mardi 31 mai 2011

Le culte de l'Etat












En cette époque d'obscurantisme et d’occultisme politique ne soyons pas surpris par les rassemblements qui prennent forme sur les grandes places de nos capitales européennes. Ne soyons point surpris, elles ne sont que le symptôme patent d’un phénomène mystique qui transcende nos sociétés occidentales, une croyance magico-religieuse qui trouve son origine dans les profondeurs de notre inconscient archaïque et tribal.

Non pas que je dénie le malheur de ces jeunes gens sans emploi ni avenir qui les poussent à protester, à aller manifester, mais ce que je constate c’est que le fait, lui même de protester et de manifester, de faire appel à, de se rassembler pour exiger et revendiquer, est la véritable raison qui amène ces jeunes gens à se réunir dans nos agoras contemporaines. Besoin irrépressible de communier ensemble, de prier, de faire la messe, de réaliser le rituel, d’incanter pour faire plier la réalité, oui cette réalité dont on ne veut jamais plus entendre parler.

Interrogeons nous sur ces braves gens pétris de bonnes intentions. Quelle est leur foi, quel est l’objet de cette foi ? Qui vénère t-il ? A qui exige-t-il des comptes ? Quelles sont leur divinités ou la divinité (ou peut-être le dieu !) ? Qui sont les prêtres qui ont manqué de piété envers l’idole et qui ont trahi la loyauté de leurs fidèles.

C’est une croyance qui aujourd’hui, en notre prétendue époque de progrès et de vérités toutes relatives, ne peut plus prendre la forme des anciens cultes millénaristes ni des hérésies d’antan, modernité oblige, un relookage est nécessaire, mais une forme plus subtile qui domine aujourd’hui de façon omnipotente et totale, celle d’un culte, l’ultime culte de notre époque, dont l’abstraction a atteint des niveaux jamais atteints par le passé, je parle évidement du culte de l'État et de son expression dans le réel, son avatar : le politique.

Je pourrais employer le terme de démocratie réelle, participative,sociale etc....L’occulte et le magique ne manqueront jamais d’imagination pour se redéfinir sans cesse. Aujourd’hui ils sont politiques, demain seront-t-ils écologiques ? La boucle est bouclée, mère nature te revoilà ! Tu nous a jamais vraiment quitté.

Alors qu’est-ce la Politique ? L’art de rendre le mot réalité, de le rendre réel, de ne plus le soumettre au physique, c’est la force de l’incantatoire pour soumettre notre monde à notre volonté, c’est un caprice qui devient théorie, un sentiment d’enfant dont on fait une science académique.

D’autres m’objecteront que la définition du politique est le chose qui régie la conduite des affaires de l’État. Certes, mais je parle de ce que le ou la (pensons à la parité des sexes) politique représentent aujourd’hui, de ce que l’État symbolise maintenant. Une puissance, un léviathan qui doit régir et améliorer nos vies. Il est un dieu qui transforme et exauce par la puissance de ses institutions.

Et ses enfants, cette jeunesse qui se masse pour faire appel à lui, pour lui demander pardon de ne pas avoir suivi ses commandements, et de s’être tourné vers le veau d’or qu’est l’individualisme ou le capitalisme, qui s’indigne, tel les prophètes de l’ancienne Jerusalem, ses indignés sont les pharisiens qui dénonce avec force et conviction le manque de piété évidente dont font preuve les prêtres du temple, les serviteurs du dieu État, nos élites politiques ! fonctionnaires, technocrates et hommes politiques, et qui ont dévoyé les commandements suprêmes de la société démocratique actuelle.

Ils s’indignent en masse, ensemble, dans un rituel collectif de déni de la réalité. Il faut que la démocratie devienne réelle scande-t-il, maintenant ! la démocratie ; le pouvoir de la majorité, le nombre qui gouverne, l’écrasement de l’individu, la fin de la rationalité, la démocratie réelle, c’est exiger la fuite dans le groupe, la disparition de soi dans un tout plus grand. Le sacrifice pour la divinité, l’abolition de la personne et de son identité propre.

On n’existe plus, ainsi il n’y a plus de choix personnel, de liberté, de responsabilité.

Bastiat en son temps avait raison par ces quelques lignes prophétiques au sujet de ce qu’il adviendrait à un peuple vénérant l’ État : “ on s'apercevra qu'on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d'un ministre ou d'un préfet même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d'avoir perdu jusqu'à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice”.

1 commentaire:

  1. Ha ha, ce Bastiat, décidément, quel clown.

    Des hommes qui comptent sur un état finissent par ne plus savoir subvenir à leurs propres besoins comme des hommes que l'on équipe de toilettes ne sont plus capables de chier dans la forêt.

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