mercredi 16 mai 2012

Le président change, mais la fonction reste.




















On a pu assister à la passation de pouvoir entre Sarkozy et Hollande pour la présidence de la République française. Évènement majeur de nos institutions républicaines, qui symbolise cette alternance du pouvoir, par le biais de l'élection au suffrage universel, et qui fait toute la fierté de notre pays. Garde-fou des usages excessifs et immodérés du pouvoir, que l'on a trop connu par le passé chez les monarques de l'Ancien Régime.


Mais en est-il ainsi ? Est ce que l'alternance de ce pouvoir en assure un meilleur usage ?


On pourrait en douter si on lit le philosophe et économiste de l’école autrichienne Hans Hermann Hoppe, qui dans son ouvrage Democracy : The god that failed, nous démontre en quoi cette alternance des pouvoirs se révèle être dommageable pour une nation toute entière.


Alors que le monarque d'antan avait toute une vie pour régner, celui d'aujourd'hui, sous la figure du président, n'a qu'un mandat, au mieux deux. Le monarque pouvait faire fructifier son royaume dans le long terme, à la manière d'un propriétaire terrien, il devait valoriser le capital et donc se limiter dans les ponctions fiscales. Il avait une vision à long terme et le pays s'enrichissait. Le président d'aujourd'hui, s'il veut tirer parti de sa fonction, lui et ses amis, sont incités, par manque de temps, à puiser dans ce capital par des prélèvements toujours plus lourds et abusifs. Il aura une vision à court terme et le pays s'appauvrira. Quand un monarque émettait des créances, c'était de sa personne qu'il devait en répondre, alors que pour le président, le remboursement sera laissé à la charge de son successeur. Dans ces conditions on est plus enclin à s'endetter.


Et puis un monarque devait se méfier de ne point trop abuser de son pouvoir, la fronde et la jacquerie guettaient. Il se devait toujours de ménager ses sujets au risque qu'ils ne se révoltent. Dans une république, les citoyens attendront de placer leur candidat, dans l'espoir d'un changement, ainsi ils seront moins enclin à se révolter, leur résistance à l'oppression fléchit. Et quand ils auront les reines du pouvoir par le biais de leur champion, non seulement il ne diminuera pas les impôts, comme promis, mais il en tirera un profit, et si nécessaire les augmentera.


Preuve en est l'explosion des dépenses d'État, de la dette d'État et des impôts depuis un siècle, et pas uniquement en France, mais dans toute l'Europe, et de façon exponentielle depuis la fin de la première guerre mondiale, lorsque toutes les dernières monarchies traditionnelles avaient disparu et que le monde est rentré dans l’ère des démocraties parlementaires.  


Évidemment les abus étaient nombreux sous le règne des rois, mais au moins on savait à qui s'en tenir : le roi répondait de sa personne, preuve en est le destin de Louis XVI. Un président est le représentant de la volonté populaire, du peuple, c'est-à-dire de tout le monde et de personne à la fois. L'irresponsabilité est institutionnelle et les désordres parfois sont plus grands qu'à son arrivée quand il doit céder sa place, ce qui ne met en rien un terme à sa carrière, au contraire.


Constat ironique, quand on pense que celui qui a renforcé les pouvoirs du président de la Cinquième république, de Gaulle, clairement d'inspiration maurassienne et nostalgique de la monarchie, voulait en faire un nouveau roi pour mettre ainsi un terme aux désordres provoqués par les parlementarismes de la Troisième et de la Quatrième république.

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