéralisme a pour but ultime de rétablir un ordre qui a été violé par des interventions d'État.  Elle doit démontrer que les contraintes mises en place par l'État, ne sont pas des règles, mais des actes de violence qui entravent ces règles de vie en société. Si ces contraintes étatiques, apparaissent comme des règles, c'est qu'elles en revêtent la forme, en ayant leur constance, une soit-disante légitimité, celle du peuple ou du droit naturel, et qu'elles prétendent assurer l'ordre de la société en réglementant. En réalité elles seraient réprouvées par la majorité, si elles étaient pratiquées par un individu lambda et non pas par l'État.

Les Étatistes, au moyen de leur soit-disante réglementation, ont ôté toutes les contraintes qui s'appliquent aux hommes de l'État. Ils se retrouvent, eux et leurs alliés (les grands groupes par exemple) libérés de tous les carcans sociaux qui permettent une vie en société. Pour le coup, ce sont les étatistes qui ont déréglementé et ont provoqué ce qu'ils craignent par dessus-tout d'une politique libérale ; c'est-à-dire le désordre.

Ainsi quand un libéral, veut déréglementer, selon son vocable, une activité économique, c'est qu'il veut en réalité restaurer l'ordre, et au contraire mettre un terme à des actions qui, elles, relèvent de la dérégulation, comme l'entendent les étatistes.

Il est temps que le libéralisme reprenne à l'État ce qui lui a toujours appartenu légitimement ; c'est-à-dire d'être la seule véritable norme de régulation sociale.








5 commentaires:

  1. Bon article. Il ne faut pas accepter d'utiliser un mot dont le sens est incertain, voir trompeur. Dans un débat, utiliser les mots de l'adversaire, c'est accepter d'entrer dans sa logique. Il est préférable de discuter sur le sens des mots utilisés plutôt que sur une idée impensable.

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  2. Réponses
    1. Vivre sans état me semble utopique aujoutrd'hui. Il est évident que le libéralisme tel que le conçoit la plupart des citoyens ne me convient pas pas plus que me convient le pouvoir d'un état qui se dit démocratique mais qui en fait ne l'est pas. Je suis pour un libéralisme responsable qui ne bafoue pas les libertés individuelles à condition que ces libertés respectent les libertés des autres Actuellement la plupart des gens attendent presque tout de l'état et ne savent plus être responsables. Leurs capacité de réfléchir est moindre car tout est fait pour les infantilisr. Apprendre à être un esprit libre et cohérant s'apprend au berceau...

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  3. Le coup du "loup dans la bergerie " est en effet un grand classique des ultra étatistes. Bien vu !

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  4. Bonjour,

    Je découvre ton blog que j'ajoute dans ma liste de blogs libéraux : http://libertarien.overblog.com/qui-sont-les-blogs-liberaux

    Et je partage ce que tu expliques dans cet article, gardons-nous d'utiliser des mots dont le sens s'est perdu, et qui bloquent le débat. Ainsi celui de "main invisible" : http://libertarien.overblog.com/je-n-aime-pas-la-main-invisible

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