mardi 9 novembre 2010

La cohérence de nos socialistes


















En France nous avons le mérite, en matière d’idéologie, d’avoir les socialistes parmi les plus cohérents du monde. Bien que dans les faits ils aient par le passé appliqué des reformes de tendances libérales (le virage libérale de 83), ils n’ont jamais dans leurs discours varié d’un iota et preuve en est : ils n’ont pas ouvertement cédé aux sirènes du social-libéralisme dont Blair se faisait le grand champion et que de nombreux partis Européens de gauche ont suivies.

Encore aujourd’hui nos socialistes made in France font preuve avec éclat de cette constance dans leurs idées par leur projet sur l’égalité réelle.

Évidement nous ne sommes pas surpris que dans ce texte, ô combien salvateur, ils proposent d’augmenter les salaires, de taxer le profit des entreprises et des actionnaires, de rétablir des droits de succession plus élevés, d’approfondir la mixité sociale de nos écoles et d’accroître le taux de logements sociaux dans les villes.

Mieux encore, étant progressistes et donc grands innovateurs devant l’Eternel, ils nous ont pondu des merveilles de bêtise telles que l’obligation de scolarité dés le tendre âge de 4 ans, une allocation d'autonomie pour la jeunesse, et là, attention, ô grande perle, une aide au départ en vacances de 200 euros minimum pour les mineurs qui ne partent jamais en vacances ; à quand le droit au MacDo gratuit.
Il y aurait toutefois, dans les rangs de ces illuminés, des voix qui émettraient des doutes sur la viabilité d’un tel projet. Heureusement qu’ils sont là.

dimanche 7 novembre 2010

Méfions nous de la victoire des Républicains















Nous ne pouvons que nous réjouir, en tant que liberal/libertarien, de la victoire des Républicains lors de ces élections de Mid-term 2010, surtout lorsque celle-ci fut portée par une vague populaire, sous la forme des Tea Party, dont les idées majeures préconisent moins de gouvernement et moins d’impôts.


Mais ne soyons pas dupe, la politique a de retors qu’elle a cette tendance pernicieuse d’amoindrir dans les faits les ambitieux programmes et en particulier ceux de nature libérale.


Et de surcroît il est difficile de revenir sur des droits sociaux ou droit à (allocations, niches fiscales, privilèges etc...), en effet c’est par ce biais que les politiques sont réélus car il permet d’acheter les voix des électeurs, soit en leur offrant de nouveaux droits à soit en leur promettant de ne point abroger ceux dont ils bénéficient déjà.


Et plus la masse des bénéficiaires augmentent et plus il devient difficile de revenir en arrière.


C’est probablement la caractéristique principale de nos social-démocraties que d’être devenues selon les termes de Bastia une fiction sociale ou tout le monde s’efforce de vivre aux dépends de tout le monde.


Alors que vont faire ces Républicains fraîchement élus, vont-ils diminuer ce pouvoir qui leur permettra d’être réélus ?


Tout dépend en fait de la nature de l'idéologie des électeurs. Pour qu’un programme de type État minimal (pourquoi pas abolition de l'Etat ) puisse être appliqué il faut qu’une majorité des électeurs soient convaincus du bien fondé d’une réduction drastique de l’Etat jusqu’au point critique où chacun de ses électeurs accepte de se priver des avantages dont il bénéficiait.


Car en général on est toujours enclin à supprimer les allocations et/ou les privilèges des autres, mais cela devient soudainement difficile quand il s’agit des siens.

jeudi 28 octobre 2010

Quel entrepreneur ce Jean Valjean





De Victor Hugo, aujourd’hui et en matière de pensées politiques, on retient l’homme qui s’enflammait pour les grandes causes, qui dénonçait les injustices sociales et qui s’était fait le porte parole des opprimés et des pauvres du 19e siècle que son oeuvre majeure, Les Misérables, met sur le devant de la scène comme premiers rôles.

Mais connaissez-vous Victor Hugo le spécialiste en théorie économique ? Aussi surprenant que cela puisse être, dans ce même ouvrage qu’est Les Misérables, il nous fait preuve en quelques lignes# d’un bon sens en matière d’économie que peu de socialistes ont aujourd’hui. Jean-Val Jean, le forçat, le symbole même de la victime du système, sous une fausse identité, celle de M. Madeleine, a remis sur pied l’économie de la région de Montreuil-sur-Mer.
Par une innovation dans l’imitation des jais anglais et des verroteries noires d’allemagne (je n’ai aucune idée de ce que c’est) il aurait “prodigieusement réduit les prix de la matière première, ce qui avait permis, premièrement, d’élever le prix de la main d’oeuvre, bienfait pour le pays ; deuxièmement, d’améliorer la fabrication, avantage pour le consommateur ; troisièmement, de vendre à meilleur marché tout en triplant le bénéfice, profit pour le manufacturier “. Voici une admirable analyse des bienfaits d’une innovation dans l’industrie ; réduction des coûts de production, ce qui dans certain cas augmente les salaires, baisse le prix de la marchandise et accroît les bénéfices. Cette limpidité dans l’explication nous fait penser à Bastiat.
Puis il ajoute que “l’auteur de ce procédé était devenu riche, ce qui est bien, et avait tout fait riche autour de lui, ce qui est mieux”. Quelle surprise, il réhabilite en quelques lignes la notion tant honnis du profit. Ce n’est pas un jeu à somme nul où les gains des uns se font aux dépends des autres, au contraire, le profit se répartit entre l’entrepreneur, ses employés et les consommateurs ; tout le monde est gagnant. On renoue avec ce credo comme quoi la recherche de l'intérêt personnel, dans le commerce, se conjugue avec celui de la recherche de l’intérêt général. Mieux encore, un peu plus loin, il explique que Jean-Valjean dispose d’un “mince capital” qui “au service d’un idée ingénieuse [..] avait tiré sa fortune et la fortune de tout ce pays “. Rien n’est oublié. L’exploitation d’une idée ne peut se faire sans un capital de départ, c’est-à -dire une somme d’argent que l’on a épargné. Au fond, ce n’est qu’une reformulation du principe du capitaliste entrepreneur, seul moteur de la prospérité. Les deux notions sont indissociables. Il faut un capital de départ et l’idée pour en tirer des fruits. Mais où va-t-on si Victor Hugo se fait le pédagogue du capitalisme ?
Il revient sans cesse sur les bienfaits que l’industrie de Jean Valjean a apporté sur la région où “le chômage et la misére” sont désormais “inconnus” alors qu’avant son arrivé “tout languissait dans le pays”.
Autre détail remarquable dans la description de ce processus, c’est que cette création de richesses n’est pas le fruit de forces impersonnelles et mécaniques, jaillies de nulle part et pouvant être paramétrées par un État tout puissant, dont l’auteur met souvent en lumière les failles à plusieurs reprises dans son oeuvre, mais celle de l’action et de la volonté d’un individu à part entière. D’ailleurs quand Jean-Valjean, alias M.Madeleine est démasqué par Javert et doit prendre la fuite “la prospérité de Montreuil-sur-mer disparut”.

Evidement Victor Hugo n’etait point un libéral, école qu’il considère “très respectable”# mais dont il ne partage pas toutes les vues. Sa position en fait, qu’il exprime plus loin dans l’oeuvre, serait d’un celle d’un Blairiste où l’esprit d’entreprise doit suivre son cours pour assurer la création de richesses mais dont une partie doit être redistribuée aux nécessiteux. L’utopie de la troisième voie. Cependant, en quelques lignes, il démontre son exceptionnelle acuité en théorie économique, ou tout simplement son bon sens, que peu d’écrivains et d'intellectuels ( et aucun syndicaliste) de notre époque semblent disposer dans leur bagage intellectuel.

mercredi 8 septembre 2010

L'Ethique de l'argumentation











L’une des plus grandes contributions de Hans-Hermann Hoppe à la pensée libérale fut celle de répondre à cette question majeure : pourquoi le droit de propriété privée serait-il la valeur morale ou éthique suprême aux fondements des lois de nos sociétés ?

En effet, plus d’un libérale s’est retrouvé, par exemple lors d’un débat avec un socialiste, poussé dans ses retranchements idéologiques et obligé d’expliquer pourquoi le droit de propriété privée devrait être la norme absolue qui régit nos vies. Réponse d’autant plus difficile qu’en notre ère où le relativisme est maître, affirmer des valeurs aux caractères absolus est très mal vu.

C’est par un angle d’attaque surprenant au premier abord que le philosophe d’origine allemande répond à ce questionnement crucial : il use d’un procédé développé par son compatriote Jurgen Habermas ; l'éthique de la discussion. Le principe est simple ; le fait de débattre, de discuter, d’argumenter avec quelqu’un implique, de façon implicite, la reconnaissance de normes morales ou éthiques valables pour les deux interlocuteurs. Sans la reconnaissance au moins implicite de ces normes le débat ne pourrait avoir lieu. En d’autres termes elles sont nécessaires à son existence.

Quelles sont ces normes ?

Tout débat, toute argumentation entre deux personnes, et cela concerne aussi bien la triviale discussion de comptoir au PMU que la dissertation philosophique entre normaliens, nécessite que l’on se mette d’accord à minima sur un point ; le fait que l’on ne puisse pas être d’accord. Il est possible que les deux interlocuteurs ne puissent se mettre d’accord sur aucun point de la discussion, à l'exception de celui qu’ils ne sont pas d’accord. Cela paraît extrêmement tautologique. Mais cette reconnaissance de ce fait implique que chacun peut émettre les opinions qu’il désire et que l’outil qui assure l’expression de ses idées, c’est-à-dire son système nerveux central, ses cordes vocales, sa bouche, en somme tout son corps, lui appartienne. Il en a un contrôle exclusif.

D’ailleurs si on débat avec quelqu’un c’est que l’on veut, par l’argumentation et non par la force, changer ses idées, et en conséquence ses actions, car la production d’idée est une action comme une autre. Ainsi on veut le convaincre d’agir autrement. Convaincre quelqu’un d’agir autrement par l’argumentation, c’est reconnaître que c’est lui qui contrôle son corps et non vous, et qu’il modifiera ses actions uniquement s’il adhère volontairement à vos idées. Le terme volontaire renvoie de nouveau à cette notion de contrôle exclusif de son propre corps. Il est donc propriétaire de son corps et non vous, ainsi si vous discutez avec lui vous lui reconnaissez au moins cela.

Donc quand je débat, j’affirme que je suis propriétaire de mon corps et que mon interlocuteur est aussi propriétaire du sien. Il serait alors absurde de débattre de la possibilité ou non d’être propriétaire de son corps car rien que le fait de débattre implique d’être propriétaire de son corps.

Étant propriétaire de son corps, par extension et en suivant la logique Lockéene de la propriété privée, on est propriétaire de ce que l’on s’approprie en premier (à l’etat de nature), de ce que l’on produit ou de ce que l’on reçoit dans le cadre d’un échange volontaire. Et nous voilà sur les rails de la philosophie libérale, du libre échange et plus largement du principe de non-agression.

Mais pourquoi justifier le droit de propriété privée par le débat ou l’argumentation ? Après tout, nous ne sommes pas forcés de débattre pour régler nos différents, la force est une alternative très loin d’être impensable pour solutionner nos litiges. Et justement c’est sur ce point précis de l’alternative débat/force que repose cette réflexion. Ce qui distingue l’homme de l’animal quand aux règlements des conflits, par exemple avec l’appropriation de la nourriture, est que les hommes peuvent s’engager dans une discussion pour trouver une solution. Discussion qui use de la raison et de la logique qui sont le propre de l’homme et non des animaux. Évidement je ne prétends pas que les hommes sont guidés par une sagesse infaillible qui les affranchissent de tout conflit, au contraire l’Histoire nous démontre l’inverse par ses innombrables guerres. Beaucoup d’hommes se fichent éperdument d’autrui et usent souvent de la violence quand cela les arrange, et pour ma part cela ne m'empêchera pas après n’importe quelle discussion où je reconnais implicitement la propriété privée de mon interlocuteur sur son corps et ses biens de la violer l’instant d'après.

Mais du moment où deux hommes se lancent dans un débat ils affirment, on pourrait dire malgré eux, la norme de la propriété privée.

Et de plus c’est par la raison et la logique que nous pouvons trouver un moyen d’établir des normes objectives pour réduire les conflits à leur portion la plus congrue, c’est à dire dans les cas de légitime défense. Et c’est ce que Hans-Hermman Hoppe a tenté de faire au travers de cette démonstration par le débat/argumentation/discussion, moyens exclusifs que les hommes ont de communiqué pacifiquement entre eux, qui impliquent de facto la reconnaissance de la propriété privée comme norme morale.

Ainsi un socialiste est pris dans un piège contradictoire quand il tente de réfuter la propriété privée par l’argumentation. Car en argumentant contre la propriété privée il valide l’existence de la propriété privée qui est une condition sine qua non de l’argumentation. On comprend mieux pourquoi aujourd’hui et par le passé devant les incohérences de leur idéologie les socialistes de tout poil n’ont pas trouvé, pour arriver à leur fin, d’autres alternatives au débat, à la discussion ou à l’argumentation que l’usage de la force.







vendredi 27 août 2010

La route de la servitude médicale


















Les choses ont bien changé depuis la parution du plus célèbre des ouvrages d’Hayek ; La route de la servitude. Même si aujourd'hui l'État et ses hordes de réglementations sont revenus sur le devant de la scène (l’avaient-ils réellement quittée) et sont, il semblerait d'après beaucoup d'intellectuels, notre seule voie de salut , la libéralisation reste néanmoins un sujet abordable, une optique envisageable, qui rôde autour des destinés de la SNCF et de la Poste, et peût-être même de celles d’EDF et de sa consoeur GDF. Ce n’est plus une idée inconcevable comme dans les années 80 (même les Gaullistes n’auraient osé y toucher à ces entreprises) ; elle revient souvent sur la table ; en bref c’est une idée dans l’air.



Mais voilà, un domaine reste la chasse gardée de toutes les espèces de planificateurs, socialistes et bureaucrates connues à ce jour sur terre; à croire que sachant que les autres domaines finiront par leur échapper ils s'agrippent à celui-ci avec toute l'énergie du désespoir. C’est leur bastion sacré, leur temple inviolable, leur jardin sacré : c’est la sacro-sainte santé !



C’est même le cas de la très libérale albion ( en apparence) .“Cut the deficit, not the NHS” fut l’un des cris de guerre de campagne de Cameron ; on peut tout reformer la-bas sauf la santé, qui est d'ailleurs totalement étatisée. Les USA sont aujourd'hui affectés par ce même virus.



Et en France évidement c’est pareil. Mais ce qui est incroyable, c’est que l’évolution du système de soins et de santé Français suit pas à pas, presque à l’identique, les étapes décrites dans La route de la servitude. On croirait voir se rejouer sous nos yeux la même pièce, sauf que les acteurs et les rôles ont changé.



Examinons quelques une de ces similitudes troublantes entre l’oeuvre de Hayek et la réalité d’aujourd’hui :



Le terrain est le même



En effet, chose surprenante, en France, la santé, ou plutôt la production de soins médicaux, est un mélange très complexe de privé et de public, de services libérales et de services d’État ou publiques (la sécurité sociale est particulière étant publique mais pas entièrement d’État) le tout dans une atmosphère prégnante de corporatisme. Et cette situation de mixité qui est à l’origine de son instabilité, se manifeste soit par des coûts supérieurs aux recettes, soit par des défauts dans la production du service. C’est cette instabilité qui oblige les acteurs politiques à trouver une solution.




Mais le diagnostic est erroné



Pour la grande majorité de ceux qui se sont penchés sur le cas, le problème résiderait soit dans sa part libérale soit dans une réglementation inadaptée, alors qu’au contraire quelle que soit sa forme, c’est sa part étatisée ou réglementée qui est à l’origine du problème (par exemple le monopole de l’assurance maladie).



La liberté et donc le libre échange, dans les solution proposées, sont absentes



Comme dans La route de la servitude la liberté est totalement occultée comme solution aux problèmes, par liberté je me réfère à la définition originale du terme, être libre de toute agression, qui inclut la liberté de commerce ou du libre échange. Ainsi il est indécent de l’associer avec la notion de santé, c’est tabou, profit et soins de santé ne vont pas de pair, c’est impensable ; le marché n’a rien avoir avec les soins médicaux ; soigner n’est pas commercer. La liberté, dans ce domaine, est un vieux concept dépassé du 19e siècle. Quand on parlera de liberté, ce sera celle de ne pas tomber malade, avec son corollaire immédiat : le Droit à la Santé. On a tout simplement oublié que le moteur de la prospérité est la liberté, je parle de la vraie.



C’est le plan qui prime



Il n’y a de salut que dans le plan, il faut organiser, réglementer, administrer la santé pour l’améliorer ; l’erreur d’analyse est de nature épistémologique, les mécanismes du marché sont méconnus. Cet amour du plan, on n’en s’en cache même pas : on le proclame haut et fort dans les campagnes électorales, les plans se multiplient et se succèdent ; c’est le plan de lutte contre la dépression, le plan de lutte contre la maladie d’Alzheimer, le plan de lutte contre le cancer etc...On a atteint d’ailleurs le point d’orgue avec la création des Agences Régionales de Santé (ARS) où seront mis en place des plans quinquennaux de la santé (Si si ! ). La stalinisation ne se cache même plus, elle s’affiche fièrement. La liberté a décidément disparu du discours.



Et chacun y va de son plan



Et comme dans La route de la servitude, chaque plan proposé recouvre les intérêts d’un secteur particulier. Il y a le plan des professionnels de santés, de l’assurance maladie, de l’État, des associations de patients, des laboratoires, des mutuelles etc...Chacun défend son plan aux noms de l'intérêt général (parfois avec sincérité), alors qu’en fait il défend les intérêts du groupe concerné. Et les privilèges des uns se faisant aux dépends des autres, on assiste à une guerre institutionnalisée qui se manifeste sous la forme de grèves et de rounds (singulier cette référence à la boxe) de négociations sociales pour parvenir à un accord. C’est le fameux interventionisme chaotique tant décrié par Hayek où la société se situe entre le vrai communisme et le laissez-faire absolu.



Mais rien n’est solutionné



Et comme les avantages des uns se font aux dépends des autres, le problème est simplement déplacé. Il revient avec d’autant plus de forces et oblige à prendre de nouvelles mesures.



La bureaucratisation s’intensifie



Puisqu’on ne peut pas imaginer la liberté comme solution, on se rabat à nouveau sur de nouveaux plans et de nouvelles réglementations qui s’empilent avec le temps. On assiste à une bureaucratisation croissante du système qui complexifient toutes les procédures ; les médecins libéraux sont écrasés par la charge croissante de paperasse et les services médicaux doivent faire toujours plus de rapports sur leur activité ( jusqu’à parfois pondre des dossiers de 50 pages sur la façon de nettoyer les toilettes (véridique !). Au final le système perd encore en efficacité et le problème ne fait que s’aggraver.



Le lobbying et les actions syndicales prennent le pas sur la production du service



Le temps et les moyens utilisés à gagner des faveurs ou à préserver les privilèges sont autant de temps et de moyens en moins passés à produire le service en question.



Les absurdités du système deviennent légions



Comme l’homme n’est pas omniscient, la profusion législative engendre des absurdités assez surprenantes. Exemple : on interdit la production de Diantalvic (peût-être sous la pression de boites pharmaceutiques rivales) car dangereux (parait-il) et sans efficacité (comme beaucoup d’autres substances en vente) mais on permet toujours aux médecins de le prescrire et aux pharmaciens d’écouler leur stock pendant un an (il n’est pas si dangereux alors) ! Imaginez que l’on ait autorisé à écouler les stocks de sang contaminé. Par contre l’aspirine est en vente libre, c’est à dire sans ordonnance, alors que si ce si familier médicament avait été développé aujourd’hui il n’aurait pas eu d’autorisation de mise sur le marché (selon les critères actuels) pour ses effets secondaires trop nombreux.



L’esprit d’entreprise et la responsabilité vont s’amenuisant...



D'après les récentes statistiques seulement 10% des jeunes médecins ouvrent un cabinet, le reste préférant une activité de salarié ou de remplaçant. A quoi bon se lancer dans la création d’entreprise, au fond un cabinet de médecine se gère comme une entreprise, quand les obstacles législatifs et les prix contrôlés rendent difficile leur création et leur maintient. Toute nouvelle législation a pour conséquence de rendre incertaine les prévisions des entrepreneurs ; Hayek le disait très clairement, à force de vouloir tout planifier, l’autorité centrale rendait difficile, voir impossible, la planification que chaque individus élabore dans son coin pour ses projets personnels. Et l’on sait ô combien est important l’esprit d’entreprise pour produire, quelle que soit sa nature, un service.



...et l’on préfère au final acquérir un statut privilégié.



Puisque les gains sont loin d’être certains en activité libérale et les contraintes nombreuses, les jeunes préfèrent êtres salariés (et de plus en plus de vieux médecins), avec les avantages qui vont avec ; les congés payés, les RTT, les congés maternités et paternités, les procédures administratives simplifiées, sans se soucier de choses comme la comptabilité, les frais professionnelles, les versements à l’URSSAF qui vont avec la gestion de tout cabinet.

Certains même réclament que le métier de généraliste soit fonctionnarisé, à l’image de l’ Éducation Nationale. Les cabinets seraient ainsi d’ État (plus besoin de vérifier personnellement s’il y a encore du papier toilette dans les WC) avec un salaire fixe, des horaires, des répartitions sur le territoire etc..etc.. Et puis s’il y a un impair, ce n’est plus sa faute, mais celle du chef, de la réglementation en vigueur, du manque de moyen.

Les efforts s’orienteront non plus,comme cité précédemment, vers l’amélioration du service mais vers l’acquisition d’un statut favorable, au détriment comme toujours des consommateurs (eh oui on consomme des prestations de santé).



Les postes et les métiers deviennent eux aussi planifiés



Lors de la fameuse alerte grippale AH1N1 on assista à un revival soviétique impressionnant avec des queux sans fin devant les centres de vaccination et une organisation éclatante pour ses absurdités. Des spécialistes, tels des dermatologues ou des chirurgiens, furent réquisitionnés pour administrer le vaccin en lieu et place d’assurer leur métier de base. Classique erreur d’une hyper-reglementation qui conduit à des allocations de ressources inefficaces.



La coercition montre le bout de son nez



Comme personne semble faire preuve de bonne volonté pour l’intérêt général, qu’a chaque nouveau plan la situation ne s’améliore pas, mais au contraire s’aggrave, on hésite de moins en moins à utiliser la force.

On restreint la liberté d’installation des infirmières libérales et celles des médecins est régulièrement menacée . Les réquisitions des généralistes de campagne se multiplient à un tel point que ces derniers enchaînent des semaines de 90 heures et on prévoit même qu’ils soient obligés de demander la permission de partir en vacances ( alors qu’il n’ont pas de congés payés et sont une profession libérale; c’est un peu comme si un restaurateur devait demander la permission de partir en vacances). C’est un véritable embrigadement.

On restreint le libre choix des patients et on utilise les outils de propagande de l’ État pour les assommer à coup de messages de préventions débiles dans l’objectif de les sauver des nouveaux ennemis de notre temps; le tabac, l’alcool, les virus, le cholestérol et l’ostéoporose.

Toutefois comme le décrit si bien Hayek, le gouvernement un temps n’a pas la violence nécessaire pour arriver à ses fins. Il se veut bienveillant et conciliant ...jusqu’au jours où des voix s'élèveront pour prendre les mesures nécessaires à la survie du système. On attendra celui qui va discipliner tout ce beau monde d'égoïstes qui ne prennent jamais en compte l’intérêt de tous, et là, c’est certain, on va sauter à pied joint dans la dictature.



La planification d’une portion affectera au final tout le système



Limiter et réglementer les tarifs médicaux ne se font pas sans conséquences ; un prix est toujours relatif à un autre prix et varie toujours en fonction des autres prix. Réglementer un prix reviendra à terme de réglementer un autre prix. Si on réglemente les honoraires de médecins cela reviendra un jour à réglementer le prix des matériels qu’ils utilisent ( les bistouris par exemple), donc à administrer les entreprises qui les produisent (les entreprises de bistouri), qui elles même achètent d’autres facteurs de productions (les machines qui fabriquent les bistouris) et donc de proche en proche se sera toute la société qui connaîtra le même sort.



Cette liste est évidement loin d’être exhaustive.



Finalement, aujourd’hui, la santé se révèle être le cheval de Troie du totalitarisme. Sans s’en rendre compte, insidieusement, avec les intentions les plus louables, par la santé et les soins, un domaine qui en essence ne peut pas être malfaisant, on risque de répéter les erreurs du passé.


Hayek nous a sans cesse rappelé cet adage que la route de l'enfer est pavée de bonnes intentions.

dimanche 4 juillet 2010

Le culte de la déesse Croissance














Oh Croissance pourquoi nous as-tu quitté ? Oh divinité à la grande générosité pourquoi nous as-tu si soudainement abandonné aux griffes du démon Crise. Notre dieu État, sans toi Croissance, est affaibli à jamais, et il a besoin de toi pour guérir.


Les prêtres de ce puissant Dieu État nous sermonnent sans relâche sur notre comportement indigne qui t'a courroucé et fait fuir, oh toi Croissance. Ils nous accusent que des traîtres parmi nous ont été inspiré par un génie au terrible nom de Libéralisme. Libéralisme aime à causer le désordre en propageant des idées séditieuses telles que liberté, individualisme, spéculation et profit.


Mais gardons espoir ! La rédemption est possible. Croissance nous attendons ton retour.


Nos sacrificateurs d’État, ces prêtres à la sagesse infinie, guidés par les conseils des astrologues Keynésiens qui eux seuls savent lire dans les prix du marché tes injonctions, oh toi Croissance , peuvent nous ouvrir les voies de cette rédemption.


Ils nous disent que toi Croissance, en divinité capricieuse, qui sait se faire respecter et désirer, réclame, pour revenir parmi nous, ton dû en sacrifices. Ton prix est élevé, très élevé, mais nous sommes prêts à le payer. Il faudra consommer, consommer, consommer sans relâche, jusqu’à même épuiser Capital, qui n’est que le protecteur des vils rentiers qui ont causé notre ruine. Accumuler et épargner te font fuir Croissance, ces actes ne sont que le fruit d’un profond désintérêt pour autrui, c'est la manifestation la plus abouti de l'égoïsme.


Nous suivrons désormais tes préceptes à la lettre:


- Epargner tu renieras et consommer tu feras. Consommation est ta sœur la plus fidèle, oh toi Croissance.


- Tu te disciplineras aux injonctions des prêtres du Dieu État, qui dans leur grande magnanimité, exigeront de toi de travailler plus longtemps, parfois en gagnant moins, et si cela s'avère nécessaire ils te diront quoi faire, où et comment.


- Tu chasseras l’étranger et ses richesses qui sont impures et injustement produites.


- Tu croiras sans faillir dans ton système social si miséricordieux.


- Tu considéras le déficit et les dépenses comme source de richesses et la rigueur comme source de tous les malheurs.


Ainsi sont les préceptes que nous enseignent les serviteur du Dieu État.


Il faut avoir foi en eux, leurs prévisions sont infaillibles, et ainsi, toi croissance, tu reviendras.


Leur plan de relance, ce grand rituel collectif, où l’on verra s'élever de grands temples auX magnifiques noms de projets Publics, attira de nouveau ton attention, déesse Croissance, qui alors émue par cette myriade d’offrandes collectives reviendra ardemment nous protéger en ton sein, comme une mère avec son enfant.


Croissance, ta générosité égale ton implacabilité.


Mais les voies du salut sont semées d’embûches.


Il ne faudra pas prêter attention aux blasphémateurs qui diront que toi Croissance, tu n’est point une déesse mais que le simple produit de notre labeur, de notre volonté et de nos choix en homme libre.


Que tu es partie car la façon dont nous créons des richesses n’est plus suffisante, que nous consommons plus que nous produisons, que la structure de notre économie n’est plus adaptée à la réalité.


Que certain de nos projets, aussi bien publics que privés, se sont soudainement révélés inutiles et en conséquence toi Croissance tu as chuté.


Que le démon Crise n’est qu’un messager soucieux de nous ramener à la réalité par ses simples mots: “Tu est en crise car tu consommes plus que ce que tu crées, et parfois même ce que tu crées se révèle être inutile et ne réponds en rien au besoin de tous”.


Pire le démon Crise, vile et perfide créature, nous enjoint à écouter de nouveau les conseils du fourbe génie Libéralisme et de se détourner des imprécations des serviteurs du Dieu État qui bientôt seront ses prochaines victimes.


Oh! Croissance ne nous abandonne pas.


mercredi 30 juin 2010

La classique inculture économique de la presse française (et des français en général)








Les journaux français ces derniers temps, le journal le Monde en tête, font preuves d’une éclatante ignorance en matière de théorie économique, les imbécillités ne cessent de se succéder dans les articles qui prétendent traiter de la crise. Mais rien de nouveau sous le soleil ; cet état des choses n’est que le fruit d’un long demi-siècle de déni de réalité, de refus d'examiner les faits et de croyances démesurées dans la politique du père Noël.

Après avoir fait un éloge démesuré de l’intervention d’État et de ses bienfaits, aujourd’hui on nous explique, avec un pessimisme glacial, que nous sommes face à un terrible dilemme. Le genre de dilemme apocalyptique qui ne nous laisse que des options désastreuses; c’est le fameux choix entre la peste et le choléra.

Devant le déficit abyssal de nos États et de leurs dettes stratosphériques il faut que ceux-ci se résignent à baisser leurs dépenses; c’est la cure d’austérité, la politique de rigueur et j’en passe. Sinon gare : c’est la faillite!!

Mais si on réduit les dépenses de façon drastique; les fonctionnaires ne consommeront plus autant qu’avant, les entreprises privées de leur aides feront faillites et l’absence de projets publics détruira des emplois par millions. Les faillites se succéderont inéluctablement, le chômage explosera, la consommation s’effondra, alors d’autres entreprises feront faillites, ce qui aggravera le chômage, en conséquence la consommation chutera de nouveau, c’est le terrible cercle vicieux de la récession, la fameuse trappe à déflation ; on connaît la chanson.

Dans tous les cas on est foutu, il n’y a pas d’espoir.

Cette analyse des faits est révélateur de l’incompréhension des plus élémentaires lois économiques.

Quand un État (ou n’importe quel institution de nature privée ou public) est en déficit, c’est qu’il consomme plus qu’il ne produit, en d’autres termes il détruit plus qu’il ne crée. Il faut donc inverser la tendance.

Prenons pour exemple un village en autarcie dont la population consommerait plus de nourriture qu’elle n’en produit ; soyons franchement plus caricatural, le chef du village, ses sbires et ses favoris consomment plus de nourritures (qu’ils prennent de force) que le village (et ses paysans) n’en produisent.
Dans tous les cas ce village serait condamné à disparaître dans la famine.
Il ne viendrait à personne l’idée saugrenue de solutionner cette crise en proposant une augmentation de la consommation de nourritures du village ; sous prétexte que si, dans notre exemple caricatural, le chef, ses sbires et ses favoris en consommant plus de nourritures (qu’ils prennent de force) faisaient travailler plus les paysans. Le problème ne ferait que s’aggraver. En effet les paysans ne peuvent pas par magie augmenter leur production. Ce qui se passera avec un pathétisme remarquable est qu’ils s’épuiseront au travail pour finalement à peine pouvoir se nourrir eux et leur famille et au final la communauté disparaîtra.

Au fond c’est un peu ce qu’on nous explique tous les jours dans les média ! A la différence prés est que les gens n’accepteraient pas d’être taxer à outrance ; ce qui explique que l’État use de moyens alternatifs, par exemple l’emprunt (qui est un impôt reporté sur les générations futures) ou l’inflation (qui est un impôt invisible).

Mais si on réduit les dépenses de l’État, on nous répète inlassablement, il y aura une récession effroyable. Il y aura certes une crise , mais une crise est en fait le symptôme d’une situation mauvaise qui est devenue soudainement patente ; elle nous indique que quelques chose n’allait pas ( ex : on vivait au dessus de nos moyens et ça ne pouvait plus durer) et la crise nous sert de révélateur de cet état des choses.

Alors oui ! La crise aura un effet épurateur massif. De nombreuses entreprises disparaîtront, la sphère de l’État sera réduite, et tout cela durera jusqu’au retour à un niveau soutenable. Dans notre village autarcique, le chef,ses sbires et ses favoris devront cesser de prélever la nourriture de façon autoritaire et pourraient se rendre utile par exemple en améliorant la productivité des paysans.

Ce n’est pas la consommation qui crée de la richesse, c’est l’épargne.

En fait nos élites craignent par dessus tout cette crise car elle risque, comme je l’ai expliqué dans mon billet précèdent, de les emporter dans son sillage. Elles sont les premières responsables de cette gabegie financière.