mercredi 8 juillet 2009

Le paradoxe de l'emprunt d'Etat


Dernièrement les hommes de l'État (le concept concret d'hommes de l'État est préférable que celui abstrait d'État ) ont décidé d'emprunter à ses citoyens de l'argent pour sauver la nation du naufrage.


L'emprunt d'État, l'emprunt citoyen, l'emprunt civique,etc...

On fait passer cette annonce comme quelques choses d'unique, comme si l'État n'empruntait jamais, et soudainement aujourd'hui pris dans cette tempête que l'on appelle la crise, l'État pour garder le cap, n'a plus d'autres alternatives que de s'en remettre à la générosité de ses citoyens.

Il y a eu des emprunts de ce type par le passé;

l'emprunt Balladur en 93,

l'emprunt Giscard en 73,

de grands moments de communion national, où le peuple se porte au secours de l'État moyennant un taux d'intérêt.

Mais l'État emprunte déjà, régulièrement, toutes les semaines, sur le marché financier. Ce sont les fameux Bons du trésor. Ainsi l'État Français est endetté et dans son budget le deuxième poste de dépense est affecté au remboursement de cette dette.

Et nous, gentils citoyens, on prête déjà à l'État.

Par exemple avec nos assurances vies dont les sommes sont placées sur des obligations d'État. C'est à dire, en somme, que cet argent est prêté à l'État.

Aujourd'hui 60% de la dette française est détenue par des étrangers, donc 40% est détenue par des français.

Pourquoi ce nouvel emprunt ?

On nous dit que l'État n'a plus d'argent à cause de ses dettes immenses (sur d'autres emprunts) et de recettes fiscales insuffisantes pendant ces temps tumultueux de crise. Mais si le peuple de France prête de l'argent à l'État, l'État va encore s'endetter ! On creuse un trou pour en boucher un autre ! Et pour rembourser cet emprunt l'État va devoir encore s'endetter (creuser un autre trou) !

Et puis il y a un concept encore plus étrange, celui de la possibilité d'un État de s'endetter.

Si l'État emprunte, il doit rembourser.

Avec quel argent ?

Celui d'un autre emprunt ?

Il existe un autre moyen.

L'État (les hommes de l'État) reçoit son argent par un moyen connu de nous tous : L'impôt.

L'impôt est son gagne pain.

C'est de l'argent prélevé sur le contribuable.

Le contribuable c'est nous, les citoyens français.

A qui les hommes de l'État veulent emprunter. A nous, les mêmes citoyens de France qui payons l'impôt.

Je prête de l'argent et je suis remboursé par de l'argent prélevé sur le fruit de mon travail. Cercle vicieux et retors.

Les hommes de l'État n'ont fait qu'assumer un rôle d'intermédiaire, sans rien créer au passage et surtout en prélevant une marge sur cet argent qui circule.

Comme disait Bastiat "Il (l'État) a deux mains, l'une pour recevoir et l'autre pour donner, autrement dit, la main rude et la main douce" pour poursuivre "l'État peut prendre et ne pas rendre. Cela s'est vu et s'explique par la nature poreuse et absorbante de ses mains, qui retiennent toujours une partie et quelquefois la totalité de ce qu'elles touchent".

Ironiquement je me fais rembourser avec mon propre argent.

Et si j'ai plus d'argent....comme en temps de crise ?

Dans un emprunt, un vrai ! L'argent est prêté à quelqu'un qui en a besoin car il n'en dispose pas.

Par exemple pour créer son entreprise. Celle-ci produira des biens ou des services ou que sais-je, donc créera de la richesse et une partie de cette richesse me reviendra lors du remboursement de l'argent que j'ai prêté.

Évidement je recevrai un peu plus que ce que j'ai prêté. Et ce un peu plus c'est l'intérêt de la dette. Il sera d'autant plus important si celui à qui je prête l'argent me semble peu fiable pour me rembourser. Je prends ainsi plus de risque.

Mais celui qui remboursera cette dette a produit quelques choses. L'argent qu'il va me rendre il ne l'a pas pris de force, non, il l'a pour ainsi dire créé par son travail (en fait par le libre échange).

L'État, lui, ne fait rien, ne crée rien ou très peu.

On va me dire;" Mais si ! L'État crée des richesses, regardez les routes, les ponts, ils servent tout le monde, et permettent à l'économie de fonctionner".

Je répondrai alors "Mais oui, vous avez raison! Les routes et les ponts sont biens utiles à tous! Et sans eux pas de marchandises pouvant aller d'un point à l'autre de la France ou de l'Europe. Mais ces routes et ces ponts ont été bâti par des entreprises privées ! Qui ont été payé par l'État, donc par l'argent du contribuable, de vous et moi, y compris l'argent issue du travail de ces entreprises qui ont bâti ces mêmes routes et ponts,etc...."

C'est un peu comme l'emprunt d'Etat.

Rien de nouveau sous le soleil.

Ce petit cirque rappelle un peu Madoff, il empruntait de l'argent à des gens avec des taux d'intérêts élevés qu'il rembourserait plus tard avec de l'argent qu'il empruntera à d'autres personnes, en se prenant un petit bonus au passage. Et puis le petit jeu s'est arrêté quand le flot d'argent s'est tari pendant la crise.

Mais les hommes de l'État c'est milles fois Madoff. Même en temps de crise ils osent encore nous demander de l'argent.






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