mercredi 7 décembre 2011

De l'inanité des Eurobonds



Je ne suis pas un économiste, mais j’espère être doté d'un certain bon sens qui me permette encore d'analyser les évènement chaotiques actuels et d'en tirer des conclusions vraies.

Mais peut-être suis-je stupide, moi simple blogger ?

Ainsi on entend ci et là les socialistes Français s’exaspérer de l'absence d'Euro-bond ou d'euro-obligation dans les discussions qui animent le couple franco-allemand. Cet outil financier serait le remède de nombres de nos problèmes et serait un pas salutaire vers une Europe plus intégrée, plus politique, plus solidaire, en somme  plus avancée dans son processus de construction qui ne semble jamais connaître de fin.

Alors quels sont-ils ces Euro-obligations ? Au passage remarquez le caractère impératif de ce nom :  l'Euro devient une obligation au quelle nul ne peut échapper. Le principe est simple ; il consiste en des créances émises au nom de tous les pays européens. Ainsi ceux dont le marché n'accorde plus aucune confiance pourront de nouveau emprunter à des taux acceptables en bénéficiant de la bonne tenure des meilleurs élèves.

Je ne reviendrais pas sur le caractère pernicieux d'un tel montage financier qui inéluctablement aggravera la situation sur le moyen terme par un aléas moral aux dimensions gargantuesques.

Non, je vais me focaliser sur l'actualité. N'existe-t-il pas un outil similaire dans notre paysage financier ? Ne le voyez vous pas, là, juste devant vous ?

Je vous assure, il bel et bien présent. Et il a pour nom FESF, fond européen de stabilité financière, dont le but est d'assurer le financement des pays en difficulté par l'émission de créances sur les marchés. Ce véhicule financier tire ses ressources par de l'argent qu'il emprunte à des taux avantageux, car il bénéficie de la bonne note des pays vertueux de la zone euro. Immédiatement on note la similitude dans le fonctionnement, entre euro-bond et fesf.

Et si vous suivez l'actualité, au moment où j'écrits ces lignes, le FESF a vu sa capacité à agir mise en doute par les agences de notation, car les pays devant en être les garants, la France et l'Allemagne, ne sont plus à leur tour dans les bonnes grâces de ces agences.

S'il en va ainsi du FESF, pourquoi en serait-il autrement pour les Euro-bonds, dont la bonne signature repose sur les pays dont la vertu est subitement devenue incertaine ?

Une dénomination différente changerait la donne ? Appeler autrement la chose ferait-il plier la réalité à nos désirs ? C'est en effet une pratique très répandue parmi les rangs de notre classe politique et intellectuelle. Jouer avec la signification des mots pour nous occulter notre perception du réel.

Mais j'ose espérer que ces artifices sémantiques, à force d'être employés sans vergogne, cesseront de berner les gens.

Car se moquer à ce point du monde devient presque indécent.


mardi 6 décembre 2011

Le prototype du technocrate Français



Une declaration récente dans les médias par un personnage méconnu du grand public fait état de façon presque caricaturale de l’idéologie qui gouverne les esprits de notre élite. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, produit de l’ENA, dont la carrière est un archétype de Haut fonctionnaire.

Tout empreint de son idéologie il a, avec aplomb, déclaré qu’un “éclatement de la zone euro est hors de question. Il n'y a pas de plan B”.
Ces quelques mots refletent avec une rare clarté le mode de pensé qui gouverne cette personne, et ces nombreux semblables qui occupent les hautes fonctions de nos institutions. Dans leur esprit aucune place n’est faite à une alternative à l’Euro, à l’Europe et à sa perpetuelle construction. Pour eux, du moins selon leurs discours, il n’y a pas d’autres horizons que cette Europe, je dénonce celle bureaucratique, centralisatrice, qui depuis Bruxelles impulserait ses ordres, et non celle libérale et multicentrique qui fut un temps ses principes. 

 Est-il sincèrement persuadé que cette Europe est notre seul salut, ou craint-il que la disparition de l’Euro  se doublerait de celle de sa place et de son influence ?

Question à laquelle je serait bien présomptueux de répondre.

Mais cette déclaration est bien le symptome d’une profonde maladie qui ronge nos sociétés. Celle que je dénonce à maintes reprises, au risque de lasser, dans mes divers billets, et dont le caractére anti-libérale n’est plus à démontrer ; le constructivisme.

Que l’on peut aussi nommer ingénierie sociale, et qui “procède par l’imagination” , comme l’expliquait Bastiat dans une lettre à Lamartine . “La société n’est pas pour elle un sujet d’observations, mais une matière à expériences, elle n’est pas un corps vivant dont il s’agit d’étudier les organes, mais une matière inerte que le législateur soumet à un arrangement artificiel” .

Je la qualifierais aussi de système de pensée où l’individu n’est pas un être agissant, mais un automate aux comportement constants. Ou mieux encore, selon le seul angle valable, éthique ; organisation sociale de la violation des droits de propriétés privées.  Cette propriété privée qui est indissociable de la capacité d’agir de l’être de raison  et de constater le résultat de ses actions.

Cette maladie, ce constructivisme, prétend organiser la vie des hommes, en ignorant leur nature propre, celle d’être libre. Attention, par libre, je ne signifie point être omnipotent ou omniscient. Les choix de chacun sont limités par notre environnement et nos capacités. La liberté, dans sa définition politique, se ramène à sa plus simple expression, le principe de non agression, par l’abrogation de la coercition. La suppresion de la contrainte faite par les uns aux autres.

Mais revenons à Christian Noyer . Il m'évoque un membre de la nomenclatura soviétique, qui en début 89, s’imaginait que l’URSS durerait encore 100 ans. Il ne semble point échapper à ce carcan européen, au mieux il tolère un type de construction, une variation dans la forme de l’édifice, un autre arrangement dans la disposition des piéces. Dans quelle mesure la banque centrale peut-elle racheter de la dette ? La cours de justice européenne punira-t-elle les mauvais éléves ? De quelle manière ? Quelle sera le rôle de Bruxelles ?
Toujours et implacablement les mêmes acteurs, la même scène, la même pièce, sans jamais remettre en cause leur légitimité. Et qui sont indéniablement la source de nombres de nos maux.


jeudi 1 décembre 2011

Une élite en déroute










Nous vivons en directe la spectaculaire déroute de nos élites technocratiques, qui s’apprêtent à être emportés par cette puissante lame de fond qu’est la crise. La débandade est telle, que l’Europe, cette construction qui se devait de durer tel un troisième Reich politiquement correcte des temps modernes, s’effondrent, devant nos yeux, comme un simple château de carte. Ils sont loin les beaux discours d’union baignés d’une écoeurante harmonie des peuples, elles ont perdu de l'éclat ces grandes chaînes humaines où se tiennent mains dans la main les enfants de toutes les ethnies du monde sur fond de heal the world.  On découvre une Europe, non plus en pleine construction, mais en plein processus de déconstruction. Une Europe, qui si elle persiste dans cette voie de la construction technocratique, aura ce qu’elle a toujours cherché à éviter ; la guerre.

Mais les élites sont tenaces, elles refusent obstinément le jugement du marché, c’est-à-dire de vous et moi ,et elles s’accrochent avec l'énergie du désespoir à ses prébendes et ses privilèges. Elles tentent par tout les moyens de rester en place et de sauver ce qui peut. En témoigne cette ascension éclair de nouveaux chefs d’Etat, tous issues des rangs de la technocratie mondiale, nomades des organisations internationales, transfuges de banques centrales à banques privées, vous l’aurez deviné je fais référence à Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos.


Forgés dans le mêmes moule, ils ne sauront trouver aucune autre solution que celle que l’on a déjà appliquée, celui du constructivisme. En somme de résoudre le problème depuis le sommet, à la manière des planificateurs de l’ancienne union soviétique, avec la même arrogance de se croire suffisamment intelligent pour embrasser la société d’un seul regard. Évidement, à la différence de ce lointain cousin des steppes russes, qui se distinguait par des pratiques mafieuses à peine voilées, ils se feront passer pour les défenseurs de la liberté, jamais  n’emploieront ouvertement la violence, et tenteront d’arriver à leur fin par des voies plus douces et rusées.

Mais y arriveront-ils ? Arriveront-ils à conciler les intérêts inconciliables des multiples groupes d’intérêts privés qui pullulent dans nos états providences et qui ont donné raison à Bastiat, quand celui définissait l’Etat comme la grande fiction sociale ou tout le monde s’efforce de vivre aux dépends de tout le monde ? Arriveront-ils à faire plier les lois de l'économie, ces infernales et entêtés faits économiques, qui aujourd’hui se manifestent violemment par ce maelström économique ? Arriveront-ils à réduire les individus à de la matière inerte, ce qui siérait bien à leur esprit tout empreint d'ingénierie sociale ?

Il est clair qu'ils ne peuvent point.


Les grandes banques sont endettées, à un seuil presque irréversibles, et les Etats, qui sont leurs garants, le sont aussi. De l’autre côté de l’atlantique, les USA font pâles figures et ne pourra plus nous aider par l’entremise du FMI, et finalement la Chine commence à goûter aux effets pernicieux de l’inflation monétaire. C’est le monde entier qui s’embrase.

Ce sont toutes les technocraties, tous les constructivismes, quelles que soient leur origines, leurs couleurs, leurs parfums, leur déclinaisons, leurs localisations dans le monde qui vacillent avec force.

Vont-elles trouver pour la énième fois une solution dans un nouvel empilement de constructions étatiques et para-étatiques ? Vont-elles se lancer de nouveau dans cette course  vers la violation des droits de propriétés privées dont on voit une centralisation se dessinait à l’échelle mondiale ? Y aura-t-il une banque mondiale avec une seule monnaie sous l’égide d’un gouvernement mondial ?

Ce serait le rêve de beaucoup, de tous ceux qui salivent sur un poste d’ultra-haut fonctionnaire que ces institutions supra-nationales pourvoiraient, mais ce projet connaîtra une fin amère car il se brisera, comme toujours, sur la réalité des faits
Et c'est là notre seul espoir.

lundi 14 novembre 2011

La politique : notre mystique moderne.






Un mal ronge l’âme de notre société française, un mal puissamment enraciné dans ses entrailles et qui ne cesse de l’empoisonner. C’est une croyance mystique dans le pouvoir incantatoire des mots, un culte dédié à la toute puissance de l’invocation verbale, je veux parler de la politique.

La politique, courroie de transmission du culte de l’État. La politique qui prétend rendre immanente les idées.

En ces temps de crise, on exige plus de politique, on réclame un retours du politique, on se lamente d’avoir abandonner la politique aux griffes de l’économie. La politique doit reprendre le dessus.

Il faut bien comprendre que tout ce charivari relève de la pensée magique, mystique et ésotérique. Que cela n’est qu’une manifestation de croyances archaïques, qui prétend plier la réalité par la force des mots. C’est-à-dire en dehors de toute action concrète, que celle de penser.

Il faut réaliser que ces appels à plus de politique ne sont là aussi, qu’une manifestation moderne, à pratiquer le rituel pour conjurer le mauvais sort. A se rassembler pour faire appel à des forces occultes qui nous sauveraient du chaos, qui en nos temps de progrès tout azimut s'appellent politique.

Il est illusoire d'espérer, qu’un rassemblement autour d’une table, dans un temple dédié à la politique, que l’on appelle plus communément institution ou organisme nationale ou internationale, pourrait résoudre cette crise par la recherche de solutions politiques. En faisant des propositions, en éditant des lois, en promulguant des décrets, en organisant des rencontres au sommet, des G de n'importe quel multiple, ou que sais-je encore, et qui ne sont rien d’autres que l’équivalent actuel des offrandes dans l’espoir d’invoquer la pluie, on ne pourra faire plier la réalité. La réalité avec ces tenaces faits économiques.

Car en notre soit-disante époque de progrès la politique consiste à s’affranchir de la réalité. Du réel, de son épaisseur étouffante qui frustre les rêves.

En effet cette pratique de la politique, ou plutôt d'exiger du politique, car la politique a rarement fait la preuve de son efficacité, détourne les gens, ses adeptes, de cette réalité.

Alors que le marché, la propriété privée des moyens de productions, est un processus de découverte, selon les termes de l'économiste de l’école Autrichienne, Israel Kirzner, j’ajouterais pour ma part un processus de découverte du réel, du monde réel et de ses habitants, la politique, à l’inverse est un processus d’occultation du réel, elle nous en détourne, elle nous éloigne de ce monde réel et de ses occupants.

De plus la politique, dans sa forme actuelle, consiste principalement, quand elle se décide à agir, à se lancer dans une pratique permanente de la violation des droits de propriétés privés. Cette pratique, qui consiste toute bonnement à un pillage ou à une spoliation légale, détruit des richesses et de l’information. Elle désorganise la société. De nouveau, celui qui la pratique tente de s’affranchir des autres ; de leur existence et de leur réalité.

Ainsi le mal de la politique est double, par ses incantations et sa pratique elle donne le faux espoirs de changer le réel, et par ses effets et ses conséquences néfastes elles aggravent les choses. Dont on pense trouver un remède par plus de politique. Par plus incantations. En approfondissant le culte. Toujours plus loin. Toujours plus ésotérique et occulte.

Il n’y aurait de politique efficace que celle qui restaurerait les droits de propriétés privées. C’est à dire qui replacerait le sujet agissant au centre de la société et dont la souveraineté serait intacte. Cette politique verrait son influence très réduite, presque inexistante, marginale dans les affaires des hommes, un reliquat du passé.


Mais aujourd’hui nous sommes bien éloigné de cet idéal, au contraire comme je le précisais plus haut, la politique est devenue une croyance, une forme de magie moderne qui nous offre le salut par le déni de réalité.

Elle est cette nouvelle pensée magique, la religion païenne de nos temps modernes, et les temples que nous lui élevons pour faire appel à elle ne sont que cet enfilade d’institutions aux nos acronymiques qui prétendent réaliser nos souhaits.

samedi 5 novembre 2011

Madoff et le FESF















Madoff et le FESF( Fonds européen de stabilité financière).

Pourquoi associer ces deux noms ? Qu’ont-ils en commun ?

Au premier abord tous les opposent, l’un est l’escroc du privé, le capitaliste arnaqueur qui sans vergogne, le cigare à la bouche, le ventre adipeux, dépouillent ses victimes par des promesses d’argent facile, le second, une construction bureaucratique, un chevalier au service des États, à l’idéal pur, qui part sa force de frappe, va vaincre les attaques spéculatives qui nous pillent de nos droits sociaux.

Ils n’appartiennent pas au même monde.

Et pourtant ils ont un point commun, une construction commune, identique, de même nature ,que l’on appelle pyramide de dettes.

Le principe est simple. Les premières dettes contractées seront payées par de nouvelles dettes contractées, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’argent que l’on peut emprunter vienne à se tarir, comme en temps de crise.

Madoff le frauduleux, le symbole de cette époque amorale, mais les honneurs devraient revenir à Ponzi, qui en 1920 avait instauré un tel montage financier, dont on sait l’existence si précaire. Madoff n’est que le dernier d’une longue liste de frauduleux personnages qui se sont succédés durant ce siècle.

Et le FESF dans tout cela ? Pourquoi citer ce bel ouvrage du salut ? Pourquoi l’associer au brigand Madoff ? Car lui aussi, malgré son apparence vertueuse se révèle Madoffien, ou Ponzien devrais-je dire.

Lui aussi veut épurer des dettes, en contractant de nouvelle dettes. Lui aussi se lance dans l’établissement d’une construction financière hasardeuse à la Ponzi. En y regardant de plus prés, le FESF est tout Madoffien, il est empreint de son esprit, il transpire le Madoff, il parle le Madoff, il agit Madoff. Certes il n’est pas habité par des capitalistes gras et avides, mais plutôt par des impersonnels bureaucrates secs et distants, qui nous citent en boucle des mesures statistiques aussi inutiles qu’imbuvables.

Mais le principe reste le même, rembourser des dettes par de nouvelles dettes, jusqu’à ce que l’argent se tarisse, comme en temps de crise.

Madoff et le FESF. Les deux faces d'un même système.

Leur virulence parait semblable, de même nature, de même intensité, d’une vigueur et d’une malfaisance égale. C’est faux ! L’un des deux est plus corrosif dans sa nuisance. Et ce n’est pas celui que l’on croit. Ce n’est point l'escroc qui arpente les rues de New York à la recherche de proies faciles, non au contraire, c’est le chevalier de le Providence Étatique, celui qui est censé résoudre la crise des dettes des États Européens. C’est le FESF. Cette arme de frappe.

Et on peut en dire de même de toutes les constructions de ce type qui pullulent dans nos États, si généreux et protecteurs. Les plus remarquables sont les systèmes de retraite par répartition, véritables pyramides de dettes, gigantesques édifices élever à la gloire de Madoff et de Ponzi.

Et après un examen rigoureux des organes qui composent nos États, on réalise que Madoff est partout, il est la charpente de notre monde, et je peux le proclamer haut et fort, nous sommes à l’heure Madoffienne, nous célébrons de façon permanente Madoff. L’Etat Providence n’est que la part public de Madoff. Il est sa consécration collective.

Ce qui distingue Madoff du FESF et de ses cousins est la liberté de contracter. Ceux qui furent dupés par Madoff, le firent librement, alors que le FESF repose sur les contribuables, qui eux n’ont pas le choix. On ne leur a jamais demandé leur avis.














Dans un contrat Madoffien, le principe de responsabilité est encore présent, seuls les deux parties contractantes subissent un préjudice. Avec le FESF, les dégâts causés reposeront sur une masse anonyme de gens, qui par la force, seront obligés de payer. Par ce biais de la coercition le Madoffisme métastase dans toute la société.

Le crime de Madoff n’est pas d’avoir berné ses clients, mais d’avoir démontré aux yeux du monde en général, et des États en particulier, qu’un système de la sorte n’est pas viable. Qu’il est par nature fragile. Il a fait la preuve éclatante de son inefficacité.


Les États inévitablement, et le FESF en première ligne s’écrouleront. La pyramide des dettes est implacable dans sa capacité à tout détruire. D’ailleurs qu’est ce qu’une pyramide ?
La sépulture des Pharaons, dont le corps y est soigneusement embaumé, conservé, et évidé de toute ses viscères, paré pour le grand voyage vers l’au delà, un peu comme nos États Providences.

Le FESF est leur sépulture.

mercredi 19 octobre 2011

L'idéologie socialiste des banquiers

















Ces derniers mois l’actualité économique a été émaillée par de nombreux revirements boursiers, dessinant des courbes en forme de montagnes russes et provoquant des vents de panique dans le monde.

Les marchés boursiers semblaient de nouveau pris de folie. Leurs adversaires y voyaient clairement leur irrationalité ontologique et funeste.

Avant de continuer plus en avant, je me dois d'apporter une précision sur la terminologie employée. Ce ne sont pas les marchés qui sont devenus volatiles, mais les acteurs du marché, ou plus précisément les valeurs de leurs actifs côtés sur ces fameux marchés boursiers. Ces derniers ne sont en fait qu’un lieu, virtuel, où les échanges se produisent.

Accuser les marchés d’être à l’origine de la crise, ce serait accuser le thermomètre d’être à l’origine de l’hyperthermie. Celui-ci, comme les marchés, ne fait que constater des phénomènes.

Les marchés ne sont ni fous, ni irrationnels, attester de cela serait faire preuve d'anthropomorphisme : en d’autres termes de prêter des traits humains à des concepts abstraits.

Au contraire il y a une logique dans ces mouvements erratiques. Je n’aurais pas la prétention d’expliquer les causes de toutes ces secousses, mais je peux en donner quelques raisons.

Régulièrement ces deux dernières années, de façon quasi-cyclique, épisodique, saisonnière, les bourses, en proie à une chute, ont remonté de façon spectaculaire devant des annonces faites par les gouvernements ou par certaines institutions dites internationales. De nombreux acteurs du marché ont guetté de ces gouvernement ou de ces institutions des signes favorables qui les ont rassurés.

Quels sont-ils, ces signes favorables ? Quelle est la nature exacte de la politique a appliquée pour apaiser ces acteurs du marché en grande détresse ?

Dans le contexte actuel les acteurs du marché les plus fébriles sont les banques qui empêtrées dans leur actifs toxiques, le plus souvent d’État, ont besoin de liquidité, en somme d’argent.

Ils reprennent des couleurs quand on leur assure soit ces liquidité nécessaires, soit de paliers aux défauts de paiements en se portant garant en cas de faillite.

Ces mesures ont pour résultante inéluctable de faire payer le contribuable.

Et que ce soit les États, le FMI, les banques centrales ou le FESF, ce sera in fine toujours ce malheureux contribuable qui payera.

Quelle que soit la complexité du dispositif mis en place qui le sépare de ce contribuable, se sera inéluctablement lui qui recevra l’addition. Ces agences, tel ce FESF, nouveau FMI européen, qui paraissent bien éloignées de nos vies quotidiennes s'avèrent avoir le bras suffisamment long pour nous atteindre en toutes circonstances.

Un telle politique, exigée par certains participant du marché, en particulier les banques, que l’on considère comme étant les portes paroles de l’ultralibéralisme, à de quoi surprendre.

En effet, si on se réfère scrupuleusement à la définition des termes ; le socialisme recherche l’appropriation de la propriété privée, en somme sa violation, alors qu’à l’opposé le libéralisme en fait le droit suprême et inaliénable.

L’impôt, par définition, se fait sans le consentement de celui qui le paye, et quoiqu’en dise les thuriféraires de la démocratie, la possibilité de voter en rien ne change ce fait. S’il se refuse à verser cet impôt, il subira les foudres de l’État. C’est une violation patente des droits de propriété privées, en somme un acte intrinsèquement anti-libéral, et hautement socialiste. Au mieux, je peux tolérer un impôt qui finance un État qui s’acharne à défendre cette propriété privée.

Il en est de même des manipulations que les banques centrales exercent sur la monnaie. L’inflation qu’elles provoquent est un impôt indirect et indolore, plus sournois que celui classique. Il ne peut se manifester que quand on assiste à un empiètement massif des droits de propriétés privées par le monopole d'émission de la monnaie qui est conféré à ces institutions, les banques centrales, que l’on pense à tort aussi nécessaire que l’air que l’on respire.

On en conclu que les interventions de ces institutions consistent à violer les droits de propriétés privée des individus, en d’autres termes de se lancer dans une massive entreprise de spoliation légale, pour se porter en aide à des groupes eux aussi privées, ou presque (et indirectement les États).

Et ce sont ces politiques, éminemment frauduleuses, qui revigorent un temps les marchés, ou devrais-je dire, certains acteurs du marché.


Ils exigent du socialisme, encouragent au socialisme, mais uniquement quand cela les arrange. Leur propriété privée, illégitime d'un point de vue libéral, doit restée intacte. “Privatiser les gains, socialiser les pertes”.


Malheureusement, ce vol de grande ampleur n’a que des effets limités dans le temps. Et quand ceux-ci sont passés, ces acteurs du marché sont tel des toxicomanes qui en redemandent encore plus. Une nouvelle injection d’argent volée.

La fugacité de ces politiques vient de la nature même de ce transfert d’argent, car “la spoliation ne déplace pas seulement les richesses, elle en détruit toujours une partie”. Le génial Bastiat ne cessera de m’étonner.

Les richesses viendront à manquer inexorablement, ce qui explique la précarité de ces politiques de type parasitaire. Et cela démontre aussi en quoi vouloir nationaliser les banques empireraient les choses, la spoliation deviendrait permanente.


Je me dois d’être plus précis, les coupables ne sont pas que les banques (et les Etats) mais aussi ceux qui se sentant rassurer par ces mesures d'expropriations revalorisent par leur achat les actions de ces établissements. Eux aussi, d'une certaine façon, appellent à plus de vol organisé quand ils revendent en masse les titres de ces établissements en quasi-faillite.

Remarquez que tous les acteurs marchés ne sont pas aussi détestable ; certaines entreprises ne connaissent pas la crise. Elle semble glisser sur elles, sans laisser aucune trace. Je pourrais citer en exemple Apple ou Google. En témoigne le bénéfice toujours grandissant de Google en ces périodes de cure d’austérité tout azimuts. Elles ne réclament pas l'argent des autres par la force.

D'autres aussi sont au courant du court terme de ces politiques et ne sont nullement rassurés quand les gouvernement et consort font des annonces, ils y voient uniquement une précipitation vers la faillite.

Que faire ? Mais laissez faire que diable ! Finalement ce marché, que l’on croyait amoral, s'avère être plus vertueux que l’on pensait en voulant expectorer de son corps ces entités malhonnêtes.


Et si on sait en analyser le comportement il nous offre un aperçu de l'idéologie frauduleuse qui anime certains.

Ainsi cette crise n’est pas qu’économique, elle est morale, sa cause, son déroulement et son fonctionnement sont liés à ces entraves aux droits de propriétés privés, c’est-à-dire à la souveraineté inaliénable de chacun des individus.

Les économiste du 19e se sont évertués à démontrer en quoi la violation de ces droits provoquaient implacablement des crises, on en a l’exemple patent aujourd’hui.

dimanche 9 octobre 2011

Petite pensée sur les agences de notation














L’Espagne, l’Italie et la Belgique sont dans le viseur de ces agences de notations qui font trembler les gouvernements du monde.

Elles somment ces pays de redresser leur compte pour rembourser des dettes dont ils se sont gavées sans retenu depuis des décennies. Désormais ils n’ont plus le choix, sinon leurs notes sera dégradées. Si tel est le cas ils ne pourront plus emprunter et seront en défaut ; terme élégant pour palier au vide juridique d’un état en faillite, car un Etat ne relevant pas du droit privé ne peut être mis en liquidation judiciaire ; c’est le règne de l’inconnu. Une situation qui relève de l’impossible pour nombre de ceux endoctrinés à l'Église de l’Etatovangélisme : l’Etat , c’est le règne de l'éternité et de l’immanence.

Les libéraux s’en réjouissent. Car ce signal fort oblige les États à se discipliner, ce que les politiques furent incapable de réaliser durant des années, comme le pointait si justement Alain Madelin dans une de ses tribunes.

Les critères de Maastricht sauvés par la bourse, en sorte.

En tant que libéral je reste circonspect devant cette conclusion que l’on tire un peu hâtivement. Je dirais même plus, je crains que ces avertissements ne sauvent en rien la situation.

La faute à qui ? Aux homme de l'Etat ? Oui, mais en partie.

Les agences de notations ont leur responsabilité dans cette affaire. Certes elles exigent, et à juste titre, aux gouvernements de redresser leur compte, si tant est, on peut, comme le détaille Georges Lane dans son blog, parler de comptabilité publique. Mais elles ne précisent pas de quelles manières.

Schématiquement, il se dessine à l’horizon de cette apocalypse financière deux voies de sortie, dont nombre de gouvernements empruntent un peu aux deux dans leur tentative de sauvetage.

Les États doivent soit accroître leur revenu, soit diminuer leur dépense.

La première solution exige d’augmenter les revenus fiscaux, en somme d’augmenter les impôts. La seconde solution requiert une diminution du périmètre de l’Etat, c’est-à-dire de réduire les activités de la puissance publique (impuissance serait plus juste).

La solution d’augmenter les impôts, profondément anti-libérale, aurait des effets dévastateurs sur l’économie et cette reprise tant désirée. La récession deviendrait une chose pérenne.

La seconde solution, au moins, aurait le mérite de libérer des services des griffes du leviathan, qui gagneraient en efficacité, phénomène qui s’accentuerait si les privatisations étaient accompagnées d’une baisse des impôts (qui paradoxalement aux premiers abords augmenteraient les revenus fiscaux).
Mais voilà les agences de notations ne semblent pas attacher de l’importance à la différence cruciale qui sépare ces deux types de politiques, l’une libératrice, l’autre asservissante.

Elles ne portent leur attention que sur les statistiques macroéconomiques des pays, les prévisions de croissances et les politiques adoptées qui permettent aux plus vite de réduire le déficit abyssal des états.

Elles ne font pas de distinctions, ou du moins elles ne semblent pas, entre des politiques dites libérales et celles dites keynésiennes. Ce qui comptent, c’est que les gouvernements, par n’importe quels moyens, redressent leur budget.

L’exemple le plus frappant fut l’avertissement donné par Standard and Poor en dégradant la note des USA après le débat houleux sur l’extension de la dette.

L’agence de notation s’est plainte du manque de coopération entre les parties pour solutionner le problème des déficits et de la dette américaine.

Les parties, et à juste titre, se sont battus bec et ongle sur la façon dont il fallait régler ce déficit gigantesque et cette dette colossale. Les républicains exigaient une baisse des dépenses et à minima de ne pas revenir sur des baisses d’impôts. A l'opposé les démocrates refusaient toutes diminutions des services publics et aspiraient à une augmentation de ces impôts. A mes yeux cette opposition est cruciale car elle dessine clairement la fracture idéologique entre les deux camps, visibilité nécessaire pour comprendre les enjeux d'aujourd'hui, et les choix à faire dans l’avenir.

Car cette dispute, au delà d’être un simple règlement comptable, était aussi un affrontement d’idée à la portée philosophique sur la façon dont une société doit s’organiser et prospérer.

Pour Standard and Poor, mais aussi Moody’s et Fitch, cet affrontement n’était au mieux qu’un face à face de radicaux obtus empêtrés dans leur idéologie rigide et imperméable à tout compromis, au pire un pure enfantillage qui révélait aux yeux du monde la dépravation morale des politiques de tous bords, incapable d’atteindre un consensus pour le bien être commun. De faire passer l’intérêt de la nation avant le leur. (et ils ne sont pas loin de la vérité)

Est-ce que Standard and Poor se fiche éperdument de la façon avec laquelle on redresse une économie ? Ce qui compte pour eux, c’est que l’argent arrive en flot ininterrompu pour rembourser ces dettes. L'Etat se doit d'avoir une manne fiscale suffisante pour s'acquitter de ses obligations.

Finalement, ces agences de notation, qui passent pour les hérauts de l’ultralibéraslime, se font plutôt le porte parole de ce fascisme du consensus que dénonçait Ayn Rand. Cette recherche perpétuelle du juste milieu, du compromis qui ne fâche point, qui en cette occasion pourrait être qualifiée de décision économiquement correcte. Elles sont imprégnées, finalement, comme une majorité des gens, de ce relativisme ambiant qui occulte toute réflexion constructive. Elles sont les victimes de l’ideologie de l’anti-idéologie qui s’immisce dans tous les champs de la pensée.

On ne peut faire de compromis entre un bon et un mauvais principe, on ne peut mêler les deux au risque de corrompre le principe qui est vrai.

La recherche philosophique de la vérité ne les intéresse nullement, et il est vrai que ce n’est point leur rôle, mais il ne semble pas que leur mise en garde, pour l’instant, aide au débat.

vendredi 7 octobre 2011

Les Insurgés made in USA du journal Le Monde.











Le Monde, notre journal bien aimé, et socialement responsable devant l'Etat Providence, peut pousser un soupir de soulagement, les USA ont leurs "Indignés".

Enfin, parmi ce peuple, connu pour son individualisme sans borne, se cache de courageux contestataires lucides qui ont suivi, contre vents et marées, la voie Hesselienne de l'indignation toute conformiste, pour se rassembler et protester.

Mais surtout pour réclamer plus d'Etat, et de sa Providence toute céleste.

Enfin, América is back !

Evidemment, Le Monde, n'avait jamais fait preuve de la même admiration pour les Tea Party, qu'il considérait comme une bande de conservateurs rétrogrades, racistes et bornés.

Pour les chroniqueurs de ce journal, ce mouvement populaire, il dirait populiste dans leur langue, avaient le malheur de s'attaquer à l'Etat et à son action prétendue sociale. C’en était trop, et malgré leurs indignations authentiques devant l’aide qu’Obama a apporté massivement aux banques, le fait qu’ils veulent moins d’Etat les discrétaient à jamais.

On ne peut battre le pavé que pour exiger plus d’Etat.

Voilà, c’est fait, des jeunes se sont rassemblés pour faire appel au Dieu Etat. Ils veulent plus de justice sociale, de redistributions de richesses et de services gratuits.

Enfin.

Je modére un peu mon propos à la lecture d’un récent article du Monde où à demi-mot il concède que les deux mouvements, Indignés et Tea Party, sont “unis par un même mouvement de rejet du système politique, certaine spontanéité populaire et une décentralisation, les deux mouvements pourraient jouer un rôle majeur dans l'élection à venir”.

Pour une fois ce journal offre une légitimité populaire au Tea Party et admet son aspect contestataire.

Mais ici s’arrête l’éloge. Jamais ce journal, perdu dans les abîmes du néo-marxisme,ne se donnera la peine d’examiner leurs idéologie politiques et de tenter d’en comprendre les ressorts.

Il espère de tout coeur, que ce mouvement des Insurgés finalisent cette marche que les USA ont entamé avec Obama vers le socialisme ( qui avait déjà débuté sous Roosevelt). Marche qui selon lui, le journal, est la seule voie du salut.

Pour ma part, je comprends les motivations de ces Indignés, qui ont de bonnes raisons de s’insurger contre une classe politique qui brille par son incompétence et son manque patent d’intégrité.

Toutefois, je m’oppose à leur grille de lecture, qui croit voir l’origine de la crise dans une soit-disante dérégulation de l’économie, alors que l’Etat n’a cessé de s’engrosser ces dernières années.

Je pourrais en dire autant des Tea Party, bien qu’ils me soient largement plus sympathique, eux aussi véhiculent leurs propres tares.

Leurs discours et leurs actions recèlent une contradiction presque mortelle. Ils demandent aux politiques de faire moins de politiques, ils exigent aux élus de moins redistribuer la richesse des autres, alors que c’est par ce biais qu’ils se font principalement élire. On pourrait m’objecter que c’est en promettant de moins redistribuer cet argent qu’ils ont gagné par voie electorale leur poste.

Tout cela nous démontre encore une fois de l’importance de l’idéologie qui sous tende les actions politiques et de la lecture que l’on fait avec de la réalité.

Les Insurgés doivent comprendre que les banques sont corrompues non pas parce qu'elles ne sont pas sous la férule d'un Etat bienveillant, mais bien parce qu'elles logent en son sein. Et la meilleure manière de les réguler, selon Ludwig von Mises, serait de les" placer [...] sous les règles générales des lois civiles et commerciales".

En somme de les privatiser totalement.