lundi 3 août 2009

Les eternelles âneries du journal Le Monde

Article du Monde (01.08.09) intitulé : Barack Obama est confronté à la difficulté de lancer des réformes

Le journal le Monde se désespère que Barack Obama n'arrive pas à reformer les Etats-Unis, c'est à dire aux yeux du journal de gauche, à en faire un pays semblable à la France avec son système de protection social.

Car pour le journal le Monde, il n'y a de valable que des reformes qui vont dans le sens de plus de régulation par l'État et de moins de marché libre, de plus de solidarité et de moins d'individualisme, de plus de partage et de moins de profit, de plus de services publics et de moins de privés.

En d'autres termes, de plus de coercition et de moins de liberté. Si cela ne va pas dans ce sens, c'est à leur yeux immoral. Et les USA sont les champions de l'immoralité, et Barack Obama leurs sauveurs.

Le journal dans cet article articule le soit-disant échec du président des États-unis sur trois axes:

-"les résultats sont maigres par rapport aux efforts accomplis : pas de réforme de la régulation financière" (la crise est liée à un excès de régulation financière; cliquez ici)

- "un compromis tiède sur le changement climatique
(dont on a peu de preuve; cliquez ici) - et uniquement à la Chambre "

-"un ravaudage du système de santé
(qui est déjà réglementé, ce qui explique ses échecs; cliquez ici), émietté entre une demi-douzaine de comités qui travaillent sous les assauts des groupes d'intérêt".

Les États-Unis ne veulent pas changer et le Monde cite des intellectuels de gauche pour expliquer cette obstination bête et méchante et irrationnelle. "La politique est en train de ruiner la croyance naïve que les États-Unis sont une démocratie qui fonctionne".

Il y aurait donc un lien étroit entre des reformes dites de gauche qui prône plus d'État et la démocratie? Pour le Monde; être démocrate c'est être de gauche. Souvent cette confusion est faîte.

Ou alors Barack Obama élu démocratiquement ne peut pas réformer le pays comme il le veut?

Un système où quelqu'un, élu démocratiquement, peut modifier la loi comme il l'entend, est un tyran.

Pire, c'est ce qu'on appelle la tyrannie de la majorité ou de la démocratie, perversion souvent critiqué pendant la démocratie athénienne. Ce n'est pas parce qu'on est majoritaire que l'on a le droit de faire ce que l'on veut, en particulier contre la minorité, et la plus petite des minorités est l'individu.

La démocratie ne protège pas les individus, ce sont les droits naturels inhérents à chaque individu qui les protègent, mais ça, le Monde n'aime pas trop, il dirait que c'est trop individualiste, qu'il faut toujours penser au groupe avant soit même.

Et puis qui s'oppose à Barack Obama? le Sénat et la Chambre des Représentants, c'est à dire d'autres personnes élues démocratiquement, qui eux aussi ont une légitimité par le peuple. C'est d'ailleurs tout l'intérêt de cet équilibre des pouvoirs, c'est qu'il ne soit pas dans les mains d'un seul individu.

Mais pour le Monde cela n'est pas acceptable, parce que les reformes d'Obama qui prônent plus de justice sociale et d'écologie sont forcement les meilleures d'un point de vue éthique, et il parait effarant que des gens osent s'y opposer, c'est qu'ils sont alors égoïstes et manipulés par les fameux intérêts privés.

"D'autres répondent que le blocage est surtout l'œuvre des intérêts particuliers". En effet le lobbyisme est une chose détestable, car il privilège la capacité à obtenir du piston au dépend du talent. Il élimine celui qui crée des richesses pour céder la place à celui qui sait se faire des amis. C'est l'aristocratie du piston. Tous les intérêts se coagulent autour des hommes de l'État pour chercher des faveurs par les voies législatives.

Bastiat disait que " sous un prétexte ou sous un autre, nous nous adressons à l'État. Nous lui disons: « [...] Ne pourriez-vous me faciliter la chose? Ne pourriez-vous me donner une bonne place? Ou bien gêner l'industrie de mes concurrents? Ou bien encore me prêter gratuitement des capitaux que vous aurez pris à leurs possesseurs? Ou élever mes enfants aux frais du public? Ou m'accorder des primes d'encouragement? Ou m'assurer le bien-être quand j'aurai cinquante ans? Par ce moyen, j'arriverai à mon but en toute quiétude de conscience, car la loi elle-même aura agi pour moi, et j'aurai tous les avantages de la spoliation sans en avoir ni les risques ni l'odieux! »

Mais ce que le Monde ne comprend pas, c'est que le système qu'il approuve, c'est à dire plus d'intervention d'État dans l'économie et plus de redistribution des richesses, favorise et pérennise le lobbying.

Et pourquoi? parce que si on donne les moyens aux hommes de l'État d'agir sur l'économie, par exemple en créant des subventions, des réglementations etc..tout le monde sera tenté de les corrompre pour gagner des privilèges par la loi.

Avec les reformes d'Obama qui accroissent le contrôle de l'État sur l'économie on accroit l'activité du lobbyisme et ainsi les privilèges et la corruption (au grand bonheur des hommes de l'État).

Remarquez que le Monde critique les lobbies qui sont des "médias partisans" ou des "compagnies d'assurances." Là on emploie les termes vilains de corporatismes et d'intérêt s privées Jamais ces termes sont employés pour les syndicats (CGT,CFDT, SUD etc..) en France, eux ils ne poursuivent pas des intérêts privés en faisant pression sur les gouvernement pour chercher des faveurs.

Pourquoi, parce qu'il cherchent à préserver le service public et la solidarité, alors pour ces raison sils peuvent faire du lobbying et on appellera cela, mouvements sociaux et lutte social. Pour le Monde les résultats comptent, pas les moyens pour y arriver.

Et quant à son analyse sur la santé, le Monde fait preuve d'une grande ignorance apparemment. Le journal est persuadé qu'il n'y a que les systèmes de santé contrôlé par l'État qui peuvent être efficaces et valables, les autres alternatives sont mauvaises et inacceptables.

Quand le journal cite les Républicains qui expliquent aux gens, et ils ont le droit même si le Monde ne peut accepter des opinions divergentes, les dégâts causés par la médecine d'État, le Monde dit que les républicains " ont joué sur la peur". Mais alors le Monde ne joue pas sur la peur quand il nous effraie avec les dangers de la finance folle ou de la destruction de la protection sociale.

Ah oui! Dans ce cas là, il fait appel à la raison de ses lecteurs et non pas à ses émotions. Suis-je bête! Le Monde n'use pas de "tactique" pour influencer ses lecteurs, il n'est pas partisan mais au contraire il est la voie de la vérité et de la vertu.

"Le stratège leur [les républicains] a aussi conseillé de personnaliser le débat lorsqu'ils évoquent les périls des systèmes de santé à l'étranger" et les Républicains ont cité "l'histoire d'une certaine Fran Tooley, de l'Ontario, qui avait deux hernies discales mais s'est vue intimer l'ordre d'attendre un an pour voir un neurologue".

Micheal Moore n'a pas usé des mêmes méthodes dans Sicko?

N'a t'il pas pris des cas individuels pour aussi personnaliser le débat et démonter l'iniquité du système de santé Americain? Ah oui, mais Michael Moore vante les vertus d'un système de santé étatisé, et le Monde approuve ce système, donc Michael Moore peut user de toutes les méthodes pour convaincre ses auditeurs.

Et en effet les Républicains ont bien raison de ne pas accepter "un régime de médecine socialisée", regardez l'Angleterre et le Canada et admirez leur longues files d'attentes pour obtenir des soins.

Et ne vous détrompez pas, en France, ce qui a fait la force du système de santé fut sa part libérale, et non pas sa part socialisée qui elle, ne cessera de s'accroitre pour l'anéantir.