lundi 8 août 2011

La crise est avant tout epistemologique








En cet été bien triste la crise redouble de vigueur.

La terreur panique se lit clairement dans les yeux de ces Etatovangélistes qui forment la majorité de nos politiques, de nos economistes et de nos journalistes.

Ecoutez leurs plaintes :

Que se passent-t-ils ? se demandent-ils en choeur.

Pourquoi la tourmente se prolonge alors que nous avons à maintes reprises renouvelé notre fidélité au Dieu Etat et à ses anges ; Politique et Démocratie ? Nous avions réalisé à quel point nous nous sommes écartés de leurs enseignements et avions laissés nos coeur être gagné par les charmes des démons de l’Ultralibéralisme. La leçon était apprise.

Les prêtres keynésiens des Amériques ont pratiqué sans relâche les rituels de la dépense publique et dans de véritables hécatombes fiscales ont sacrifié des milliards de dollars offerts généreusement par ce contribuable perdu dans la fange capitaliste.

Le clergé Etato-européen a élevé des temples grandioses à la gloire de la technocratie qui sont la preuve même d’une loyauté sans pareil : on a vu jaillir comme par magie des fonds de secours européens, des fonds de stabilité, des fonds par millier pour consolider, assurer, concrétiser,et la banque centrale européenne, qui semblait se défier de Politique et de Democratie, a été remise sur le droit chemin de la vertu étatiste.

Alors pourquoi rien ne marche ? Pourquoi le châtiment ne prend pas fin ? N'avons nous pas payé le prix de nos erreurs passées ? N’avons nous pas suffisement renouvellé notre sainte alliance envers le Dieu Etat et ses anges, Politiques et Democratie ? N’y-a-t-il pas assez d’Indignés qui s’ammassent dans les places de nos capitales des Etats-providences pour implorer leurs retours ?

Que se passe-t-il ? se désespèrent les fondamentalistes de l'Etat.

Le châtiment est là, en effet. Et il durera tant qu’ils n’auront pas compris que la source du mal est cette vénération sans borne pour ce faux dieux qu’est Etat et ses peuso anges, que sont Politique et Démocratie.

En m’extrayant du discours religieux, je préciserais que cette crise n’est pas qu’économique, elle n’est pas non plus que social, elle est aussi epistémologique. Je pourrais dire idéologique.

Elle naît de notre refus, ou du moins du refus nos élites arrogantes, de percevoir la réalité pour ce qu’elle est. D’admettre qu’il y a des lois économiques et qu’elles sont indépassables, et que les comprendre et les respecter c’est ne pas se soumettre, mais au contraire s’émanciper et gagner sa liberté.

Cette crise est le fruit de nos croyances en la toute puissance de l’Etat et de sa Providence, dans l’illusion qu’un petit nombres peut organiser nos vies comme si ce n’étaient qu’un rouage parmis des millions d’autres d’une grande machine qui auraient pour nom La Société.

L’idéologie actuelle, qui se veut pragamatique, anti-idéologique, pseudo expérimentale et relativiste, portée par nos représentants et nos intellectuels à l’unisson dans leur fausse opposition, est la cause de cette débâcle.

Ce n’est pas qu’une simple affaire de mauvaises productions, d’investissements malheureux, d’erreurs de business-man, de créanciers floués ou de débiteurs insolvables, c’est un problème plus profond, à la racine de ce qui fonde nos sociétés,de notre pensée, de notre façon de réfléchir et de construire nos idées. Le mal s’est répandu dans tous les pans de la pensée occidentale et désormais ronge, je le crains inéluctablement, ses fondations.

Pour étayer ma thése je peux citer parmi tant d’exemples un passage issu de l’editorial Economique du Libération en date du 8 aout 2011 qui s’achève sur ces mots : “les citoyens comprendront que ceux qu’ils ont élus n’ont plus aucun pouvoir sur la réalité “. Voilà l'erreur majeur de ceux qui pensent contester le systéme actuel et qui n'en sont que les idiots utiles, pour être plus proche de la vérité, il aurait fallu dire que les citoyens comprendront que ceux qu’ils ont élus n’ont jamais eu de pouvoir sur la réalité.

Il n’y a proprement parlé aucun pouvoir sur la réalité, on ne peut pas par un acte de volonté magique, à l’instar d’une divinité, transformer le monde selon ses desirs. Encore moins avec le politique qui n'est rien d'autres qu'un caprice d'enfant dont on fait une science académique.

Et ces hommes politiques ,qui se prétendent socialistes ou néoliberales, ne sont que les multilples facettes de cette social-démocratie, ce contructivisme moderne anti idéologique, mangeur d’epistémologie cohérente, qui nous a jeté dans les affres de la crise.

Ils tentent de nous sauver en employant les mêmes artifices qui ont causé tant de mal. Ils se font passer pour des surhommes, aux allures d’hommes du peuple, qui prétendent trouver par la force de leur action mystique notre salut.

La débâcle sera longue.

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