jeudi 21 juin 2012

Le capital : l'unique moyen de redresser notre production.















Ces derniers temps, il n'est pas rare d'entendre, lors de discussions qui ont trait à l'économie, que les nouvelles technologies, les économies d'échelles, la concurrence de l'étranger, en réduisant les effectifs dans les différentes industries, feraient bondir le chômage, ce qui aurait pour conséquence malheureuse de mettre en difficulté ces mêmes industries par manque de clients.


Et ces discussions s'achèvent trop souvent sur cette conclusion lapidaire et d'une originalité folle : par une recherche démesurée et effrénée de profits, en réduisant les effectifs ou en délocalisant, ces entreprises sont entrain de scier la branche sur laquelle elles sont assises.


Il est vrai que si les entreprises n'ont pas de débouchés, c'est-à-dire qu'elles n'ont plus de clients en capacité de payer, elles feront faillites. Il faut donc que ces clients aient un travail ou plus largement un revenu, si on compte les entrepreneurs et les indépendants dans leur rang. Conclusion logique.


Si on examine les choses d'un peu plus prés, et que l'on veut être cohérent, chose rare aujourd'hui, cela revient à dire qu'avoir un revenu pour acheter un service ou un bien, c'est échanger le produit de son travail contre un autre bien. Un produit contre un produit en somme.  L'argent n'est dans ce processus qu'un intermédiaire. Il ne sert qu'a fluidifier les échanges.


En conséquence tout consommateur d'un bien doit être le producteur d'un autre bien. Et ceci paraît plus évident si on se place du point de vue théorique de deux individus seuls dans une île déserte.


L'un, A, produit des habits qu'il échange avec son compère B, contre de la nourriture. Si A cesse de produire des habits (il meurt par exemple), B sera bien embêté avec cette nourriture en trop, qu'il avait produite pour l'échanger. Il devra alors cesser de faire exclusivement de la nourriture, et devra aussi se lancer dans la confection des habits. Mais n'étant plus spécialisé dans une production, il sera moins efficace, car il devra faire a la fois des habits et de la nourriture ;  son niveau de vie s'effondrera (qui d'ailleurs ne devait pas être bien élevé dans ces circonstances quasi-autarciques).


Pour que B soit en capacité de ne faire que de la nourriture, il faut qu'il y ait une autre personne qui fasse des habits. Condition nécessaire de la division du travail. B doit avoir un débouché, quelqu'un à qui échanger son bien contre autre chose : à qui le vendre en d'autres termes.


Pour qu'une entreprise puisse vendre ses biens ou ses services, il faut que d'autres entreprises vendent des biens ou des services.


Dans une économie de marché, c'est un fait implacable et irréfutable.


Si une entreprise licencie des employés, par exemple dans les suites d'une mécanisation, alors ceux-ci en effet doivent se lancer dans une autre ligne production pour produire un autre bien qu'ils échangeront ,indirectement, avec ceux de leurs anciennes entreprises.


En conséquence il faut que les conditions soient réunies pour qu'il y ait création d'entreprises, car celles-ci permettront par leur production d'assurer l'avenir des autres.


Et pour qu'il y ait création d'entreprise, un capital de départ est nécessaire, aussi bien sous forme matériel que sous forme monétaire, peu importe, cela revient au même. Le capital aussi abstrait qu'il peut nous apparaître dans les comptes rendus de la bourse, représente au final des choses tangibles ; ce sont les  locaux, le matériel et le salaire des employés que l'entreprise va payer pour produire ce qu'elle va vendre dans un futur proche ou lointain. Avant même de constituer son chiffre d'affaire par ses ventes, elle doit disposer de tout cela, de la même manière qu'il faut disposer d'outils pour produire les premiers habits.


La constitution du capital est vitale, et si elle rendue difficile, par des impôts par exemple ou des réglementations nombreuses, alors les créations d'entreprises seront moindres, et il y aura moins de débouchés pour les autres.


En fait je viens d'esquisser à gros traits, ce que l'on appelle une politique de l'offre, qui consiste à produire et  que Jean Baptiste Say théorisa dans son Traité d’Économie Politique. Il expliqua que pour assurer les débouchés aux entreprises, stimuler la demande en sorte, il fallait, non pas amplifier celle-ci de façon factice par des dépenses d'État, mais inciter à accroître la production en générale.


"dans tout état, plus les producteurs sont nombreux et les productions multipliées, et plus les débouchés sont faciles, variés et vastes."

Après cette brève explication revenons aux torts que l'on reproche à notre société moderne.




Est-ce à cause des nouvelles méthodes de production que le chômage progresse et que par manque de débouchés notre système va-t-il s'effondrer de lui-même ? L'histoire nous prouve le contraire , et d'ailleurs ces nouvelles machines sont  aussi produites et sources de travail et de revenu. Ce sont des débouchés.


Est-ce à cause de la concurrence des chinois, qui est jugée déloyale ? Comme je l' indiquais ci-dessus, la multiplication de la production est favorable à tous.


L'origine de notre mal, qui affecte cette industrie en manque de redressement, engendrant la monté du chômage et appauvrissant  les débouchés  de ce qui subsiste d'activités , ne serait-il pas lié à un État dispendieux dont les dépenses publiquent avoisinent les 60% de PIB et les impôts 50% ?


Ne serait-ce pas autant de capitaux potentiels qui pourraient assurer des débouchés aux autres entreprises ( aussi bien nationales qu’étrangères)? Et ainsi résorber le chômage ? Par ces dépenses somptuaires l'État détruit les moyens nécessaires à la production. Il organise la pénurie de capitaux.


Il est  facile, pour nos politiques et nos hauts fonctionnaires, de vilipender l'étranger, la nouvelle technologie, le libre-échange et la mondialisation, au lieux de se remettre en cause. Ils sont comme les prêtres d'une vieille théocratie chancelante, jaloux de leur pouvoir, aveuglés par leur dogme, qui rejettent sur le dissident aux idées nouvelles l'origine des malheurs qui affligent le peuple tout entier. 


Si l'on doit donner un conseil à Montebourg pour redresser la productivité de notre pays, c'est de capitaux dont on a besoin, et rien d'autres. 




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