mercredi 7 décembre 2011

De l'inanité des Eurobonds



Je ne suis pas un économiste, mais j’espère être doté d'un certain bon sens qui me permette encore d'analyser les évènement chaotiques actuels et d'en tirer des conclusions vraies.

Mais peut-être suis-je stupide, moi simple blogger ?

Ainsi on entend ci et là les socialistes Français s’exaspérer de l'absence d'Euro-bond ou d'euro-obligation dans les discussions qui animent le couple franco-allemand. Cet outil financier serait le remède de nombres de nos problèmes et serait un pas salutaire vers une Europe plus intégrée, plus politique, plus solidaire, en somme  plus avancée dans son processus de construction qui ne semble jamais connaître de fin.

Alors quels sont-ils ces Euro-obligations ? Au passage remarquez le caractère impératif de ce nom :  l'Euro devient une obligation au quelle nul ne peut échapper. Le principe est simple ; il consiste en des créances émises au nom de tous les pays européens. Ainsi ceux dont le marché n'accorde plus aucune confiance pourront de nouveau emprunter à des taux acceptables en bénéficiant de la bonne tenure des meilleurs élèves.

Je ne reviendrais pas sur le caractère pernicieux d'un tel montage financier qui inéluctablement aggravera la situation sur le moyen terme par un aléas moral aux dimensions gargantuesques.

Non, je vais me focaliser sur l'actualité. N'existe-t-il pas un outil similaire dans notre paysage financier ? Ne le voyez vous pas, là, juste devant vous ?

Je vous assure, il bel et bien présent. Et il a pour nom FESF, fond européen de stabilité financière, dont le but est d'assurer le financement des pays en difficulté par l'émission de créances sur les marchés. Ce véhicule financier tire ses ressources par de l'argent qu'il emprunte à des taux avantageux, car il bénéficie de la bonne note des pays vertueux de la zone euro. Immédiatement on note la similitude dans le fonctionnement, entre euro-bond et fesf.

Et si vous suivez l'actualité, au moment où j'écrits ces lignes, le FESF a vu sa capacité à agir mise en doute par les agences de notation, car les pays devant en être les garants, la France et l'Allemagne, ne sont plus à leur tour dans les bonnes grâces de ces agences.

S'il en va ainsi du FESF, pourquoi en serait-il autrement pour les Euro-bonds, dont la bonne signature repose sur les pays dont la vertu est subitement devenue incertaine ?

Une dénomination différente changerait la donne ? Appeler autrement la chose ferait-il plier la réalité à nos désirs ? C'est en effet une pratique très répandue parmi les rangs de notre classe politique et intellectuelle. Jouer avec la signification des mots pour nous occulter notre perception du réel.

Mais j'ose espérer que ces artifices sémantiques, à force d'être employés sans vergogne, cesseront de berner les gens.

Car se moquer à ce point du monde devient presque indécent.


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