vendredi 10 juillet 2009

EDF et la liberté des prix

"Le PDG d'EDF appelle à une augmentation de 20 % du prix de l'électricité sur trois ans"


Voici un titre d'un article du journal le Monde en date du 8 juillet 2009.

EDF a besoin d'argent, donc de capitaux pour se développer. Rien de plus normal pour une entreprise, les capitaux sont nécessaires à sont développement. En effet EDF s'est implanté sur le marché Britannique et Américain et projette la construction de ses fameuses centrales EPR en chine.

Ses projets demandent de l'argent.

EDF lance son emprunt, à un taux de 4,5% sur cinq ans.

C'est logique et parfaitement normal. Une entreprise emprunte de l'argent pour investir et créer de la richesse.

Et soudainement le PDG d'EDF explique qu'il doit augmenter la tarification de l'électricité, car EDF a encore besoin d'argent.

Je cite un article des Echos qui précise la situation financière d'EDF:

" EDF doit faire face à une explosion de son endettement: au fur et à mesure de très importantes acquisitions, celui-ci a augmenté de 50% rien qu'en 2008, pour atteindre 24,5 milliards d'euros en fin d'année".


En résumé EDF est endettée, l'argent qu'elle a emprunté ne suffit pas.

Le PDG d'EDF explique très clairement que cette hausse est justifiée car les tarifs pratiqués par EDF sont de 30 à 40% moins chers que ceux des voisins européens (Libération).

Conclusion: le citoyen français paye une électricité au rabais.


Comment est fixé le prix de cette électricité ?

D'après Christine Lagarde ; par elle, son collègue Borlo, et un conseil formé d'éminentes personnes. Pour être simple ; l'État est l'actionnaire majoritaire de l'entreprise et il en fixe les prix.


Cela soulève la question de la fixation du prix.

St-Thomas d'Aquin disait (digression formidable, on passe de EDF à St- Thomas d'Aquin) que seul Dieu pouvait fixer le juste prix des choses.

Depuis longtemps on s'est toujours posé la question de la fixation d'un prix, et qui soit juste de surcroit.

La formation de ce prix prix est un processus complexe qui met en jeu la loi de l'offre et de la demande.


En fait le processus de formation des prix est tellement complexe que seul Dieu pourrait le connaître . Etre Dieu, c'est être omniscient. Et rare sont les personnes omniscientes sur terre.

Si je suis fabricant de crayons, et que le prix du bois augmente (parce que le bois se fait plus rare cette année ou que de nouveaux fabricants de tables sur le marché ont besoins de ce même bois alors que la quantité de bois ne varie pas, donc c'est le plus offrant qui achètera ce bois, etc....) je dois augmenter le prix de mes crayons, (à moins que je développe un nouveau procédé de fabrication des crayons qui fera baisser son prix, à moins que ce soit un concurrent qui le fasse etc..).

Quelques part tous les prix sont liés dans une économie et cela met en jeu des millions et des millions d'acteurs, ce qui a pour conséquence qu'aucun esprit ne peut à lui tout seul englober cette somme d'informations.

Le seul moyen de palier à cette ignorance, c'est le libre marché, qui de proche en proche fait transmettre une information qui permet cette formation du prix (je vous renvoi à l'excellente émission de Milton Friedman, cliquer ici).


Mais voila, en France la libéralisation des prix n'est pas totale.

Il y a toute une série de prix qui sont fixés par les hommes de l'État ; comme celui de l'électricité, du gaz, de l'assurance maladie, des retraites, d'un salaire minimum et bien d'autres encore....

Les hommes de l'État sont ils omniscients ? La réponse est évidement non. Mais ils prétendent l'être, par ignorance du fait économique
pour certains , en connaissance de causes pour d'autres.

Probablement les prix de l'électricité doivent augmenter, et ils augmenteraient s'ils obéissaient aux lois du marché. Mais le consommateur en serait pénalisé ainsi que d'autres secteurs d'activités. En effet l'argent alloué à cette augmentation du prix de l'électricité ne serait plus alloué à d'autres postes (imaginons les écrans plats). Donc les vendeurs d'écrans plats pourraient subir une crise.

Pour éviter cela il faudrait libéraliser les autres prix, qui pour certains baisseraient et alors compenseraient cette hausse de l'électricité.

Par exemple: le prix des cotisations sociales pour l'assurance maladie et vieillesse dont le prix est largement supérieur à ceux d'autres pays européens.

En résumé il faudrait laisser évoluer les prix librement.

Malheureusement une libéralisation brutale des prix entraineraient de tel changement qu'il y aurait beaucoup de mécontents et les hommes de l'État aux gouvernements, les députés, les sénateurs risqueraient leurs places aux prochaines élections.
Donc il y a peu de chances qu'ils fassent cela, à moins d'être confrontés à une situation de crise majeure qui oblige à des mesures fortes, comme avec Thatcher ou lors de la libéralisation brutale de l'URSS (ou lors du fameux virage libéral de Mitterand en 83).

On est dans une situation où beaucoup de repères sont faussés. Une situation où on a fixé des prix par à coup et de façon arbitraire. Une situation où on a joué à l'apprenti sorcier en se défiant de certaines lois.

Le seul moyen de trouver le juste prix de l'électricité d'EDF c'est de le libéraliser.

Ce qui est triste dans cette affaire, c'est qu'a force de prétendre tout régler les hommes de l'État se trouvent dans des situations impossibles.






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