mercredi 19 octobre 2011

L'idéologie socialiste des banquiers

















Ces derniers mois l’actualité économique a été émaillée par de nombreux revirements boursiers, dessinant des courbes en forme de montagnes russes et provoquant des vents de panique dans le monde.

Les marchés boursiers semblaient de nouveau pris de folie. Leurs adversaires y voyaient clairement leur irrationalité ontologique et funeste.

Avant de continuer plus en avant, je me dois d'apporter une précision sur la terminologie employée. Ce ne sont pas les marchés qui sont devenus volatiles, mais les acteurs du marché, ou plus précisément les valeurs de leurs actifs côtés sur ces fameux marchés boursiers. Ces derniers ne sont en fait qu’un lieu, virtuel, où les échanges se produisent.

Accuser les marchés d’être à l’origine de la crise, ce serait accuser le thermomètre d’être à l’origine de l’hyperthermie. Celui-ci, comme les marchés, ne fait que constater des phénomènes.

Les marchés ne sont ni fous, ni irrationnels, attester de cela serait faire preuve d'anthropomorphisme : en d’autres termes de prêter des traits humains à des concepts abstraits.

Au contraire il y a une logique dans ces mouvements erratiques. Je n’aurais pas la prétention d’expliquer les causes de toutes ces secousses, mais je peux en donner quelques raisons.

Régulièrement ces deux dernières années, de façon quasi-cyclique, épisodique, saisonnière, les bourses, en proie à une chute, ont remonté de façon spectaculaire devant des annonces faites par les gouvernements ou par certaines institutions dites internationales. De nombreux acteurs du marché ont guetté de ces gouvernement ou de ces institutions des signes favorables qui les ont rassurés.

Quels sont-ils, ces signes favorables ? Quelle est la nature exacte de la politique a appliquée pour apaiser ces acteurs du marché en grande détresse ?

Dans le contexte actuel les acteurs du marché les plus fébriles sont les banques qui empêtrées dans leur actifs toxiques, le plus souvent d’État, ont besoin de liquidité, en somme d’argent.

Ils reprennent des couleurs quand on leur assure soit ces liquidité nécessaires, soit de paliers aux défauts de paiements en se portant garant en cas de faillite.

Ces mesures ont pour résultante inéluctable de faire payer le contribuable.

Et que ce soit les États, le FMI, les banques centrales ou le FESF, ce sera in fine toujours ce malheureux contribuable qui payera.

Quelle que soit la complexité du dispositif mis en place qui le sépare de ce contribuable, se sera inéluctablement lui qui recevra l’addition. Ces agences, tel ce FESF, nouveau FMI européen, qui paraissent bien éloignées de nos vies quotidiennes s'avèrent avoir le bras suffisamment long pour nous atteindre en toutes circonstances.

Un telle politique, exigée par certains participant du marché, en particulier les banques, que l’on considère comme étant les portes paroles de l’ultralibéralisme, à de quoi surprendre.

En effet, si on se réfère scrupuleusement à la définition des termes ; le socialisme recherche l’appropriation de la propriété privée, en somme sa violation, alors qu’à l’opposé le libéralisme en fait le droit suprême et inaliénable.

L’impôt, par définition, se fait sans le consentement de celui qui le paye, et quoiqu’en dise les thuriféraires de la démocratie, la possibilité de voter en rien ne change ce fait. S’il se refuse à verser cet impôt, il subira les foudres de l’État. C’est une violation patente des droits de propriété privées, en somme un acte intrinsèquement anti-libéral, et hautement socialiste. Au mieux, je peux tolérer un impôt qui finance un État qui s’acharne à défendre cette propriété privée.

Il en est de même des manipulations que les banques centrales exercent sur la monnaie. L’inflation qu’elles provoquent est un impôt indirect et indolore, plus sournois que celui classique. Il ne peut se manifester que quand on assiste à un empiètement massif des droits de propriétés privées par le monopole d'émission de la monnaie qui est conféré à ces institutions, les banques centrales, que l’on pense à tort aussi nécessaire que l’air que l’on respire.

On en conclu que les interventions de ces institutions consistent à violer les droits de propriétés privée des individus, en d’autres termes de se lancer dans une massive entreprise de spoliation légale, pour se porter en aide à des groupes eux aussi privées, ou presque (et indirectement les États).

Et ce sont ces politiques, éminemment frauduleuses, qui revigorent un temps les marchés, ou devrais-je dire, certains acteurs du marché.


Ils exigent du socialisme, encouragent au socialisme, mais uniquement quand cela les arrange. Leur propriété privée, illégitime d'un point de vue libéral, doit restée intacte. “Privatiser les gains, socialiser les pertes”.


Malheureusement, ce vol de grande ampleur n’a que des effets limités dans le temps. Et quand ceux-ci sont passés, ces acteurs du marché sont tel des toxicomanes qui en redemandent encore plus. Une nouvelle injection d’argent volée.

La fugacité de ces politiques vient de la nature même de ce transfert d’argent, car “la spoliation ne déplace pas seulement les richesses, elle en détruit toujours une partie”. Le génial Bastiat ne cessera de m’étonner.

Les richesses viendront à manquer inexorablement, ce qui explique la précarité de ces politiques de type parasitaire. Et cela démontre aussi en quoi vouloir nationaliser les banques empireraient les choses, la spoliation deviendrait permanente.


Je me dois d’être plus précis, les coupables ne sont pas que les banques (et les Etats) mais aussi ceux qui se sentant rassurer par ces mesures d'expropriations revalorisent par leur achat les actions de ces établissements. Eux aussi, d'une certaine façon, appellent à plus de vol organisé quand ils revendent en masse les titres de ces établissements en quasi-faillite.

Remarquez que tous les acteurs marchés ne sont pas aussi détestable ; certaines entreprises ne connaissent pas la crise. Elle semble glisser sur elles, sans laisser aucune trace. Je pourrais citer en exemple Apple ou Google. En témoigne le bénéfice toujours grandissant de Google en ces périodes de cure d’austérité tout azimuts. Elles ne réclament pas l'argent des autres par la force.

D'autres aussi sont au courant du court terme de ces politiques et ne sont nullement rassurés quand les gouvernement et consort font des annonces, ils y voient uniquement une précipitation vers la faillite.

Que faire ? Mais laissez faire que diable ! Finalement ce marché, que l’on croyait amoral, s'avère être plus vertueux que l’on pensait en voulant expectorer de son corps ces entités malhonnêtes.


Et si on sait en analyser le comportement il nous offre un aperçu de l'idéologie frauduleuse qui anime certains.

Ainsi cette crise n’est pas qu’économique, elle est morale, sa cause, son déroulement et son fonctionnement sont liés à ces entraves aux droits de propriétés privés, c’est-à-dire à la souveraineté inaliénable de chacun des individus.

Les économiste du 19e se sont évertués à démontrer en quoi la violation de ces droits provoquaient implacablement des crises, on en a l’exemple patent aujourd’hui.

dimanche 9 octobre 2011

Petite pensée sur les agences de notation














L’Espagne, l’Italie et la Belgique sont dans le viseur de ces agences de notations qui font trembler les gouvernements du monde.

Elles somment ces pays de redresser leur compte pour rembourser des dettes dont ils se sont gavées sans retenu depuis des décennies. Désormais ils n’ont plus le choix, sinon leurs notes sera dégradées. Si tel est le cas ils ne pourront plus emprunter et seront en défaut ; terme élégant pour palier au vide juridique d’un état en faillite, car un Etat ne relevant pas du droit privé ne peut être mis en liquidation judiciaire ; c’est le règne de l’inconnu. Une situation qui relève de l’impossible pour nombre de ceux endoctrinés à l'Église de l’Etatovangélisme : l’Etat , c’est le règne de l'éternité et de l’immanence.

Les libéraux s’en réjouissent. Car ce signal fort oblige les États à se discipliner, ce que les politiques furent incapable de réaliser durant des années, comme le pointait si justement Alain Madelin dans une de ses tribunes.

Les critères de Maastricht sauvés par la bourse, en sorte.

En tant que libéral je reste circonspect devant cette conclusion que l’on tire un peu hâtivement. Je dirais même plus, je crains que ces avertissements ne sauvent en rien la situation.

La faute à qui ? Aux homme de l'Etat ? Oui, mais en partie.

Les agences de notations ont leur responsabilité dans cette affaire. Certes elles exigent, et à juste titre, aux gouvernements de redresser leur compte, si tant est, on peut, comme le détaille Georges Lane dans son blog, parler de comptabilité publique. Mais elles ne précisent pas de quelles manières.

Schématiquement, il se dessine à l’horizon de cette apocalypse financière deux voies de sortie, dont nombre de gouvernements empruntent un peu aux deux dans leur tentative de sauvetage.

Les États doivent soit accroître leur revenu, soit diminuer leur dépense.

La première solution exige d’augmenter les revenus fiscaux, en somme d’augmenter les impôts. La seconde solution requiert une diminution du périmètre de l’Etat, c’est-à-dire de réduire les activités de la puissance publique (impuissance serait plus juste).

La solution d’augmenter les impôts, profondément anti-libérale, aurait des effets dévastateurs sur l’économie et cette reprise tant désirée. La récession deviendrait une chose pérenne.

La seconde solution, au moins, aurait le mérite de libérer des services des griffes du leviathan, qui gagneraient en efficacité, phénomène qui s’accentuerait si les privatisations étaient accompagnées d’une baisse des impôts (qui paradoxalement aux premiers abords augmenteraient les revenus fiscaux).
Mais voilà les agences de notations ne semblent pas attacher de l’importance à la différence cruciale qui sépare ces deux types de politiques, l’une libératrice, l’autre asservissante.

Elles ne portent leur attention que sur les statistiques macroéconomiques des pays, les prévisions de croissances et les politiques adoptées qui permettent aux plus vite de réduire le déficit abyssal des états.

Elles ne font pas de distinctions, ou du moins elles ne semblent pas, entre des politiques dites libérales et celles dites keynésiennes. Ce qui comptent, c’est que les gouvernements, par n’importe quels moyens, redressent leur budget.

L’exemple le plus frappant fut l’avertissement donné par Standard and Poor en dégradant la note des USA après le débat houleux sur l’extension de la dette.

L’agence de notation s’est plainte du manque de coopération entre les parties pour solutionner le problème des déficits et de la dette américaine.

Les parties, et à juste titre, se sont battus bec et ongle sur la façon dont il fallait régler ce déficit gigantesque et cette dette colossale. Les républicains exigaient une baisse des dépenses et à minima de ne pas revenir sur des baisses d’impôts. A l'opposé les démocrates refusaient toutes diminutions des services publics et aspiraient à une augmentation de ces impôts. A mes yeux cette opposition est cruciale car elle dessine clairement la fracture idéologique entre les deux camps, visibilité nécessaire pour comprendre les enjeux d'aujourd'hui, et les choix à faire dans l’avenir.

Car cette dispute, au delà d’être un simple règlement comptable, était aussi un affrontement d’idée à la portée philosophique sur la façon dont une société doit s’organiser et prospérer.

Pour Standard and Poor, mais aussi Moody’s et Fitch, cet affrontement n’était au mieux qu’un face à face de radicaux obtus empêtrés dans leur idéologie rigide et imperméable à tout compromis, au pire un pure enfantillage qui révélait aux yeux du monde la dépravation morale des politiques de tous bords, incapable d’atteindre un consensus pour le bien être commun. De faire passer l’intérêt de la nation avant le leur. (et ils ne sont pas loin de la vérité)

Est-ce que Standard and Poor se fiche éperdument de la façon avec laquelle on redresse une économie ? Ce qui compte pour eux, c’est que l’argent arrive en flot ininterrompu pour rembourser ces dettes. L'Etat se doit d'avoir une manne fiscale suffisante pour s'acquitter de ses obligations.

Finalement, ces agences de notation, qui passent pour les hérauts de l’ultralibéraslime, se font plutôt le porte parole de ce fascisme du consensus que dénonçait Ayn Rand. Cette recherche perpétuelle du juste milieu, du compromis qui ne fâche point, qui en cette occasion pourrait être qualifiée de décision économiquement correcte. Elles sont imprégnées, finalement, comme une majorité des gens, de ce relativisme ambiant qui occulte toute réflexion constructive. Elles sont les victimes de l’ideologie de l’anti-idéologie qui s’immisce dans tous les champs de la pensée.

On ne peut faire de compromis entre un bon et un mauvais principe, on ne peut mêler les deux au risque de corrompre le principe qui est vrai.

La recherche philosophique de la vérité ne les intéresse nullement, et il est vrai que ce n’est point leur rôle, mais il ne semble pas que leur mise en garde, pour l’instant, aide au débat.

vendredi 7 octobre 2011

Les Insurgés made in USA du journal Le Monde.











Le Monde, notre journal bien aimé, et socialement responsable devant l'Etat Providence, peut pousser un soupir de soulagement, les USA ont leurs "Indignés".

Enfin, parmi ce peuple, connu pour son individualisme sans borne, se cache de courageux contestataires lucides qui ont suivi, contre vents et marées, la voie Hesselienne de l'indignation toute conformiste, pour se rassembler et protester.

Mais surtout pour réclamer plus d'Etat, et de sa Providence toute céleste.

Enfin, América is back !

Evidemment, Le Monde, n'avait jamais fait preuve de la même admiration pour les Tea Party, qu'il considérait comme une bande de conservateurs rétrogrades, racistes et bornés.

Pour les chroniqueurs de ce journal, ce mouvement populaire, il dirait populiste dans leur langue, avaient le malheur de s'attaquer à l'Etat et à son action prétendue sociale. C’en était trop, et malgré leurs indignations authentiques devant l’aide qu’Obama a apporté massivement aux banques, le fait qu’ils veulent moins d’Etat les discrétaient à jamais.

On ne peut battre le pavé que pour exiger plus d’Etat.

Voilà, c’est fait, des jeunes se sont rassemblés pour faire appel au Dieu Etat. Ils veulent plus de justice sociale, de redistributions de richesses et de services gratuits.

Enfin.

Je modére un peu mon propos à la lecture d’un récent article du Monde où à demi-mot il concède que les deux mouvements, Indignés et Tea Party, sont “unis par un même mouvement de rejet du système politique, certaine spontanéité populaire et une décentralisation, les deux mouvements pourraient jouer un rôle majeur dans l'élection à venir”.

Pour une fois ce journal offre une légitimité populaire au Tea Party et admet son aspect contestataire.

Mais ici s’arrête l’éloge. Jamais ce journal, perdu dans les abîmes du néo-marxisme,ne se donnera la peine d’examiner leurs idéologie politiques et de tenter d’en comprendre les ressorts.

Il espère de tout coeur, que ce mouvement des Insurgés finalisent cette marche que les USA ont entamé avec Obama vers le socialisme ( qui avait déjà débuté sous Roosevelt). Marche qui selon lui, le journal, est la seule voie du salut.

Pour ma part, je comprends les motivations de ces Indignés, qui ont de bonnes raisons de s’insurger contre une classe politique qui brille par son incompétence et son manque patent d’intégrité.

Toutefois, je m’oppose à leur grille de lecture, qui croit voir l’origine de la crise dans une soit-disante dérégulation de l’économie, alors que l’Etat n’a cessé de s’engrosser ces dernières années.

Je pourrais en dire autant des Tea Party, bien qu’ils me soient largement plus sympathique, eux aussi véhiculent leurs propres tares.

Leurs discours et leurs actions recèlent une contradiction presque mortelle. Ils demandent aux politiques de faire moins de politiques, ils exigent aux élus de moins redistribuer la richesse des autres, alors que c’est par ce biais qu’ils se font principalement élire. On pourrait m’objecter que c’est en promettant de moins redistribuer cet argent qu’ils ont gagné par voie electorale leur poste.

Tout cela nous démontre encore une fois de l’importance de l’idéologie qui sous tende les actions politiques et de la lecture que l’on fait avec de la réalité.

Les Insurgés doivent comprendre que les banques sont corrompues non pas parce qu'elles ne sont pas sous la férule d'un Etat bienveillant, mais bien parce qu'elles logent en son sein. Et la meilleure manière de les réguler, selon Ludwig von Mises, serait de les" placer [...] sous les règles générales des lois civiles et commerciales".

En somme de les privatiser totalement.