lundi 4 juin 2012

M.Moscovici : L'Europe n'est pas libérale.

Sans aucune surprise, pour Moscovici, la logique des propositions de réformes de la Commission européenne est qualifiée de libérale.


Je ne reviendrais pas sur le détail de ces propositions pour les juger comme d'une logique libérale ou non. Entre parenthèses : une d'entre elles n'a rien de libérale, puisqu'elle consiste à ne pas revenir sur la suppression de la TVA sociale, et pour un libéral, toute baisse ou suppression d'impôts est d'une logique incontestablement libérale ; ce qui, bien entendu, ne fait pas de libérale la logique de Moscovici.


Le point qui m'intéresse surtout est ce que cache ce constat, trop souvent partagé par les partis de tout le spectre politique, depuis un Mélenchon jusqu'à une Lepen : que l'Europe serait le bastion du libéralisme, pire pour certains ; de l'ultra-libéralisme !


Au contraire, l'Europe, actuellement, cet enchevêtrement d'institutions, de commissions, de cours de toutes sortes et de toutes natures, d'organismes aux multiples appellations acronymiques, qui saisit de vertige par sa complexité et sa taille, n'a rien de libéral. En fait sa nature même est anti-libérale, elle est profondément socialiste, Étatiste ou constructiviste. On a le choix des termes. 


Ce n'est pas parce que l'Europe et ses représentants ont emprunté un discours libéral que l'institution l'est pour autant. 


En effet il ne faut jamais perdre de vue un des aspects du socialisme ; l’ingénierie sociale, qui consiste à considérer la société comme une grande machine dont les rouages seraient les hommes et qu'il faut organiser de la manière la plus appropriée. C'est ce que  Bastiat dénonçait à Lamartine par ces mots :

" La société n’est pas pour elle [l’ingénierie sociale] un sujet d’observations, mais une matière à expériences, elle n’est pas un corps vivant dont il s’agit d’étudier les organes, mais une matière inerte que le législateur soumet à un arrangement artificiel. Cette école ne suppose pas que le corps social soit assujetti à des lois providentielles ; elle prétend lui imposer des lois de son invention."


En somme il faut trouver le bon logiciel pour la société, sans pour autant prendre en compte la nature de sa matière première ; l'Homme et ses attributs d'être libre et pensant. 


Mais aujourd'hui la planification socialiste, où chaque individu voit son rôle dans la société défini avec une précision quasi-millimétrique est révolue. Il n'est plus question de contrôler les faits et gestes de chacun. C'est dépassé.


On a compris qu'un marché et qu'un minimum d'entreprises privées assuraient le fonctionnement de la société. L'État n'est plus au côté de chacun, à lui dicter son comportement. Non ! il a pris du recul, de la hauteur, pour avoir une vue d'ensemble. Il est réaliste, et se contente uniquement de régler des paramètres généraux. 


Il ne renie plus le marché, il en évite les excès par des réglementations. Il n’exècre plus la libre entreprise, il l'accompagne, l'aide, la stimule, la redresse, la réoriente, lui fait subir des thérapies de choc par de multiples plan de relance, lui procure les services essentiels pour lui assurer sa bonne croissance, comme avec une plante quand on lui donne un engrais.


Et c'est ainsi que l'on voit des Draghi, des Trichet, des Barroso, des Lagarde, des Merkel, des Hollande, nous citer des séries interminables de chiffres tels le PIB, les déficits, l'index de la consommation, de l'inflation, le taux directeurs de la BCE, et j'en passe, à la manière d'un capitaine d'avion prenant en compte la pression atmosphérique et la vitesse du vent pour nous mener à bon port ou d'un docteur qui tente par ses thérapies d'infléchir des dosages biologiques dont les trop grandes valeurs témoignent d'un danger pour l'organisme. 


Ces hommes politiques se gargarisent de termes techniques, et souvent sibyllins aux oreilles du profane, pour se donner l'illusion de contrôler quoi que ce soit . Ils revêtent les oripeaux de la science, reprenant à leur compte la terminologie de la science expérimentale pour paraître sérieux. 

On me rétorquerait que s'ils acceptent, ne serait-ce qu'un peu de marché libre, c'est qu'ils considèrent l'homme comme pensant et agissant. En effet, mais comme les éthologistes qui découvrent que les primates ont un résidu de conscience,  ils intègrent que les hommes agissent et pensent, mais ils considèrent cette nouvelle donnée comme une connaissance plus fine des rouages qui composent un grand ensemble et qui améliorerait sa prise de contrôle depuis le haut, et non pas comme un principe fondateur et éthique d'une société. 


L'esprit reste le même, on tente d'arranger la société comme une machine.

Et cet esprit n'est pas exclusif à l'Europe, il est présent partout, dans tous les États et toutes les institutions supra et internationales, sous de multiples variantes, anciennes et modernes, visibles ou dissimulées, mais dans notre continent, il a pris une forme très raffinée qui le rend d'autant plus sournois et difficile à déjouer et à démasquer.

Preuve en est : Moscovici pense que c'est du libéralisme. 





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