mardi 6 décembre 2011

Le prototype du technocrate Français



Une declaration récente dans les médias par un personnage méconnu du grand public fait état de façon presque caricaturale de l’idéologie qui gouverne les esprits de notre élite. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, produit de l’ENA, dont la carrière est un archétype de Haut fonctionnaire.

Tout empreint de son idéologie il a, avec aplomb, déclaré qu’un “éclatement de la zone euro est hors de question. Il n'y a pas de plan B”.
Ces quelques mots refletent avec une rare clarté le mode de pensé qui gouverne cette personne, et ces nombreux semblables qui occupent les hautes fonctions de nos institutions. Dans leur esprit aucune place n’est faite à une alternative à l’Euro, à l’Europe et à sa perpetuelle construction. Pour eux, du moins selon leurs discours, il n’y a pas d’autres horizons que cette Europe, je dénonce celle bureaucratique, centralisatrice, qui depuis Bruxelles impulserait ses ordres, et non celle libérale et multicentrique qui fut un temps ses principes. 

 Est-il sincèrement persuadé que cette Europe est notre seul salut, ou craint-il que la disparition de l’Euro  se doublerait de celle de sa place et de son influence ?

Question à laquelle je serait bien présomptueux de répondre.

Mais cette déclaration est bien le symptome d’une profonde maladie qui ronge nos sociétés. Celle que je dénonce à maintes reprises, au risque de lasser, dans mes divers billets, et dont le caractére anti-libérale n’est plus à démontrer ; le constructivisme.

Que l’on peut aussi nommer ingénierie sociale, et qui “procède par l’imagination” , comme l’expliquait Bastiat dans une lettre à Lamartine . “La société n’est pas pour elle un sujet d’observations, mais une matière à expériences, elle n’est pas un corps vivant dont il s’agit d’étudier les organes, mais une matière inerte que le législateur soumet à un arrangement artificiel” .

Je la qualifierais aussi de système de pensée où l’individu n’est pas un être agissant, mais un automate aux comportement constants. Ou mieux encore, selon le seul angle valable, éthique ; organisation sociale de la violation des droits de propriétés privées.  Cette propriété privée qui est indissociable de la capacité d’agir de l’être de raison  et de constater le résultat de ses actions.

Cette maladie, ce constructivisme, prétend organiser la vie des hommes, en ignorant leur nature propre, celle d’être libre. Attention, par libre, je ne signifie point être omnipotent ou omniscient. Les choix de chacun sont limités par notre environnement et nos capacités. La liberté, dans sa définition politique, se ramène à sa plus simple expression, le principe de non agression, par l’abrogation de la coercition. La suppresion de la contrainte faite par les uns aux autres.

Mais revenons à Christian Noyer . Il m'évoque un membre de la nomenclatura soviétique, qui en début 89, s’imaginait que l’URSS durerait encore 100 ans. Il ne semble point échapper à ce carcan européen, au mieux il tolère un type de construction, une variation dans la forme de l’édifice, un autre arrangement dans la disposition des piéces. Dans quelle mesure la banque centrale peut-elle racheter de la dette ? La cours de justice européenne punira-t-elle les mauvais éléves ? De quelle manière ? Quelle sera le rôle de Bruxelles ?
Toujours et implacablement les mêmes acteurs, la même scène, la même pièce, sans jamais remettre en cause leur légitimité. Et qui sont indéniablement la source de nombres de nos maux.


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