lundi 14 septembre 2009

La religion du chiffre

Sarkozy veut en finir avec la religion du chiffre !!!!

Il considère la mesure du PIB comme étant aliénante et non représentative de la véritable richesse crée par une nation.

Il le considère comme un mauvais indicateur qui nous aurait trompé et envoyé dans le mur.

Il a en partie raison !! Les chiffres, les mesures, les statistiques comportent toujours une incertitude à refléter la réalité, car ils sont d’origine humaine, et l’homme n’est pas omniscient.

Les économistes libéraux, les vrais, ne font pas confiance aux chiffres, aux mesures statistiques, aux équations pour décrire le fonctionnement de l’économie.

L’objet de la science économique est de décrire les actions des hommes, comme Ludwig von Mises le montre bien dans son traité, intitulé pour l'occasion Human action.

Le problème c’est qu’aujourd’hui certains économiste oublient de considérer que l’objet de leur étude n’est pas la production, ou l’inflation, comme si cela était une matière première, inerte et déterminée.


L’économie n’est pas comme la science physique où l’on étudie le comportement de particules déterminées, c’est çà dire qui ne choisissent pas ce qu’elles vont faire, mais agissent de façon déterminées et prévisibles.


L’économie s’intéresse aux action des hommes et derrière le PIB, il y a des hommes qui produisent, qui font des choix, qui réfléchissent (ou pas) et qui agissent, ceci est difficilement mesurable, vue qu’il y a énormément de subjectivité la dedans. On fait des choix selon nos propres intérêts et cela reste dans le domaine de l’individuel.


Derrière l'inflation, il y a aussi le choix des hommes, qui ont préféré consommé plus, acheté plus etc...Ce sont à nouveau des choix, des actions intentionnelles des hommes.

Que propose Sarkozy en lieu et place de cette religion du chiffre?? Une nouvelle mesure ! Une nouvelle religion du chiffre ! Ben oui ! L’ancien dieu a déçu, choisissons on un nouveau !! Et de quoi s’agit-il; du bonheur, du bien être ??


Il propose en fait de nouvelles mesures, pour évaluer de pseudo politiques économique.s Il remplace le PIB par une autre mesure, mais dans le fond cela reste toujours pareil.


Une statistique faillible, incertaine, et qui le sera encore plus car elle va s’attaquer à un domaine éminemment personnel et subjectif, le bonheur ?? Comment on mesure cela, comment comparer le bonheur d’un entrepreneur qui a fait du profit à celui d’un ascète qui s’est retiré dans l’isolement.


Comment comparer le bonheur d’un passionné de littérature qui rêve de passer des jours dans une bibliothèque à celui d’un supporter de foot qui rêve d’assister à un match de son équipe favorite.

Comment fait-on ??

On aura une mesure arbitraire du bonheur, on nous dira comment être heureux, on nous expliquera ce qu’est être heureux, et quoi faire pour que la collectivité soit heureuse.

L’Etat essayera d’atteindre ces objectifs par des mesures incitatives, pourquoi pas autoritaires si on ne veut pas le faire pour notre propre bonheur ( ??), qui ne refléteront rien, à part le désir des hommes de l’Etat de toujours accroître leurs emprises sur les gens.

lundi 3 août 2009

Les eternelles âneries du journal Le Monde

Article du Monde (01.08.09) intitulé : Barack Obama est confronté à la difficulté de lancer des réformes

Le journal le Monde se désespère que Barack Obama n'arrive pas à reformer les Etats-Unis, c'est à dire aux yeux du journal de gauche, à en faire un pays semblable à la France avec son système de protection social.

Car pour le journal le Monde, il n'y a de valable que des reformes qui vont dans le sens de plus de régulation par l'État et de moins de marché libre, de plus de solidarité et de moins d'individualisme, de plus de partage et de moins de profit, de plus de services publics et de moins de privés.

En d'autres termes, de plus de coercition et de moins de liberté. Si cela ne va pas dans ce sens, c'est à leur yeux immoral. Et les USA sont les champions de l'immoralité, et Barack Obama leurs sauveurs.

Le journal dans cet article articule le soit-disant échec du président des États-unis sur trois axes:

-"les résultats sont maigres par rapport aux efforts accomplis : pas de réforme de la régulation financière" (la crise est liée à un excès de régulation financière; cliquez ici)

- "un compromis tiède sur le changement climatique
(dont on a peu de preuve; cliquez ici) - et uniquement à la Chambre "

-"un ravaudage du système de santé
(qui est déjà réglementé, ce qui explique ses échecs; cliquez ici), émietté entre une demi-douzaine de comités qui travaillent sous les assauts des groupes d'intérêt".

Les États-Unis ne veulent pas changer et le Monde cite des intellectuels de gauche pour expliquer cette obstination bête et méchante et irrationnelle. "La politique est en train de ruiner la croyance naïve que les États-Unis sont une démocratie qui fonctionne".

Il y aurait donc un lien étroit entre des reformes dites de gauche qui prône plus d'État et la démocratie? Pour le Monde; être démocrate c'est être de gauche. Souvent cette confusion est faîte.

Ou alors Barack Obama élu démocratiquement ne peut pas réformer le pays comme il le veut?

Un système où quelqu'un, élu démocratiquement, peut modifier la loi comme il l'entend, est un tyran.

Pire, c'est ce qu'on appelle la tyrannie de la majorité ou de la démocratie, perversion souvent critiqué pendant la démocratie athénienne. Ce n'est pas parce qu'on est majoritaire que l'on a le droit de faire ce que l'on veut, en particulier contre la minorité, et la plus petite des minorités est l'individu.

La démocratie ne protège pas les individus, ce sont les droits naturels inhérents à chaque individu qui les protègent, mais ça, le Monde n'aime pas trop, il dirait que c'est trop individualiste, qu'il faut toujours penser au groupe avant soit même.

Et puis qui s'oppose à Barack Obama? le Sénat et la Chambre des Représentants, c'est à dire d'autres personnes élues démocratiquement, qui eux aussi ont une légitimité par le peuple. C'est d'ailleurs tout l'intérêt de cet équilibre des pouvoirs, c'est qu'il ne soit pas dans les mains d'un seul individu.

Mais pour le Monde cela n'est pas acceptable, parce que les reformes d'Obama qui prônent plus de justice sociale et d'écologie sont forcement les meilleures d'un point de vue éthique, et il parait effarant que des gens osent s'y opposer, c'est qu'ils sont alors égoïstes et manipulés par les fameux intérêts privés.

"D'autres répondent que le blocage est surtout l'œuvre des intérêts particuliers". En effet le lobbyisme est une chose détestable, car il privilège la capacité à obtenir du piston au dépend du talent. Il élimine celui qui crée des richesses pour céder la place à celui qui sait se faire des amis. C'est l'aristocratie du piston. Tous les intérêts se coagulent autour des hommes de l'État pour chercher des faveurs par les voies législatives.

Bastiat disait que " sous un prétexte ou sous un autre, nous nous adressons à l'État. Nous lui disons: « [...] Ne pourriez-vous me faciliter la chose? Ne pourriez-vous me donner une bonne place? Ou bien gêner l'industrie de mes concurrents? Ou bien encore me prêter gratuitement des capitaux que vous aurez pris à leurs possesseurs? Ou élever mes enfants aux frais du public? Ou m'accorder des primes d'encouragement? Ou m'assurer le bien-être quand j'aurai cinquante ans? Par ce moyen, j'arriverai à mon but en toute quiétude de conscience, car la loi elle-même aura agi pour moi, et j'aurai tous les avantages de la spoliation sans en avoir ni les risques ni l'odieux! »

Mais ce que le Monde ne comprend pas, c'est que le système qu'il approuve, c'est à dire plus d'intervention d'État dans l'économie et plus de redistribution des richesses, favorise et pérennise le lobbying.

Et pourquoi? parce que si on donne les moyens aux hommes de l'État d'agir sur l'économie, par exemple en créant des subventions, des réglementations etc..tout le monde sera tenté de les corrompre pour gagner des privilèges par la loi.

Avec les reformes d'Obama qui accroissent le contrôle de l'État sur l'économie on accroit l'activité du lobbyisme et ainsi les privilèges et la corruption (au grand bonheur des hommes de l'État).

Remarquez que le Monde critique les lobbies qui sont des "médias partisans" ou des "compagnies d'assurances." Là on emploie les termes vilains de corporatismes et d'intérêt s privées Jamais ces termes sont employés pour les syndicats (CGT,CFDT, SUD etc..) en France, eux ils ne poursuivent pas des intérêts privés en faisant pression sur les gouvernement pour chercher des faveurs.

Pourquoi, parce qu'il cherchent à préserver le service public et la solidarité, alors pour ces raison sils peuvent faire du lobbying et on appellera cela, mouvements sociaux et lutte social. Pour le Monde les résultats comptent, pas les moyens pour y arriver.

Et quant à son analyse sur la santé, le Monde fait preuve d'une grande ignorance apparemment. Le journal est persuadé qu'il n'y a que les systèmes de santé contrôlé par l'État qui peuvent être efficaces et valables, les autres alternatives sont mauvaises et inacceptables.

Quand le journal cite les Républicains qui expliquent aux gens, et ils ont le droit même si le Monde ne peut accepter des opinions divergentes, les dégâts causés par la médecine d'État, le Monde dit que les républicains " ont joué sur la peur". Mais alors le Monde ne joue pas sur la peur quand il nous effraie avec les dangers de la finance folle ou de la destruction de la protection sociale.

Ah oui! Dans ce cas là, il fait appel à la raison de ses lecteurs et non pas à ses émotions. Suis-je bête! Le Monde n'use pas de "tactique" pour influencer ses lecteurs, il n'est pas partisan mais au contraire il est la voie de la vérité et de la vertu.

"Le stratège leur [les républicains] a aussi conseillé de personnaliser le débat lorsqu'ils évoquent les périls des systèmes de santé à l'étranger" et les Républicains ont cité "l'histoire d'une certaine Fran Tooley, de l'Ontario, qui avait deux hernies discales mais s'est vue intimer l'ordre d'attendre un an pour voir un neurologue".

Micheal Moore n'a pas usé des mêmes méthodes dans Sicko?

N'a t'il pas pris des cas individuels pour aussi personnaliser le débat et démonter l'iniquité du système de santé Americain? Ah oui, mais Michael Moore vante les vertus d'un système de santé étatisé, et le Monde approuve ce système, donc Michael Moore peut user de toutes les méthodes pour convaincre ses auditeurs.

Et en effet les Républicains ont bien raison de ne pas accepter "un régime de médecine socialisée", regardez l'Angleterre et le Canada et admirez leur longues files d'attentes pour obtenir des soins.

Et ne vous détrompez pas, en France, ce qui a fait la force du système de santé fut sa part libérale, et non pas sa part socialisée qui elle, ne cessera de s'accroitre pour l'anéantir.

vendredi 31 juillet 2009

dimanche 26 juillet 2009

Droit naturel (2)

Reprenons!

Le droit naturel peut être brandi face à tous droits positifs, c'est à dire à face aux lois créés et conçus par l'homme.

Le droit naturel protège les individus, tous les individus sans exception.

Il est naturel car il existe même quand l'homme vit dans une société sans état, ni constitution, ni règles, ni droit dit positif etc... Ce droit existe même quand l'homme vit à l'État de nature (John Locke).

Il est naturel car il est attaché à la nature de l'homme. La nature de l'homme n'a pas été créé par l'homme. Donc le droit naturel n'a pas été créé par l'homme, mais uniquement découvert.

Le droit naturel doit être applicable à tous les êtres humains.

Toutes ces réflexions n'ont absolument rien d'original. Elles ont déjà été mené par tout un tas d'intellectuels et de penseurs par le passé. Les thomistes et l'école de Salamanque au XV et XVI siécle, John Locke au XVI et XVII siécle, les penseurs des révolutions américaines et françaises, Frederic Bastiat et Benjamin Constant aux XIX, Ayn rand, Frederich Hayek et Milton Friedman aux XX siécle (et j'en oublie plein d'autres).

Cette réflexion est l'héritage des Lumières.

Mais aujourd'hui il est désolant de voir que peu de gens savent ce qu'est la philosophie du droit naturel. Peu sont au courant des véritables contributions du siècle des Lumières. Presque personne ne comprend la véritable nature des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Beaucoup de personnes s'imaginent que le siècle des Lumières nous a uniquement légué les outils intellectuels de base qui nous ont permis ce prodigieux bon technologique que l'humanité a connu ces deux derniers siècles. En bref que l'on a arrêté de croire aux superstitions et à la sorcellerie.

Qu'il a aboli l'esclavage et qu'aujourd'hui, cet héritage se complète avec de prétendus progrès sociaux par l'intermédiaire de l'État providence (avec son cortège de fameux faux droit, comme le droit au travail, à la santé, à l'éducation etc..). L'État providence serait la conclusion ultime de cette odyssée intellectuelle et sociale.

En effet, le siècle des lumières nous a apporté un fulgurant progrès technologique et l'abolition de l'esclavage. Mais cet apport, considérable, n'est que la conséquence, et uniquement la conséquence, d'une révolution intellectuelle sur la façon dont on considère l'homme.

Cette révolution a débuté avec une définition du droit naturel de l'homme, de chaque homme.

Donc la définition de la nature de l'homme.

L'homme se distingue de l'animal par la raison. Par raison, je veux dire, par ses capacités cognitives très élaborées. Je ne détaillerais pas ce point dans cet article. Avec la raison, l'homme peut survivre et vivre. C'est son seul outil pour vivre et affronter les dangers de la nature. Et comme disait Ayn Rand s'il ne s'en sert pas, il meurt.

Ainsi tout ce qui empêche l'usage de sa raison est mauvais pour lui, car il peut en mourir.

L'homme doit être libre pour pouvoir user pleinement de sa raison. S'il n'est pas libre, il ne peut utiliser sa raison. Il est condamné à mourir.

Utiliser sa raison est un acte volontaire et nécessite la liberté.

Et comme chaque homme a le droit à exister, il doit être libre d'utiliser sa raison.

Par liberté on entend par : "la liberté naturelle de l'homme consiste à n'être soumis à aucun pouvoir sur terre [...], à ne pas être soumis à la domination de quelque volonté" (John Locke).

C'est un rapport social. Ce n'est pas la liberté d'être affranchi des lois de la nature. Je suis obligé de manger, de boire etc...

La liberté concerne uniquement les relations entre les individus.
Et à l'État de nature, la raison "enseigne à tous les hommes qu'étant tous égaux et indépendant, nul ne doit nuire à un autre quant à sa vie, sa santé, sa liberté, son bien" (de nouveau Locke).

Le premier droit naturel de l'homme est la liberté. Ce droit est associé à sa nature, donc inaliénable. Il ne l'a plus, alors il n'est plus homme.

Quand il est libre, il peut dire et penser ce qu'il veut, et aller et venir comme bon lui semble.


Mais pour protéger concrètement cette liberté sur terre, dans la réalité de tous les jours, il faut préserver sa propriété privée.

On ne doit pas voler un homme, car le voler c'est le priver de sa liberté.

Un esclave ne jouit pas du fruit de son travail, il travaille sous la menace de son maître. Il n'est même pas propriétaire de lui même, il est la propriété de son maître.

Préserver la propriété de l'individu, c'est ne pas en faire un esclave, il est concrètement libre sur cette terre. Il n'est l'objet d'aucune coercition.

Le fruit de son travail, il le garde pour lui. Le voler, c'est comme le réduire en esclavage.

Quelqu'un, qui par la violence profite du travail d'autrui, est comme le maître qui asservit son esclave.

Le droit naturel préserve la liberté de chaque homme.

Il n'est l'esclave de personne, il est la seule et unique valeur absolue. Il est souverain.

Le droit naturel protège l'homme contre les criminels, mais aussi contre son pire ennemi ; l'État.

Celui-ci a souvent violé le Droit Naturel de l'homme, et le fait encore aujourd'hui sans vergogne.

Les Droits de l'Homme et du Citoyen, qui sont naturels, s'attachent principalement à protéger l'homme contre les actions néfastes de l'État.

Il faut comprendre que le véritable héritage des lumières est de considérer l'homme, chaque individu à part entière, comme la finalité suprême.

Il ne peut être sacrifié au nom de la religion, de l'État, de la nation, de l'intérêt général, de la lutte des classes, de la lutte des races, du réchauffement planétaire, des inégalités sociales, de la culture, de la langue française, de la relance économique etc...

L'individu ne peut être sacrifié. Il est absolu et souverain.

Son droit naturel a l'existence nous le rappelle à chaque instant.



dimanche 19 juillet 2009

Le droit naturel

Quand on parle de droit naturel on se retrouve face à un concept délicat à manier au premier abord.

Mais il est fondamental pour véritablement comprendre la philosophie libérale.

Si on ne comprend pas le concept de droit naturel, les idées libérales apparaissent comme flotter dans l'air sans aucune assise véritable ; elles pourront être balayées d'un simple revers de la main, elles pourront être emporté par une brise étatiste ou socialiste.

Le droit naturel s'oppose au droit positif .

Le droit positif c'est ce qui est créé volontairement par l'homme. En fait par le législateur ou l'État.

C'est la loi qu'on connait, cet énorme tas de lois qui nous apparait indigeste. Et qui réglemente plein de choses, parfois beaucoup de choses, même jusque aux moindres détails de la vie.

Cette loi faîte par les hommes peut revêtir plein d'aspects. Cela ne peut être que de simples règles du jeu pour faciliter les rapports entre les individus, comme les transactions commerciales. Ou alors des ordres, des interdits, des impératifs. Une loi positive peut être ségrégative, comme au temps de l'apartheid en Afrique du Sud ou durant l'Allemagne Nazi.

En fait une loi positive est votée ou décrétée par un groupe de législateurs ou un tyran et appliquée par la force dont l'État dispose (Si vous ne respectez pas la loi vous êtes dans l'illégalité).

Bien sur, avec cette définition, toute les lois ne peuvent pas être bonnes !

Mais comment on définit ce qui est bien de ce qui est mal (vaste débat!)? Et je vais pas m'enfoncer dans ce sujet complexe.

Hitler pensait bien faire quand il a exterminé les Juifs, c'était en accord avec son code morale, il a édicté des lois dans ce sens, selon ses principes. Ces lois étaient (et le sont toujours) en contradiction avec les principes des Droits de l'Homme qui sont fondés sur le droit naturel.

Le droit naturel c'est ce qui n'a pas été créé par l'Homme. C'est un droit inhérent à l'homme, il est là, avant la création de toute société, donc du droit positif. Personne ne l'a créé, comme l'eau ou la terre, il est "naturel".

Et quand on utilise l'eau et la terre pour créer des choses, on est bien obligé à minima de respecter leurs propriétés (les lois de la physique par exemple).

C'est pareil pour le droit positif, créé par l'homme, il doit respecter les propriétés du droit naturel.

Les lois de la physique ne peuvent pas être modifiées, par contre on s'en sert pour créer. Le droit naturel ne peut pas être modifié, par contre on s'en sert de base pour élaborer notre droit positif.

Vous m'objecterez, à raison, que ce concept de droit naturel, qui est abstrait, a été inventé par l'homme.

Au premier abord; c'est vrai.

Mais ce droit naturel se fonde sur la nature de l'homme qui, elle, n'a pas été créé.

A quoi sert ce droit naturel ? à le brandir face à un droit positif qui viole ce même droit naturel. A faire en sorte que celui qui vote et applique la loi ne puisse pas voter ou appliquer n'importe quelle loi, il doit se discipliner à certains principes. Il doit respecter le droit naturel des hommes.

"Un gouvernement des lois, non d'homme" selon James Harrington. L'Etat de droit, ou rule of law de John Locke.

Et pourquoi doit-il être considéré comme naturel ? Parce que s'il ne l'était pas, face à un droit positif, pourrais-je opposé un autre droit positif ? Un droit créé par l'homme face à un autre droit créé par l'homme, qui a raison dans ce cas précis ?? Le plus fort, comme dirait Hobbes. Le régne de l'arbitraire.

Au contraire le droit naturel est universel, commun à tous les hommes, ubiquitaire.

Comme en physique, l'ingénieur chinois et l'ingénieur américain peuvent débattre et s'opposer dans la construction d'un avion, mais ils sont obligés de respecter les lois de la physique, qui elles, sont universelles .

Et comme je l'ai dit précedement, le droit naturel est fondé sur la nature de l'homme qui, elle, est objective, universelle et incontestable.

Les Droits de l'Homme.

Qu'est ce qu'on met dans ces droits ?

Ce sera l'occasion d'un nouveau billet.

vendredi 10 juillet 2009

EDF et la liberté des prix

"Le PDG d'EDF appelle à une augmentation de 20 % du prix de l'électricité sur trois ans"


Voici un titre d'un article du journal le Monde en date du 8 juillet 2009.

EDF a besoin d'argent, donc de capitaux pour se développer. Rien de plus normal pour une entreprise, les capitaux sont nécessaires à sont développement. En effet EDF s'est implanté sur le marché Britannique et Américain et projette la construction de ses fameuses centrales EPR en chine.

Ses projets demandent de l'argent.

EDF lance son emprunt, à un taux de 4,5% sur cinq ans.

C'est logique et parfaitement normal. Une entreprise emprunte de l'argent pour investir et créer de la richesse.

Et soudainement le PDG d'EDF explique qu'il doit augmenter la tarification de l'électricité, car EDF a encore besoin d'argent.

Je cite un article des Echos qui précise la situation financière d'EDF:

" EDF doit faire face à une explosion de son endettement: au fur et à mesure de très importantes acquisitions, celui-ci a augmenté de 50% rien qu'en 2008, pour atteindre 24,5 milliards d'euros en fin d'année".


En résumé EDF est endettée, l'argent qu'elle a emprunté ne suffit pas.

Le PDG d'EDF explique très clairement que cette hausse est justifiée car les tarifs pratiqués par EDF sont de 30 à 40% moins chers que ceux des voisins européens (Libération).

Conclusion: le citoyen français paye une électricité au rabais.


Comment est fixé le prix de cette électricité ?

D'après Christine Lagarde ; par elle, son collègue Borlo, et un conseil formé d'éminentes personnes. Pour être simple ; l'État est l'actionnaire majoritaire de l'entreprise et il en fixe les prix.


Cela soulève la question de la fixation du prix.

St-Thomas d'Aquin disait (digression formidable, on passe de EDF à St- Thomas d'Aquin) que seul Dieu pouvait fixer le juste prix des choses.

Depuis longtemps on s'est toujours posé la question de la fixation d'un prix, et qui soit juste de surcroit.

La formation de ce prix prix est un processus complexe qui met en jeu la loi de l'offre et de la demande.


En fait le processus de formation des prix est tellement complexe que seul Dieu pourrait le connaître . Etre Dieu, c'est être omniscient. Et rare sont les personnes omniscientes sur terre.

Si je suis fabricant de crayons, et que le prix du bois augmente (parce que le bois se fait plus rare cette année ou que de nouveaux fabricants de tables sur le marché ont besoins de ce même bois alors que la quantité de bois ne varie pas, donc c'est le plus offrant qui achètera ce bois, etc....) je dois augmenter le prix de mes crayons, (à moins que je développe un nouveau procédé de fabrication des crayons qui fera baisser son prix, à moins que ce soit un concurrent qui le fasse etc..).

Quelques part tous les prix sont liés dans une économie et cela met en jeu des millions et des millions d'acteurs, ce qui a pour conséquence qu'aucun esprit ne peut à lui tout seul englober cette somme d'informations.

Le seul moyen de palier à cette ignorance, c'est le libre marché, qui de proche en proche fait transmettre une information qui permet cette formation du prix (je vous renvoi à l'excellente émission de Milton Friedman, cliquer ici).


Mais voila, en France la libéralisation des prix n'est pas totale.

Il y a toute une série de prix qui sont fixés par les hommes de l'État ; comme celui de l'électricité, du gaz, de l'assurance maladie, des retraites, d'un salaire minimum et bien d'autres encore....

Les hommes de l'État sont ils omniscients ? La réponse est évidement non. Mais ils prétendent l'être, par ignorance du fait économique
pour certains , en connaissance de causes pour d'autres.

Probablement les prix de l'électricité doivent augmenter, et ils augmenteraient s'ils obéissaient aux lois du marché. Mais le consommateur en serait pénalisé ainsi que d'autres secteurs d'activités. En effet l'argent alloué à cette augmentation du prix de l'électricité ne serait plus alloué à d'autres postes (imaginons les écrans plats). Donc les vendeurs d'écrans plats pourraient subir une crise.

Pour éviter cela il faudrait libéraliser les autres prix, qui pour certains baisseraient et alors compenseraient cette hausse de l'électricité.

Par exemple: le prix des cotisations sociales pour l'assurance maladie et vieillesse dont le prix est largement supérieur à ceux d'autres pays européens.

En résumé il faudrait laisser évoluer les prix librement.

Malheureusement une libéralisation brutale des prix entraineraient de tel changement qu'il y aurait beaucoup de mécontents et les hommes de l'État aux gouvernements, les députés, les sénateurs risqueraient leurs places aux prochaines élections.
Donc il y a peu de chances qu'ils fassent cela, à moins d'être confrontés à une situation de crise majeure qui oblige à des mesures fortes, comme avec Thatcher ou lors de la libéralisation brutale de l'URSS (ou lors du fameux virage libéral de Mitterand en 83).

On est dans une situation où beaucoup de repères sont faussés. Une situation où on a fixé des prix par à coup et de façon arbitraire. Une situation où on a joué à l'apprenti sorcier en se défiant de certaines lois.

Le seul moyen de trouver le juste prix de l'électricité d'EDF c'est de le libéraliser.

Ce qui est triste dans cette affaire, c'est qu'a force de prétendre tout régler les hommes de l'État se trouvent dans des situations impossibles.






jeudi 9 juillet 2009

L'éthique du capitalisme

Je m'attaque à un gros morceau.

Surtout en ces temps de crise où le capitalisme s'en prend plein la gueule.

Ben oui, nous sommes en pleine crise de l'ultralibéralisme, l'argent-roi est devenu fou et nous a précipité dans le mur!!

Le capitalisme qui ne consiste qu'a amasser, amasser, A-MA-SSER de l'argent sans se soucier d'autrui, nous a jeté dans cette situation dramatique.

On le savait!! C'est évident, cette doctrine de l'égoïsme est anti-social, comment la tribu France pourrait en survivre!

Je vais faire dans la provoc'.

"Ceux qui prônent le capitalisme de laissez-faire sont les seuls défenseurs des droits de l'homme".
Cette citation de Ayn Rand a de quoi en choqué plus d'un dans notre cher pays.

Elle explique que le capitalisme et sa défense sont les seuls moyens d'assurer les Droits de l'homme.

Défendre le capitalisme ce n'est pas défendre un système qui assure la prospérité d'un pays et la création de richesse. Non, défendre le capitalisme; c'est défendre des valeurs morales et éthiques.

En assurant l'existence du capitalisme on assure le respect et la dignité de chaque être humain.

C'est de la provoc' ultime!

Définition du capitalisme dans Lexilogos: "Système économique caractérisé par la concentration de gros capitaux en vue de promouvoir la production et les échanges commerciaux".

ou

"Système économique et social qui se caractérise par la propriété privée des moyens de production et d'échange et par la recherche du profit".

Dans le Larousse.fr :"Système de production dont les fondements sont l'entreprise privée et la liberté du marché".

ou

"Statut juridique d'une société humaine caractérisée par la propriété privée des moyens de production et leur mise en œuvre par des travailleurs qui n'en sont pas propriétaires"

Il n'y est fait mention d'aucune justification morale de l'existence du capitalisme.

On parle d'un système de production des biens, un systeme reposant sur la propriété privée et le libre échange.

Ayn Rand se plaignait que l'absence de justifications morales ou éthiques de l'existence du capitalisme désarmait ses défenseurs. Ces derniers ne justifiaient la nécessité du capitalisme que par sa capacité à créer le plus de richesse pour tout le monde, malgré ses inégalités sociales. Il est le moins pire des systèmes. Tant qu'on a pas trouvé mieux, on l'utilise.

Mesdames et Messieurs je vais tenter aussi (en reprennant Ayn Rand) de donner une justification morale au capitalisme.

En fait je vais démontrer que l'application stricto-sensu des régles de morales entrainent automatiquement le capitalisme.

Soyons simple.

Reprenons depuis le début.

Les bases de la morale c'est une partie des dix commandements.

Tu ne tueras point.

Tu ne voleras point.

C'est respecter autrui.

Tuer c'est mal, on le sait (et on peut l'expliquer objectivement).

Voler c'est dérober le bien d'autrui, il ne peut plus en disposer comme il le souhaite.
Un esclave c'est quelqu'un qui ne profite pas du fruit de son travail. Le fruit de ce travail est à la disposition de son maître. C'est comme le vol.

Quand on vous vol ou quand vous êtes l'esclave d'autrui, vous êtes l'objet d'une coercition donc vous n'êtes plus libre.

Cela rejoint la définition de la liberté, celle de John Locke " la liberté naturelle de l'homme consiste à n'être soumis à aucun pouvoir sur terre [...], à ne pas être soumis à la domination de quelque volonté"

Etre libre c'est ne pas être soumis ou réduit en esclavage.

C'est très concret, et ne pas voler autrui c'est ce qu'on appelle respecter le Droit de propriété privée. C'est respecter l'individu existant sur terre.

Dans la vie de tous les jours on ne rentre pas comme on veut chez le voisin, on n'utilise pas sa télé, ni sa machine à laver ou son lave vaisselle sans son autorisation. Si on le faisait, l'autre n'existerait plus dans un certain sens. Si je prends sa voiture quand lui en a besoin, on réduit à néant ses projets, ses envies, ses désirs. Une part de lui, qui le définit lui, comme individu unique, est détruite.

Pour que l'autre existe vraiment sur terre, on respecte sa propriété privée. Aujourd'hui dans nos sociétés, on respecte cette règle, on ne vole pas autrui, c'est un impératif que l'on se donne ( quoique on le fait par l'intermédiaire de l'État).

Observez qu'avant d'exterminer les Juifs, les Nazi se sont emparés de leurs biens, en parallèle les Communistes en Pologne ont exproprié les élites du pays avant de les exécuter à Katyn. Quand on viole le droit de propriété d'autrui on a déjà un pied sur le champ d'exécution.

Respecter le droit de propriété privée c'est ne pas voler. Mais alors comment obtenir le fruit du travail d'autrui autrement que par la force?

C'est simple, par le libre échange. La coopération volontaire. Le libre commerce. Soit je donne mon bien, soit je l'échange contre un autre bien (ou de l'argent).


Remarquez alors qu'en ne tuant point ni en volant point, on respecte le Droit de propriété privée et le libre échange.

Dans les définitions citées précédemment le capitalisme s'attache à respecter le Droit de propriété privée, le libre échange et le libre commerce.

Respecter aux mieux ces principes entrainent de facto un système capitaliste. L'économie du libre échange.

Mais Ayn rand lui adjoint un adjectif, celui de Laissez-faire. En effet on parle de différents types de capitalisme, celui d'Etat, de type mixte, etc...Elle, parle d'un capitalisme où aucun individu n'est soumis à aucune contrainte, où le droit à la vie et son corollaire sur terre le Droit de propriété privée est un absolu inviolable.
D'ailleurs capitalisme de Laissez-faire est une expression redondante, car si on se réfère aux définitions (très imparfaites au demeurant), le capitalisme est intrinsèquement lié au Droits de propriété privée donc au respect de l'individu. Les autres formes de capitalisme ne sont que des formes perverties mélangeant liberté et coercition (comme le nôtre).

Et Bastiat disait " ll est deux principes qu'on ne saurait concilier: la Liberté et la Contrainte".

En fait, mon titre est trompeur, il n'y a pas une éthique particulière au capitalisme qui serait incompatible avec d'autres éthiques.

Le capitalisme est la conséquence de l'éthique universelle, celle des Droits de l'homme.

mercredi 8 juillet 2009

Le paradoxe de l'emprunt d'Etat


Dernièrement les hommes de l'État (le concept concret d'hommes de l'État est préférable que celui abstrait d'État ) ont décidé d'emprunter à ses citoyens de l'argent pour sauver la nation du naufrage.


L'emprunt d'État, l'emprunt citoyen, l'emprunt civique,etc...

On fait passer cette annonce comme quelques choses d'unique, comme si l'État n'empruntait jamais, et soudainement aujourd'hui pris dans cette tempête que l'on appelle la crise, l'État pour garder le cap, n'a plus d'autres alternatives que de s'en remettre à la générosité de ses citoyens.

Il y a eu des emprunts de ce type par le passé;

l'emprunt Balladur en 93,

l'emprunt Giscard en 73,

de grands moments de communion national, où le peuple se porte au secours de l'État moyennant un taux d'intérêt.

Mais l'État emprunte déjà, régulièrement, toutes les semaines, sur le marché financier. Ce sont les fameux Bons du trésor. Ainsi l'État Français est endetté et dans son budget le deuxième poste de dépense est affecté au remboursement de cette dette.

Et nous, gentils citoyens, on prête déjà à l'État.

Par exemple avec nos assurances vies dont les sommes sont placées sur des obligations d'État. C'est à dire, en somme, que cet argent est prêté à l'État.

Aujourd'hui 60% de la dette française est détenue par des étrangers, donc 40% est détenue par des français.

Pourquoi ce nouvel emprunt ?

On nous dit que l'État n'a plus d'argent à cause de ses dettes immenses (sur d'autres emprunts) et de recettes fiscales insuffisantes pendant ces temps tumultueux de crise. Mais si le peuple de France prête de l'argent à l'État, l'État va encore s'endetter ! On creuse un trou pour en boucher un autre ! Et pour rembourser cet emprunt l'État va devoir encore s'endetter (creuser un autre trou) !

Et puis il y a un concept encore plus étrange, celui de la possibilité d'un État de s'endetter.

Si l'État emprunte, il doit rembourser.

Avec quel argent ?

Celui d'un autre emprunt ?

Il existe un autre moyen.

L'État (les hommes de l'État) reçoit son argent par un moyen connu de nous tous : L'impôt.

L'impôt est son gagne pain.

C'est de l'argent prélevé sur le contribuable.

Le contribuable c'est nous, les citoyens français.

A qui les hommes de l'État veulent emprunter. A nous, les mêmes citoyens de France qui payons l'impôt.

Je prête de l'argent et je suis remboursé par de l'argent prélevé sur le fruit de mon travail. Cercle vicieux et retors.

Les hommes de l'État n'ont fait qu'assumer un rôle d'intermédiaire, sans rien créer au passage et surtout en prélevant une marge sur cet argent qui circule.

Comme disait Bastiat "Il (l'État) a deux mains, l'une pour recevoir et l'autre pour donner, autrement dit, la main rude et la main douce" pour poursuivre "l'État peut prendre et ne pas rendre. Cela s'est vu et s'explique par la nature poreuse et absorbante de ses mains, qui retiennent toujours une partie et quelquefois la totalité de ce qu'elles touchent".

Ironiquement je me fais rembourser avec mon propre argent.

Et si j'ai plus d'argent....comme en temps de crise ?

Dans un emprunt, un vrai ! L'argent est prêté à quelqu'un qui en a besoin car il n'en dispose pas.

Par exemple pour créer son entreprise. Celle-ci produira des biens ou des services ou que sais-je, donc créera de la richesse et une partie de cette richesse me reviendra lors du remboursement de l'argent que j'ai prêté.

Évidement je recevrai un peu plus que ce que j'ai prêté. Et ce un peu plus c'est l'intérêt de la dette. Il sera d'autant plus important si celui à qui je prête l'argent me semble peu fiable pour me rembourser. Je prends ainsi plus de risque.

Mais celui qui remboursera cette dette a produit quelques choses. L'argent qu'il va me rendre il ne l'a pas pris de force, non, il l'a pour ainsi dire créé par son travail (en fait par le libre échange).

L'État, lui, ne fait rien, ne crée rien ou très peu.

On va me dire;" Mais si ! L'État crée des richesses, regardez les routes, les ponts, ils servent tout le monde, et permettent à l'économie de fonctionner".

Je répondrai alors "Mais oui, vous avez raison! Les routes et les ponts sont biens utiles à tous! Et sans eux pas de marchandises pouvant aller d'un point à l'autre de la France ou de l'Europe. Mais ces routes et ces ponts ont été bâti par des entreprises privées ! Qui ont été payé par l'État, donc par l'argent du contribuable, de vous et moi, y compris l'argent issue du travail de ces entreprises qui ont bâti ces mêmes routes et ponts,etc...."

C'est un peu comme l'emprunt d'Etat.

Rien de nouveau sous le soleil.

Ce petit cirque rappelle un peu Madoff, il empruntait de l'argent à des gens avec des taux d'intérêts élevés qu'il rembourserait plus tard avec de l'argent qu'il empruntera à d'autres personnes, en se prenant un petit bonus au passage. Et puis le petit jeu s'est arrêté quand le flot d'argent s'est tari pendant la crise.

Mais les hommes de l'État c'est milles fois Madoff. Même en temps de crise ils osent encore nous demander de l'argent.






lundi 6 juillet 2009

La démocratie n'est pas la liberté

Soyons direct.

La démocratie n'est pas la liberté.

Je m'explique.

D'usage on aime à dire que quand il y a une restriction des libertés (d'aller et venir ou d'expression) on est plus en démocratie.

"Vous m'empêchez de m'exprimer!! On est en démocratie Monsieur! c'est mon droit!"

Dans cette affaire est apparu un glissement sémantique.

Dans le dictionnaire la définition de démocratie est la suivante:
"Régime politique, système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, par l'ensemble des citoyens".
Puis après on peut lire "Démocratie autoritaire, directe, libérale, parlementaire, représentative". Apparaissent des distinctions.


La démocratie définit un régime politique, c'est à dire la façon dont va s'organiser la société au travers d'un gouvernement, dont le pouvoir ou le contrôle sera entre les mains du peuple. Chacun participera aux prises de décisions du gouvernement.

Le mot démocratie vient de dêmos ; le peuple et de kratos ; le pouvoir. Le pouvoir au peuple.

Si on examine de plus prés ce concept, il devient vite vague et ambiguë.

C'est le peuple qui a le pouvoir, mais qu'est ce que le peuple ? Chacun des individus qui forme ce peuple ou la majorité ? une entité supra-individuelle (la somme de tous les individus qui formerait un nouvel individu, comme une conscience collective?).

Et ce peuple dispose du pouvoir. Mais sur qui ? Le pouvoir, par définition, s'exerce sur d'autres personnes. Le peuple exerce alors ce pouvoir sur lui-même.

Il s'ordonne lui même.

Le concept devient presque contradictoire. On n'a pas besoin de s'ordonner une chose que l'on veut faire volontairement.

Et la liberté ? En quoi donner le pouvoir au peuple protège la liberté ?

Donnons une définition de la liberté.
Celle de John Locke qui me plaît : "la liberté naturelle de l'homme consiste à n'être soumis à aucun pouvoir sur terre [...], à ne pas être soumis à la domination de quelque volonté" . Volonté c'est à dire d'autres êtres humains comme nous.


Ce n'est pas la liberté de faire ce que je veux. D'être libre des conditions de l'existence, d'être libre de ne pas me soumettre ou de me soumettre aux lois de Newton (libre de voler dans les airs), de ne pas manger ou de ne pas boire. Face aux lois de la nature nous ne sommes pas libres, et ce serait contradictoire, car nous en tant que homme nous sommes le produit de ces lois de la nature. Notre corps biologique existe par les propriétés même de ces lois .

La liberté est un rapport social. Elle n'existe qu'entre des individus.

La liberté c'est l'absence de coercition. Quand un individu X oppresse l'individu Y. Y n'est plus libre.

Ce qui implique que Y ne doit pas soumettre X à son tour. La seule règle est de respecter la liberté d'autrui.

Est ce que la démocratie protège la liberté ? C'est à dire est ce que donner le contrôle du gouvernement au peuple protège chaque individu qui compose ce peuple de ne pas être soumis par un autre individu de ce même peuple ?
La réponse, après ce que j'ai dit sur la démocratie, est évidement non.

Ou alors il faut que chaque membre du peuple soit totalement unanime sur tous les sujets, et en prenant le contrôle du gouvernement, ordonne des choses (sur chacun des individus de ce peuple) dont il est, à priori, d'accord de faire volontairement .

C'est un peu l'utopique contrat social de Rousseau.

En pratique dans la démocratie, c'est la majorité qui prend le pouvoir. Et si la majorité oppresse la minorité ? Les membres de cette minorité sont soumis à une coercition par d'autres individus, donc ils ne sont plus libres.

C'est ce qu'on appelle la tyrannie de la démocratie. Cet aspect de la démocratie fut vivement critiqué pendant la démocratie athénienne.

La démocratie peut être une tyrannie ! Comme un roi, un empereur, une caste de nobles, un Fuhrer, un Duce, un petit père des peuples etc...

La démocratie ne protège pas la liberté. Ce n'est pas parce que j'ai la légitimité du pouvoir que je peux réduire en esclavage des individus. Et même si dans mon programme électoral je projette de réduire en esclavage les Noirs et les Arabes ou les Boulangers, arrivé au pouvoir démocratiquement (comme on dit) , c'est à dire par l'assentiment d'une majorité, je n'ai pas le droit d'appliquer ce programme.

En gros un système qui assure véritablement la liberté est un système qui aurait assuré la protection des Juifs sous le gouvernement Nazi. Hitler n'aurait rien pu faire.

Benjamin Constant expliquait que pour assurer les libertés individuelles, il faut limiter le pouvoir du gouvernement, ou de l'Etat sur les individus. Même quand je prends les rênes du pouvoir il y a des choses que je ne peux pas faire.

Limiter les pouvoirs du gouvernement ce n'est pas uniquement s'assurer de la séparation des pouvoirs (le législatif, le judiciaire et l'exécutif). On ne fait que limiter les pouvoirs dans le gouvernement. Il faut aussi limiter les pouvoirs du gouvernement ou de l'Etat sur les individus. Limiter le champ d'action des gouvernements ou de l'Etat dans une série de domaines (comme dans la production des biens matériels).

C'est pour cela que l'on adjoint l'adjectif libéral au terme démocratie. Démocratie libérale.

Mais on pourrait imaginer une monarchie libérale, c'est à dire un roi ne pouvant pas réduire en esclavagisme chaque membre de son peuple.

Car le libéralisme s'attache à protéger toutes les minorités face à la domination de la majorité, et la plus petite des minorités, celle qui est irréductible, est l'individu.








Hello

Pourquoi ce blog ? Pourquoi le blog d’un Bobo ?? De surcroît libéral ?? Sont-ce pas deux concepts totalement incompatibles, inconciliables ? Le mélange impossible !


Le Bobo d’un côté.


Le fameux BO-BO, BOurgeois BOhême.


En début de carrière BOhême-BOhéme, puis passant par les stades du BOhême –BOurgeois et du BOurgeois BOhême fini sa course évolutive en BOurgeois-BOurgeois. Personnage ambiguë, ambivalent, indéfinissable, inclassable, pire, qui refuse la catégorisation, qui ne veut point être nommé, furtif, presque invisible, un ninja des idées, underground devant la montée du mainstream, et mainstream face à la reconnaissance de l’underground.


Une anti-idéologie ? En tous cas j’évolue dans cet univers !


Et de l’autre côté le Libéral !


Le méchant Libéral, le classique, l’ultra, le néo, l’intégriste !! Son nom traîne dans les médias, comme une entité maléfique qu’on n’ose à peine prononcer, un « who knows who » à la Harry Potter.


Il est tapi dans l’ombre, prêt surgir depuis sa cachette (souvent situé aux USA et dans la perfide albion) pour corrompre les innocentes âmes de la France, avec des notions telle que liberté, enfin on parle de la méchâânte liberté économique (arghhhh vade retro satanas !), responsabilité (pitié non pas la responsabilité, mon âme déterminée ne peut le supporter !), loi du marché (cri d’agonie ultime difficilement descriptible).


Face au libéral on brandit la grande et fameuse

exception culturelle française !!!

The exception culturel !! (Pas mal le The dans ce cas là).

Celle qui nous affranchit de tout !! Pourquoi ? Parce-que ? Parce-que on est français !!

Et voilà l’exception française résumée ! Elle plie les lois de la réalité, elle transforme le monde selon nos désirs, en fait elle décrit une autre réalité, bien différente, avec des lois plus sympa, plus douces et aimables, qui nous évitent les efforts et les peines du monde-du-dehors-de-la-méchante-réalité-gouvernée-par-l-horrible-loi-du-marché.


En fait ce blog c’est par conviction que je le fais. Un grand mot la conviction, un brin prétentieux. Mais de quelle conviction ? Celle de la philosophie naturelle des droits individuels, de la souveraineté inaliénable de l’individu, celle des droits de l’homme, de la liberté et du respect du droit de propriété. Les convictions d’un libéral.

Je sais, je sais, aujourd’hui je crains que ces notions, ces idées soient bien méconnues.


Le droit naturel ??? Peu de personnes connaissent ce concept ?


Le droit de propriété ? Quand on évoque ce droit on passe pour un matérialiste, pragmatique, aliéné par les biens matériels et animé d’un égoïsme immoral !


Les droits de l’homme, on y met tout un tas de droits, biens contradictoires entre eux.


Quand à la liberté ?!? Pfff, elle, alors elle, elle n’existe pas! Une illusion, sans importance ! La liberté c’est has been ! C’est relatif, c’est le passé.


Le libre échange ; une ignominie capitaliste.


Mais ces grandes idées, ces idées où l’homme, l’individu doué de raison est au centre, sont héritées du siècle des lumières. Ce grand siècle qui a caractérisé la civilisation occidentale, où un beau jour on a dit que l’absolu c’est l’homme, et non plus la société, le roi ou l’au-delà. Où l’homme n’est plus un moyen mais une fin en soi.

Malheureusement je suis surpris comment aujourd’hui on ne connaît plus la valeur de cet héritage, si précieux, il est même plus alarmant de le voir perverti, transformé et rendu dangereux.


Je me dois, et je sais que cela doit apparaître arrogant aux yeux de beaucoup, de restituer cet héritage. C’est par conviction que je fais cela. A la hauteur de mes moyens, avec internet. Ce que j’ai compris je veux le faire partager, à ceux qui veulent bien l’entendre, car je ne suis pas de nature prosélyte.


Ainsi au travers de billets d’humeur et de commentaires, je donnerai le point de vue d’un libéral sur l’actualité, et je m’efforcerai de restituer à la doctrine libérale et celle des droits de l’homme la place qu’elles méritent.


Ok, mais pourquoi BoBo ? J’ai évolué dans ce milieu, et encore aujourd’hui j’y suis, et puis j’aime bien (et ça regarde que moi :P).