mardi 8 mai 2012

Krugman n'a peur de rien



















A peine François Hollande élu et le parlement Grec en plein chaos, sort du bois Krugman qui y voit clairement et sans l’ombre d’un doute la révolte des peuples européens face aux mesures d’austérités imposées par le couple Merkozy  (bientôt Homer).


Rien de plus normal pour ce néo-keynésien aux idées sentant bon le formol. Mais à la lecture de ses propos, relayés par le Monde depuis le New York Times, on ne peut être que saisi de vertige devant cet étalement sans fin de poncifs et de sophismes en matière d’économie. 


Eh oui ! Avec Krugman, on fait un voyage dans le temps, on s’imagine arpenter les rue de la New-York des années 30 où se déploie triomphalement le New Deal de Roosevelt pour contrer (tenter de) les ravages causés par la crise financière de 29. Ce fut une sympathique époque où le capitalisme et le libéralisme sont remis en causes, vilipendés quotidiennement, mis aux bancs des accusés, attaqués de toute part, par tous les partis, de toutes les extrémités possibles et sur toutes les latitudes du globe. L’étatisme et la planification étaient la panacée à tous les problèmes, c'étaient très tendance.  


Bon sang ! Mais cela ne vous rappelle-t-il pas quelques choses ? Pardi oui, notre époque ! Où l’Etat depuis des années a fait un retour triomphal sur le devant de la scène pour remettre de l’ordre dans le chaos provoqué par un méta-libéralisme qui aurait métastasé dans les quatre coins du monde et de nos âmes. Et il n’est pas surprenant, qu’un brahmane tel Krugman, profite de la belle ambiance pour se refaire une cure de conseil en économie dirigiste dans les colonnes du journal de la Grande Pomme.


Et Krugman n’y va pas par le dos de la cuillère. Il est une chose certaine avec lui ; c’est un keynésien pur jus, un vrai, un dur, un monolithe d’interventionnisme étatique qui a passé l’épreuve du temps et qui jamais n’a connu aucune impuretés libérales. C’est qu’il ne fait pas dans la demi-mesure notre prix Nobel, il applique le dogme à la lettre.  La réduction budgétaire est une hérésie qui mérite que ceux qui la défendent finissent aux bûchers et le salut de tous ne passe que par l’accroissement des dépenses et des déficits de l’Etat (pas du votre, ils ne sont pas fous à ce point), qui seront le suc vital de toutes nos économies rendues cachectiques par d’injustes mesures d’austérités.
Je ne reviendrais pas sur le caractère anti-libéral de ces mesures d’austérités, et le flou qui domine quand à leurs applications, ce sera l’occasion d’un autre billet. 





Mais Krugman, en bon socialiste qui manipule les mots pour nommer un chat un chien, ne semble pas réaliser, qu’en France, à la différence de la Grèce du moins, il n’y a eu aucune mesure d’austérité digne de ce nom depuis des années, voire des décennies.


Au contraire quand les pays du sud furent dans le cœur de la tempête des dettes souveraines (et ils sont prêts d’y retourner rapidement, en fait ils y sont toujours), l’épargne, alors frileuse, s’est réfugiée vers ce qu’elle pensait être encore une valeur sûre ; l’Allemagne et la France, je sais c’était il y a peine un an, ne rigolez pas ! La note Française était 100% sûre, disait-on !

Du coup, la France a pu s’endetter facilement, à des taux d’intérêts avantageux, rêveurs aujourd’hui pour un particulier, ce qui non seulement lui a épargné de réduire l’once d’une dépense, mais l’a encouragé à les accroître pour mettre en œuvre des plans de relances…. Keynésiens. Et on peut en constater les résultats.

C'est triste à dire, mais malgré un chômage endémique, qui sévit depuis 20 ans et une précarisation de la société, la France n’a pas encore réduit quoi que ce soit de sérieux dans ses dépenses, d’Etat en général, et sociales en particulier. Je pourrais citer une faiblarde réforme des retraites qui a reculé l’âge de départ à la retraite de deux ans ( et sur laquelle François Hollande va revenir en parti). 


C’est peut être dur à entendre, mais la crise en France, n’est relayée que par les médias, elle n’a pas plus d’impact qu’une famine en Ethiopie ou qu’une guerre civile en Syrie. Elle égaye les soirées et anime les débats du soir. On parle en plus qu'on ne la vit.


L’austérité monsieur Krugman n’est pas encore arrivé en France, et il eu suffit de se donner la peine de lire tous les programmes politiques de tous nos candidats (je sais c'est chose pénible). Aucun, ne prônait une réduction de quoi que ce soit. C’était plutôt l’inverse, les dépenses augmentaient partout.


Il faut faire preuve d’une grande mauvaise foi pour affirmer que le vote de François Hollande était une rébellion devant des mesures d’austérités sans précédents, il eu fallut ne pas confondre les images provenant d’Athénes de celles de Paris.


Mais en bon keynésien, Krugman n’a que faire de la réalité et de sa manie d’avoir toujours le dernier mot en toute circonstance. L’étatisme et ses illusions sont plus rassurants.


Voilà, maintenant que j'ai fini je m'en vais au coin du feu assister à un petit discours de Roosevelt.

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